Quedubon (19e arr.) – Oh les prétentieux !

Quedubon (19e arr.) – Oh les prétentieux !

Sur le coup, je me suis dit que mon ami avait avalé quelques mots (c’est ça les gloutons) en m’expliquant qu’il fallait vite filer à Quedubon. Si c’est bon, filons-y fissa et jugeons sur pièce. Mais le nom, le nom, le nom ? Quedubon dans le 19e me répondit-il avec aplomb. Nous étions à deux doigts d’une séquence mythique du Dîner de cons (Juste Leblanc) avant que je ne comprenne que tel était le nom – prétentieux ? – dudit restaurant.

Avec une autre amie, rencontrée, je dois bien l’avouer, sur un site dédié à d’autres plaisirs (il y a fort longtemps) et amatrice de bonne chère, nous avons décidé de mettre le cap quelques jours plus tard sur la peu avenante rue du plateau pour y découvrir un bistrot tout ce qu’il y a de plus dans « l’air du temps » : murs couleur terre, banquettes, tables en bois brut et les deux incontournables du genre : la cuisine ouverte sur la salle et les ardoises. L’une, ramassée, pour le solide, l’autre, bien plus conséquente (et bien faite), pour le liquide. Nos choix, hésitants (parfois un bon signe, souvent un mauvais signe), se sont finalement arrêtés sur la terrine de porc (basique) pour elle, la salade de joue de cochon (réjouissante) pour moi, puis nous avons enchaîné sur une joue de bœuf (correcte sans plus) et une côte de veau esseulée dans l’assiette, où pomme de terre grenaille et épinard se conjuguaient au singulier. Pour finir le vin qui commençait alors seulement à s’ouvrir (un Côtes de Roussillon Villages, cuvée « Avec le temps » de Laffite, facturé à 32 euros, 6,50 HT chez le producteur), je commandais une assiette de fromages qui se révéla sans surprise, à l’inverse des propos de mon amie qui me régalait de ces histoires de rencontres toutes plus « mythiques » les unes que les autres.

Dommage est le mot qui me vient immédiatement à l’esprit. Dommage car on sent la volonté de bien faire du côté des cuisines. Mais s’appliquer n’est pas suffisant, d’autant plus qu’en salle, c’est le service minimum. Après dix minutes de recueillement, seul et debout, devant l’ardoise des vins pour choisir le bon flacon, la serveuse (adorable et souriante, le seul point vraiment positif) a eu beaucoup de mal à faire venir le « spécialiste maison », alors en pleine discussion avec un ami, pour… ne rien me conseiller du tout ! Dommage également car les bonnes tables de ce côté-ci des Buttes Chaumont ne sont pas légion. Laissons encore du temps à cette table pour prendre ses marques (ouverte quand même depuis plus de deux ans). La salle, bien vide ce soir, se remplira alors peut-être pour donner un supplément d’âme à cette adresse qui ne demande que ça.

Quedubon – 22 rue du Plateau – 19e arr. – 01.42.38.18.65 – M° Buttes Chaumont – Menu à 17 euros au déjeuner ; entre 35 et 40 euros à la carte le soir – Fermé le dimanche - Caviste - Cuisine bistrot