par Franck Pinay-Rabaroust /

À ceux qui se posaient la question de savoir comment allaient se positionner les chefs par rapport à l’affaire Robuchon, Alain Ducasse vient de répondre dans un mail envoyé mardi 10 février à tous les chefs référents du Collège Culinaire de France et que le site Atabula a pu se procurer. Le ton et les mots sont sans ambiguïté : tous derrière Robuchon, et haro sur les médias qui sont « complices », « aveugles » et « avides de sensations fortes ».

La première phrase du mail envoyé à tous les chefs référents du Collège Culinaire résume à elle seule l’approche très partiale d’Alain Ducasse : « Notre confrère et ami, Joël Robuchon, vient de subir une attaque médiatique particulièrement malveillante qui nous laisse accablé par la façon dont certains journalistes conçoivent leur métier. » D’après un chef du Collège culinaire qui a souhaité garder l’anonymat, « sont visés tout particulièrement le journaliste Kocila Makdeche du site FranceTV Info qui a réalisé cette enquête contre Robuchon et le site Atabula. » Dans ce courrier, Alain Ducasse n’entre jamais dans le détail et nie ce que toute la profession reconnaît à mots couverts sur les violences tant physiques que morales dans certaines cuisines, notamment celles de Robuchon. Mieux, sûr de son fait, Alain Ducasse enchaine sur les valeurs du Collège Culinaire : « Des valeurs d’exigence, de travail et de transmission qui permettent à ceux qui s’y engagent de porter haut et fort l’héritage et l’avenir de notre patrimoine culinaire artisanal. »

CCF_au_SuccessFood_10mars14Fort habilement, Alain Ducasse juge les attaques « inadmissibles » et interpelle chacun à se méfier de cette presse qui pratique la « diffamation » et qui se rend « complice » d’une « atteinte à la gastronomie française toute entière. » Encore un peu, et le citoyen monégasque se serait presque fendu d’une accusation de crime de haute trahison. Forcé de reconnaître que « le filtre médiatique et numérique est devenu un passage obligé », il juge également que ses mécanismes sont « redoutables ». « La recherche systématique d’audience tend à privilégier les effets provocateurs et spectaculaires qui émotionnent plus qu’ils n’informent. » Et de terminer ce mail par un appel à la vigilance pour que les chefs ne soient pas pris « en otage par une machine médiatique souvent aveugle qui donne une représentation caricaturale de la réalité. » Autrement dit, Alain Ducasse crie à la manipulation médiatique et assène par ce message sa divine vérité : rien ne s’est passé dans les cuisines de Joël Robuchon. Il faut donc croire que tous les témoignages accablants recueillis par Kocila Makdeche et par la rédaction d’Atabula, et toutes les sordides histoires qui se racontent de moins en moins sous le manteau dans le milieu, ne sont que des tissus de mensonges, inventés par des personnes avides d’ « effets provocateurs et spectaculaires ».

Il n’y a donc, dans les mots d’Alain Ducasse, aucune place au doute alors même qu’une plainte pour harcèlement moral a été déposée. Plus fort encore que la présomption d’innocence, certains chefs se pensent donc au-dessus des lois et du respect du droit du travail le plus élémentaire. Tout porte à croire qu’Alain Ducasse sera parfaitement suivi dans cette logique corporatiste : les chefs vont donc se serrer les coudes aussi longtemps que possible, et faire les taiseux sur le sujet. Le phénomène n’est pas nouveau. Depuis les premiers articles sur les violences en cuisine, publiés ici-même sur le site Atabula, aucun chef ou presque n’a osé s’exprimer. Sujet tabou face micro, mais redondant en « off ». Car chaque professionnel a sa petite histoire ou son anecdote douloureuse à raconter et ses cicatrices, psychologiques ou physiques, à montrer.

