Le bon vieux menu en papier a-t-il fait son temps ? A l’époque du web 2.0, du tout technologique, de l’interactif, celui-ci pourrait bien être frappé de tous les symptômes de l’archaïsme. Mais rares sont pourtant les restaurants à se pencher réellement sur cette question de la forme du menu. Pour beaucoup, seul le fond – les plats proposés – et les prix comptent. Certes un beau papier, une police élégante et une mise en page épurée donnent plus envie qu’une vilaine carte plastifiée, écornée, voire sale (vu et revu malheureusement). Quant à l’ardoise, de plus en plus présente, voire omniprésente et fortement tendance, elle ne peut trouver sa place que dans un secteur bien particulier : celui du bistrot et de son actualisation « néo ».
Reste donc à tomber dans l’aventure technologique pour se démarquer et vivre avec son temps ! C’est le choix fait par le Global Mundo Tapas, restaurant du nord de Sydney (Australie) qui propose, à chaque client, un ipad (d’Apple) en guise de carte. Grâce à une application dédiée, ce dernier permet de sélectionner ses plats en ayant préalablement vu les photos correspondantes, de choisir sa sauce, sa cuisson et ses accompagnements. Mieux, l’application ira jusqu’à vous proposer quelques bouteilles de vin qui s’accorderont à merveille avec vos choix. Enfin, grâce à la synchronisation avec les stocks, tout plat manquant disparaîtra immédiatement du menu.
Est-ce l’avenir ? Certes, l’investissement en ipad (ou équivalent) a un coût mais il permet, d’une part, de se faire un sacré coup de publicité (pour l’instant en tout cas) et, d’autre part, de limiter le nombre de serveurs, donc la masse salariale. La clientèle est-elle prête à un tel saut technologique ? Difficile de croire que les nouvelles générations ne seront pas séduites par cette évolution qui n’en est probablement qu’à ses balbutiements. Pourquoi, demain, ne pas imaginer que ce même ipad permette de voir les cuisines en direct, de lire une biographie du chef et un historique du restaurant, de survoler le guide touristique de la région en attendant son premier plat, de se faire une bataille navale avec son voisin, etc. Mieux encore : pourquoi demain ne pas mettre de la publicité interactive sur notre menu électronique en fonction des plats choisis par le client ? Qui prend une salade légère sera probablement intéressé par un séjour en thalasso ou le dernier régime à la mode… Le progrès – et l’inventivité – n’ont en ce domaine aucune limite. C’est… sans faim !