Les Fougères (17e arr.) – Déjà fanées !

Les Fougères (17e arr.) – Déjà fanées !

Comme c’est écrit dans le guide Paris du Gault & Millau 2010, dans le 17e arrondissement, « tout y est, de la grande table un peu barbante aux petites flèches de quartier ». Après l’expérience d’aujourd’hui, j’aurai envie d’ajouter : il y a également la petite table qui se veut grande et sacrément barbante. Tel est le cas de ces Fougères qui se veulent plus grandes que ce qu’elles sont, décoratives mais guère plus dans ce chic quartier des Ternes.

Prétentieuse

Ce restaurant de la rue Villebois-Mareuil a pourtant bonne presse et les critiques s’accordent à reconnaître un vrai talent au chef Stéphane Duchiron, passé par quelques belles brigades (Lameloise, Guy Savoy et d’autres). Malheureusement passer « quelque part », ce n’est parfois pas suffisant… A l’instar de la salle refait en mai 2009, tendance moderne-chic très 17e, la cuisine se révèle prétentieuse. Inutile alors de partir s’aventurer sur les plats de la carte, horriblement chers (de 30 à 40 euros), contentons-nous du menu à 22 euros entrée/plat ou plat/dessert. Si vous voulez faire entrée/plat et dessert, le menu passe subitement à 36 euros, soit la sucrerie à 14 euros, alors qu’à la carte elle est facturée 11 euros. La réponse du chef de salle à cette épineuse question fut un tantinet alambiquée, donc non pertinente…

Au menu du jour, de beaux intitulés prometteurs. Allez, on vous met tout ça en entier : croustillant de cochon aux épices douces, céleris croquants et pousses de moutarde frisée ou œuf de poule bio mollet juste tiède, velouté d’asperges et chorizo bellotta. Et dans la bouche ? Le croustillant fut décevant en goût comme en texture ; l’œuf se révéla d’une plate banalité, le chorizo n’apportant malheureusement pas la note relevée attendue. Qu’à cela ne tienne, la suite : daurade grise « à la plancha », pommes de terre écrasées, olives noires et infusion d’estragon ou poitrine de veau confite, radis façon grecque et marinés à cru, curry doux et jus perlé. Et dans la bouche (bis) ? La daurade (qui n’avait rien de royale, il faudrait donc écrire « dorade », mais passons…) fut sans âme et aurait très bien pu être servie dans n’importe quelle brasserie parisienne ; la poitrine a dû connaître une canicule grecque : sèche ! Enfin, la note sucrée – les chocolats noirs grands crus et le cacao en trois façons – fut plus rassurante.  Côté vin : un verre de Coteaux du Loir de chez Chaussard (6 euros) bon comme du Chaussard et un verre de Bourgogne produit  par Tortochot, cuvée Fine sélection (6 euros), correct.

Au final, ces Fougères furent bigrement décevantes. Mauvais jour, mauvais choix (en même temps, le menu à 22 euros ne propose que 2 entrées et 2 plats…), mauvais produits ? En pleine nature, la fougère est une plante vivace, dotée d’un élégant feuillage, qui vit plusieurs années. Ces Fougères-là existent depuis maintenant près de 3 ans (ouverture le 19 juin 2007 précisément). Elles semblent malheureusement déjà un peu fanées. Peut-être une cuisine à rempoter pour qu’elle reparte…

Les Fougères – 10 rue Villebois-Mareuil – 17e arr. – 01.40.68.78.66 – Fermé le week-end – Métro Ternes – Menu le midi à 22 euros entrée/plat ou plat/dessert ; 36 euros pour entrée/plat/dessert ; à la carte, comptez 60 euros – Cuisine inventive prétentieuse