Avec un nom comme ça, on ne s’attend pas à rentrer dans un établissement costien, refait de frais par le dernier designer en vogue, avec allumage tamisé, assiettes carrées, etc, etc. Non, chez Marie Louise, l’assiette est ronde avec des fleurs dedans, la table est en bois et la banquette en est rouge de plaisir. Rouge également le feu tricolore (piqué au coin de la rue ?) accroché au mur, à côté d’affiches bien plus modernes que tout le reste. Un décor tout en contraste qui donne envie. Et quand on sait que Pierre (en salle) et Christophe (aux fourneaux) travaillaient avant à la Fontaine Gaillon (le resto de notre Depardieu national), notre curiosité n’en est que plus grande encore.
Sur les fleurs (de l’assiette) est proposée une solide cuisine néo-bistrotière rudement bien réalisée. Au menu du jour : terrine de foie de volaille, tête de veau croustillante et fine purée (le serveur explique avec attention la préparation du chef pour oser se prendre la « tête »), riz au lait à la vanille Bourbon ou croustillant à l’ananas. A en croire les « huummmm » et « ôôôôôô » des tables voisines, il n’y avait pas de tromperie sur la marchandise. De mon coté, j’ai opté pour un classique de la maison avec le millefeuille aux aubergines et à la tomate. Servi tiède, il révèle à chaque bouchée les saveurs des deux produits et l’ensemble fond dans la bouche dans un remarquable équilibre gustatif. On en redemande ! Quant au rognon, accompagné d’orecchiette, il fut du même acabit : cuisson parfaite, sapide et généreux. Que du bonheur. Côté cave, une belle sélection de petits producteurs (pas mal de bio) sans prétention mais largement suffisante. A noter : une petite ardoise pour découvrir des apéritifs injustement délaissés (Coquillon, Maury, Gaillac de Mayragues, Muscat Grand Guilhem).
Ouverte depuis seulement 11 mois, cette table de quartier semble avoir trouvé sa vitesse de croisière et, déjà, ses habitués. A deux pas du Canal Saint-Martin, voilà une vraie découverte où tout sonne juste, même le son des couverts des voisins tout (trop ?) proches. Cette Marie-Louise, en voilà une qui sait faire plaisir !
CARTE D’IDENTITE
Chez Marie Louise – 11 rue Marie et Louise – 10e arr. – 01.53.19.02.04 – www.chezmarielouise.com/ – M° Goncourt, République, Jacques Bonsergent – Fermé dimanche et lundi
Catégorie – Cuisine bistrotière inventive
Les plus sur le resto
L’accueil - Par Pierre, l’associé, souriant mais qui a tendance à en faire vraiment trop. Et cela peut vite devenir exaspérant
Le service – Par Pierre, seul en salle
Nombre de couverts – une trentaine
Le repas du jour - millefeuille d’aubergine et tomate (8 euros) ; rognon de veau (13,50), verre de Regnié (3 euros) ; verre de Peybonhomme (5 euros) ; un café (2 euros)
Le vin – Une petite sélection correcte, quelques producteurs bio ; choix de vin au verre un peu limité
Le pain – Deux trois morceaux dans une petite corbeille ; bon.
Le café – RAS
Les prix – le midi : entrée/plat ou plat/dessert à 14 euros ; entrée/plat/dessert à 18 euros ; à la carte, comptez 30 euros
Les plus sur le quartier
Pour l’apéritif – Le Carillon (18 rue Alibert) ; Chez Prune (36 rue Beaurepaire)
Solutions alternatives – Le Cambodge (à 10 mètres) ; Le Chateaubriand (129 avenue Parmentier. Précisions : ces deux tables sont souvent complètes, pour ne pas dire toujours.
Localisation
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