Surprise par l’ampleur médiatique de l’article publié sur le site de FranceTV Info, la Grande Maison de Robuchon a été totalement dépassée par cette affaire. Ce dernier n’avait pas d’autre choix que de porter plainte à son tour. La réponse d’Alain Ducasse, au nom du Collège culinaire, ne faisait pas l’ombre d’un doute au regard du corporatisme débordant et, surtout, des intérêts communs de ces grands chefs qui détestent que l’on mette le nez dans leurs affaires. Manque de chance pour eux, si certains médias professionnels ou grand public se contentent d’« émotionner » avec de jolies recettes sur papier glacé, il y a aussi des journalistes qui ont fait le choix d’informer sur l’univers de la gastronomie. Informer, c’est raconter ce qui va, et ce qui ne va pas. Pour Alain Ducasse et consorts, c’est un changement de modèle douloureux. Il va pourtant falloir s’y habituer.

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Franck Pinay-Rabaroust

Mail envoyé par Alain Ducasse, en tant que co-président du Collège culinaire

A l’attention des chefs référents – Message d’Alain DUCASSE, co-président du Collège Culinaire de France au nom des chefs fondateurs et cofondateurs du Collège Culinaire de France

Chers amis,

Notre confrère et ami, Joël Robuchon vient de subir une attaque médiatique particulièrement malveillante qui nous laisse accablé par la façon dont certains journalistes conçoivent leur métier.

Le talent et l’excellence du travail de Joël sont reconnus dans le monde entier.

Joël Robuchon a déjà formé plusieurs génération de chefs et nombreux sont ceux à qui il a ainsi donné la possibilité, en France comme à l’étranger, de développer une brillante carrière.

Nous avons créé ensemble le Collège Culinaire de France pour rassembler et fédérer autour de nous toutes celles et ceux qui partagent les mêmes valeurs et les mêmes pratiques de notre métier. Ce sont ces valeurs d’exigence, de travail et de transmission qui permettent à ceux qui s’y engagent de porter haut et fort l’héritage et l’avenir de notre patrimoine culinaire artisanal.

Aussi ces attaques sont-elles inadmissibles. Elles doivent nous interpeller fortement car elles concernent chacun d’entre nous. D’abord parce que personne n’est à l’abri de ce genre de diffamation, aujourd’hui à la portée de l’humeur de n’importe quel mécontent, avec la complicité d’une certaine presse peu professionnelle et avide de sensations fortes, mais aussi parce qu’elle porte atteinte à la gastronomie française toute entière.

La restauration de qualité est un métier qui peut s’assimiler à un sport de haut niveau. Cela exige des qualités humaines d’engagement, de passion, de travail et de rigueur qui ne permettent pas de tricher. Le moindre détail a son importance. C’est la base du respect que nous devons à nos clients. Notre métier est un formidable ascenseur social. La transmission en est une de ses valeurs cardinales. Nous la pratiquons tous les jours pour élever ceux qui s’y engagent.

Ce pitoyable épisode médiatique est délétère pour tous ceux qui se battent chaque jour, partout en France dans leur cuisine de qualité, petits ou grands, en formant leurs équipes avec sincérité et persévérance.

Le filtre médiatique et numérique est devenu un passage obligé. Ses mécanismes sont redoutables. La recherche systématique d’audience tend à privilégier les effets provocateurs et spectaculaires qui « émotionnent » plus qu’ils n’informent.

Nous pensons que nous devons être vigilants en permanence sur le risque d’être pris en otage par une machine médiatique souvent aveugle qui donne une représentation caricaturale de la réalité.

Soutenons collectivement les valeurs et les pratiques qui nous rassemblent et pour lesquelles nous nous battons tous les jours !

Avec ma confraternelle amitié

Alain DUCASSE

Co-Président du Collège Culinaire de France

Au nom des Chefs Fondateurs et cofondateurs du Collège Culinaire de France :

Yannick Alléno, Frédéric Anton, Christophe Bacquié, Paul Bocuse, Eric Briffard, Arnaud Donckele, Alain Ducasse, Alain Dutournier, Eric Frechon, Gilles Goujon, Michel Guérard, Marc Haeberlin, Jean-Georges Klein, Régis Marcon, Thierry Marx, Gérald Passédat, Laurent Petit, Anne-Sophie Pic, Eric Pras, Emmanuel Renaut, Joël Robuchon, Michel Roth, Guy Savoy, Pierre Troisgros, Mathieu Viannay

 

29 Réponses

  1. fabrice

    Je suis étonné que ce genre de mail soit co signé par des professionnels tel que Mr Marcon,Mr Roth qui sont je pense très éloigné de ces pratiques.

