La Gazzetta (12e arr.) – Ah Mazette, la belle adresse

La Gazzetta (12e arr.) – Ah Mazette, la belle adresse

La grisaille, la pluie, le froid, rien de rien ne pouvait gâcher le plaisir de découvrir la cuisine de Petter Nilsson. Qu’on se le dise, en 2010, la Gazzetta s’impose comme l’une des meilleures tables dans son genre que l’on peut qualifier de bistrotier, inventif, tendance fusion. Les mauvaises langues diront que c’est un peu tard comme découverte. Car le chef, d’origine suédoise, a posé ses valises rue de Cotte (12e arrdt.) depuis maintenant bientôt quatre longues années. L’homme possède déjà un beau cv : chef du Fumoir (1er arrdt.), chef de partie chez Michel Portos à Bouliac (Gironde – une sacrée adresse), chef des Trois Salons à Uzès (Gard). Mais ma moitié du jour, femme de (belles) lettres, me confirme en habituée que c’est maintenant qu’il faut se laisser surprendre. Hier encore brouillonne, l’assiette a gagné en simplicité, en franchise et donc en plaisir.

Que l’assiette prenne la parole et témoigne ! La preuve ne tarda pas : remarquable mélange des saveurs et des textures avec une fine pizza bianca, aubergine, câpres et crudités ; modeste mais savoureuse soupe de pois chiches et gouteux encornets grillés posés sur une purée de potimarron. Ces trois entrées, servies ensemble, font partie du menu à 16 euros (le midi) qui comprend également un plat principal. Au choix : poulet fermier rôti (d’une rare tendreté), orange amère et romarin, pied-de-mouton et chou fleur rôti, lieu noir (cuit à la perfection) et couteau. Inutile de s’étendre : c’est beau et bon, délicieux même ! Pour le même prix, les mauvaises brasseries vous serviront à peine une saucisse orange et trois frites industrielles, blanches comme neige. A chacun de faire son choix. Mais une chose est sûre : quand de jeunes cuisiniers, pétris de talent, vous proposent une telle cuisine à un coût aussi modique, c’est un devoir de boycotter les gargotes armées de leurs seuls micro-ondes. Le soir, dans une ambiance plus intimiste (photophores), le chef monte en gamme et assure pour 80 couverts une cuisine de haute voltige en 5 ou 7 plats (38 et 50 euros) réalisés à la minute et en fonction du marché (pour ceux qui ne se repèrent pas, celui d’Aligre est à deux pas). Que les amoureux de Bacchus se rassurent : la carte des vins est également un régal, à prix serrés. La fameuse table avec tous les journaux (d’où l’enseigne, inutile de faire la traduction je suppose) a certes disparu mais l’assiette n’a jamais été aussi percutante. Et c’est bien là le principal.

La Gazzetta – 29 rue de Cotte – 12e arr. – 01.43.47.47.05 – www.lagazzetta.fr – M° Ledru-Rollin – Menu à 16 euros le midi ; 38 et 50 euros le soir – Fermé dimanche et lundi – Cuisine inventive qui fait plaisir