Il ferme en 2012. Sa réouverture est programmée pour 2014. Mais déjà, on ne parle que de ça : que va-t-il advenir d’El Bulli, adresse mythique pour tous les gastronomes ? Que va sortir de son chapeau (de sa toque !) Ferran Adrià ? Un lapin, peut-être. Une folle idée ? Probablement. A Tabula a décidé de vous faire suivre cela au plus près et de vous offrir tous les rebondissements de ce que l’on peut bien appeler : la telenovela de Ferran Adrià.
Résumé de l’épisode précédent : le 26 janvier dernier, Ferran Adrià annonce, lors d’une conférence de presse à Madrid, la fermeture de son établissement, El Bulli. On le dit tendu, fatigué et las. Tous les journalistes et gastronomes n’ont plus rapidement qu’une question à la bouche : que va faire le « pape de la cuisine avant-gardiste espagnole », quel est l’avenir d’El Bulli ?
Avec Ferran Adrià, il n’y aujourd’hui qu’une seule et unique certitude : son futur El Bulli sera… différent. A moins qu’il ne mette définitivement la clé sous la porte me direz-vous ? Et vous n’auriez pas tort car le cuisinier espagnol y a pensé, « au nom de la liberté » qui est la sienne, pour se consacrer à l’enseignement, aux conférences et à sa fondation Alicia sur l’alimentation et les sciences. Mais que raconterait un cuisinier sans restaurant qui rencontrerait un autre cuisinier, à part son désespoir et sa nostalgie ? Ferran Adrià l’a bien compris et juge qu’il « n’y a pas de sens à cuisiner sans personne pour consommer ce que tu as cuisiné ». Il y aura donc bien (au stade du deuxième épisode) un El Bulli 2 !
Quelle sera l’identité de ce nouvel ovni culinaire ? Le Catalan, âgé de 47 ans, a « une idée à ce sujet, et même assez avancée et détaillée, mais pas encore figée ». Et c’est le moins que l’on puisse dire puisqu’il n’écarte aucune hypothèse, jusqu’à refaire « pendant un mois de la cuisine traditionnelle, ou bien expérimenter la formule bar à cocktails et à snacks ou encore les petits-déjeuners, un repas traditionnellement oublié par les restaurateurs et qui me passionne ». Et Ferran Adrià d’ajouter que « El Bulli ne sera pas un restaurant, ce sera un nouveau concept (…) où tout devra s’articuler autour de la créativité ».
Pour réussir son pari, notamment économique, le pape de la cuisine avant-gardiste travaille d’arrache-pied dans son « atelier » barcelonais. Mais pas seulement : il recherche un partenaire financier de taille (son restaurant et son atelier lui coûtent 500 000 euros par an). « Etant donné qu’El Bulli est centré surtout sur la créativité, il pourrait s’agir d’une entreprise de nouvelle technologie, ou d’énergie renouvelable » explique le Catalan.
Parmi les révolutions en cours, sachez qu’une réflexion a été lancée sur le système de réservation pour éviter les centaines de refus quotidien. Aujourd’hui, ce ne sont pas moins de 8 salariés qui ne se consacrent qu’à cette tâche ingrate. Combien de restaurateurs rêveraient d’employer ne serait-ce qu’une personne pour refuser des clients ? Sacré Ferran Adrià.
Photo © Francesc Guillamet





















Il va faire quoi pour améliorer les résas ? Passer par internet et faire une réponse automatique avec un robot traducteur ? 8 emplois de gagnés d’un coup, pas bête.