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  2. Dupont

    ah la bonne vieille théorie « du complot médiatique », adossée à un inévitable corporatisme de circonstance, en voila une façon originale de se dédouaner d’un probleme bien réel. Ce sont donc encore ces vilains journaleux qui veulent ternir l’image immaculée des chefs forcement au dessus de tous soupçons.
    Il faut donc sauver le soldat Robuchon, c’est le parrain de la cuisine qui s’y colle et tout le monde en rang derriere s’il vous plait. Faudrait quand meme pas avoir un avis different de Mr Ducasse hein !!
    Quand notre ami Monegasque descendra de son rocher doré d’etoiles qui ne brillent plus que par intermittence dans les yeux embués de « naturalité » de sa clientele déconnectée des basses realités sociales , il pourra toujours tenter une reconversion dans le « one man show », il est quand meme tres drole dans son discours si ce n’etait à ce point pathétique.

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  3. Cookmyworld

    Quel bel exemple de corporatisme ! nier de telles pratiques est aberrant alors qu’il est de notoriété publique que la loi des cuisines est quasi militaire ! Pathétique ! mieux vaut une bonne théorie du complot qu’une remise en cause d’une certaine forme de management !

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  4. Épitaphe

    La comparaison avec le sport de haut niveau pourrait tenir si d’une part ces comportements n’était pas généralisés, y compris dans des maisons plus modestes ; et d’autre part les sportifs de haut niveau s’infligent effectivement une discipline de fer pour parvenir à l’excellence. Or, ici les chefs infligent à autrui une discipline de fer pour leur propre réussite.

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  5. Pipet ludovic

    Le travail : oui
    l engagement: oui
    La rigueur: oui
    Les abus : non
    l équilibre et l armonie n existe pas que dans la cuisine messieurs les grands chefs.
    La France a besoin de gens comme vous
    Alors , révisons notre façon de transmettre.
    Bien à vous .

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  6. Épitaphe

    J’aimerai bien également plus globalement de l’application du droit du travail dans ce secteur.

    Il faut savoir que les semaines des employés dans la restauration font souvent plus de 70h sans jamais qu’une heure supplémentaire ne soit payée, ni une heure de nuit alors que celles ci sont fréquentes.

    Les restaurants engagent souvent des apprentis mineurs qu’ils font travailler plus de 12 heures par jour et de nuit contrairement à de nombreuses conventions internationnales que la France a signé et s’est engagée à faire respecter.

    Plutôt que de se serrer les coudes pour maintenir la loi du silence, la profession devrait s’organiser pour former les restaurateurs à une gestion plus pragmatique.

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  7. fabrice

    Tout à fait d’accord avec Épitaphe
    Respectons aussi le code du travail !
    très peu de maisons le respecte!

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  8. camille

    C’est rageant, cette réaction à la sauce « circulez, y a rien à voir ». Et le talent et l’excellence de « Joël » n’ont absolument rien à voir avec le sujet dont on parle aujourd’hui !

    J’ai du respect et de l’admiration pour Alain Ducasse et ce qu’il a accompli, mais il ne sort pas grandi de cette prise de position aux accents totalitaires.

    C’est justement « pour tous ceux qui se battent chaque jour (…) en formant leurs équipes avec sincérité et persévérance » qu’il importe de faire toute la lumière sur les abus qui sont rapportés !

    Quant aux discrédit jeté sur la « machine médiatique », M. Ducasse ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre : j’imagine qu’il est par ailleurs bien content quand elle s’emballe pour parler de la réouverture d’un certain restaurant qu’il dirige…

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  9. Nofé

    Monsieur Ducasse qui ose venir se pavaner en apportant tout son soutien à la maison Robuchon, mais il ferait mieux de faire le ménage au seins de ces entreprises pour voir si lui il respecte toutes les règles d’éthique de notre profession.

