Contrairement à ce que pourrait laisser entendre mon titre accrocheur, le Bar à Manger n’a ni prétention délirante, ni goût prononcé pour l’esbroufe culinaire. Alors, certes, il y a l’acronyme sympa (le « bam »), la charte graphique minimale dans l’air du temps, le design soigné de la salle et de sa mezzanine : la vague de la néo-brasserie fooding est manifestement passée par là… Mais on ne sent pas pour autant cette obsession un peu futile du concept qui nous frappe (et nous inquiète) dans d’autres adresses de la même famille. Au bam, on est avant tout là pour (bien) manger, dans des délais tout à fait raisonnables et, fait ô combien appréciable, en compagnie de serveurs efficaces ET sympathiques.
Au rayon nouvelles technologies, la bonne idée est d’avoir mis en ligne un blog régulièrement actualisé qui propose la carte du menu de la semaine, avec les prix. Ca nous change un peu du site Internet – vitrine vieillot qui ne sert à rien comme du myspace ou – pire encore – de la page facebook du resto réalisée par le fils du patron… Disposer d’un menu avant de se rendre au restaurant permet de lever toute ambiguïté. C’est simple, efficace et ça annonce la couleur.
En entrée : une crème brûlée au foie gras surmontée d’une compote de fraise et rhubarbe. Qu’en penser ? Que c’était original, plutôt joli, craquant comme doit l’être une crème brûlée, et assez léger pour une recette au foie gras. Si je n’avais pas cette réticence un peu réflexe pour les japonaiseries déclinées à toutes les sauces, j’aurais peut-être opté pour les maki de dorade et avocat, sauce aloe véra, aperçus à la table voisine…
Le faux filet de bœuf mariné à la citronnelle et au gingembre accompagné de pommes boulangères était copieux, tendre et goûteux. On reste ainsi dans la thématique sucrée – salée qui ne me convainc pas toujours (loin s’en faut) mais se révèle ici subtilement interprétée… Un équilibre intelligent entre le plat roboratif et la légitime attente de légèreté de ceux qui doivent se remettre à leurs dossiers après le déjeuner…
Mais c’est déjà l’heure du dessert ! La mousse au chocolat noir n’était peut-être pas assez noire à mon goût, et les petites pépites de choco qui parsèment ce dessert m’ont semblé superflues (mais alors là, vraiment, je chipote). Mon compagnon de table s’est laissé tenter par un Paris Brest qui l’a ravi. Ajoutez à cela un pichet de grave 2007 à 18 euros, deux cafés et on arrive à un total de 60 euros pour deux personnes. Et ma foi, il n’y a pas à tergiverser, ça les vaut largement.
Le Bar à Manger (Bam) – 13 Rue des Lavandières Sainte-Opportune – 1er arr. – 01.42.21.01.72 – http://baramanger.canalblog.com/ – M° Châtelet – A déjeuner, menu à 16 euros (entrée/plat ou plat/dessert) et 19 euros (entrée/plat/dessert) ; le soir, menu à 32 euros – Ouvert de 9h00 à 2h00 – Fermé le dimanche
Photos – bam © philippe dufour
C’est bon à savoir cette adresse. Car dans le quartier, il n’y a pas grand-chose, à l’exception notable du Vieux Comptoir dans la même rue : super ambiance, bons produits et des vins superbes.
Avant d’aller au théâtre, c’est une petite adresse vraiment sympa. Les serveurs sont cool et mignons. Alors, filez !