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  10. lumac

    pas surprenant de voir Mr ducasse encourager ce genre de pratique et dire que la presse envenime cette affaire grave et qui dur depuis des décennies .ayant moi même connu des chef sortant de chez Mr ducasse je peu vous dire qu il s y passe les même brimade certain ont la mémoire courte il suffit de se repasser certaine émission de télé ou Mr ducasse et présent et la vous aurez tout compris ce que c’est que du personnel qui travail la peur au ventre .je crois que Nofé dans sont message est très claire ainsi que celui de Camille et si la presse le boycottais pendant 10 ans cela lui ferais les pieds a ce donneur de leçon .Mr Rabaroust il serais bien de re visualiser toutes le émission culinaire ainsi qu un film comme ( garçon et l auberge ?j ai plus le nom et la ont a beaucoup de réponses toute faite .un vrai métier oui . l esclavage non .

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  11. Barth

    Et bien…cela nous montre bien à quel point les « grands chefs » sont si petit en gestion du personnel!
    Un management humain du moyen-âge bien loin de notre société en 2015.

    Entièrement d’accord avec « Fabrice », signer une telle lettre au nom d’autres chefs bien loin de ces pratiques….me paraît plutôt osé!

    N’importe quel chef passé par une « grande maison » pendant sa formation aura son lot de violence verbales et physiques à raconter. C’est hélas, bien malheureusement, une réalité du métier. Je suis passé par là, j’ai eu mon lot de mépris…mais rien de « physique » cependant.

    Cependant ces pratiques, je pense, disparaissent progressivement en partie grâce à la médiatisation du métier: Si forcément on en parle…il faut faire du ménage pour que ça soit présentable! il reste du chemin à faire.

    Est ce que les jeunes d’aujourd’hui sont ils moins apte à encaisser les coups? certainement. Est-ce une raison pour ne pas faire évoluer ce système d’une autre époque? CERTAINEMENT PAS.

    Le travail réalisé par ces journalistes, Atabula, et autres sur ce sujet qui fait trembler les « petits du management humain » est tout simplement utile pour ce métier.
    Continuez votre travail et la profession n’en deviendra que plus belle qu’elle ne l’est aujourd’hui!

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  12. anthony

    A tous,

    Une chose que vous ne mentionnez pas dans tout ça…Il y a 10 ans auriez vous fait un article sur ça? Non, je ne pense pas. Actuellement oui car notre métier (oui je suis pâtissier) n’a jamais été aussi bien valorisé et médiatisé que maintenant.C’est devenus un métier à la mode et plus du tout une  » voie de garage  »

    Ce sont des choses qui existent depuis longtemps.
    Donc vous aussi vous profitez de l’engouement de notre beau métier pour faire parlez de vous! Seconde chose dans ce métier on arrive pas à un haut niveau en faisant 35H par semaines, regardez comment va la france à cause de ça….(NB:Au japon le journées de travail ne sont pas à 7heures par jour).

    Ce métier est dur psychologiquement, dur physiquement, pas toujours juste par rapport aux efforts que vous fournissez mais nous le faisons avec passion….

    Les 70H par semaines je les aient faites et bien plus même parfois! Mais je peux vous dire qu’elles ont été le plus formatrices! Maintenant de la à avoir des violences je suis effectivement contre et c’est une choses mais ne mettez pas tout dans le même panier et cherchez à comprendre le fondement même du début de cette histoire.
    (Cela prend peux prendre une proportion démesuré peux être parce que joêl robuchon est l’un des cuisinier les plus médiatiques nan??)

    Beaucoup de gens qui commence où font une reconversion maintenant on une image érronné du métier ( merci à qui?aux médias bien – sûr) et donc sont plus enclins à ce plaindre car ils ne veulent pas aussi se remettre en question…Vous êtes vous évoqué cette possibilité aussi????

    Alors avant de me faire lynché sur place public, je m’excuse d’avance pour mes éventuelles fautes d’orthographe et pour ce gros pavé, mais j’espère que vous regarderez plus loin que le bout de votre nez et vous souhaite une agréable fin de journée.

    – Anthony –

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  13. Épitaphe

    @Barth,

    En gestion tout court, car tout le monde peut faire tourner une entreprise dès lors que la plus de la moitié des heures ne sont pas payées.

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  14. Épitaphe

    @Anthony

    Je pense que vous avez raison sur l’influence de la présence de nouveaux entrants dans la profession sur la médiatisation des conditions de travail, et je considère que c’est une bonne chose.

    Si l’affaire se résumait aux grands restaurants gastronomique, sans la cautionner je n’en ferai pas grand cas. Mais le problème c’est que le non respect des salariés et de leur droits est généralisé, y compris dans des restaurants où la cuisine est plus ou moins bonne.

    Certaines régions octroient des subventions pour l’embauche d’apprentis, couvrant la quasi totalité du salaire de l’apprenti, lesquels sont exonérés de charges sociales. Sauf que derrière la formation de l’apprenti n’est pas necessairement assurée. C’est de la main d’oeuvre gratuite qu’on affecte aux basses oeuvres et accessoirement sur laquelle on se passe les nerfs. On dit qu’à la fac, plus de la moitié des étudiants ne finissent pas la première année. Dans ma promotion la majorité a fini son apprentissage et a validé son diplôme, sauf qu’ensuite ils sont également majoritaires à s’être reconvertis. Alors à quoi ont servi ces apprentissages, et accessoirement l’argent public, si ce n’est à fournir de la chaire à canon à un secteur incapable de trouver un modèle économique acceptable pour tous. Pourquoi s’embeterait-il à chercher ce modèle puisque tous les ans on lui offre pour rien de nouveaux apprentis à sacrifier.

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  15. Ricciardi Micheline

    Bravo pour le courage des journalistes d’Atabula qui agissent en intégrité et légitimité.
    Il est évident que dénoncer les violences est acte de responsabilité. Et longtemps les cuisines ont su garder au chaud cette réalité. Mais il est temps que les agissements débordants cessent pour que les étoiles brillent réellement!

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  16. Le pingouin

    Bonjour a tous

    Merci ATABULA pour toutes ces informations concernant tous ces « Chefs » (hommes d’affaires) pour la plupart.
    Les médias ne sont pas là seulement pour faire briller vos étoiles , ils sont là aussi pour les ternir quand il le faut. Dire que la restauration peut s’assimiler a un sport de haut niveau me fait bien rire , il suffit de lire la presse sportive ou non pour s’apercevoir que les scandales ne sont pas rares , alors pourquoi pas dans la restauration ?

    C’est bien de mettre les pieds dans le plat de tous ces « Grands Chefs »
    Le Pingouin.

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  17. Franck, employé de la Grande Maison

    Le problème avec Atabula et/ou des sites comme France Tv Info réside dans leurs amateurisme confirmé et assumé.

    Sur l’affaire Robuchon , le « jeune » Frank Yoke est désigné comme un commis ayant pris les foudres d’un chef psycopathe , avide de sensations sadochistes.

    Soit. Mais pourquoi n’est il mentionné nulle part que ce Franck Yoke à plus de 28 ans et non 16 comme on pourrai le laissez penser, âge ou Ducasse était déjà CHEF .

    Une remise en question tardive ? À cet âge la faculté d’assimilation n’est pas la même , et si le cher et tendre Franck avait eu l’âge adapté à sa position, il aurait bien évidement accepté de goûter son eau TROP salé par DEUX cuillerées ( mon dieu , appelez la police!!!!) sans déformer la réalité et se victimiser.

    Ensuite, pourquoi omettez vous les autres témoignages ? Ceux des 24 cuisiniers restant sur place , à la Grande Maison ? Et qui vous ont relayé clairement que tout se passait bien , dans les règles , dans la rigueur et l’exemplarité d’une cuisine haut de gamme?

    Le pauvre Franck à mal aux pieds après une journée de travail ? Il a faim? Qu’il aille travailler en cuisine collective , 7 heures par jours , avec 3 mois de vacances par an.

    Pourquoi la « PRESSE » n’as t’elle pas pris le temps de VÉRIFIER que les dires de Mr YOke étaient infondés ?

    Le chef l’a insulté de « Chien » ? Lui dis qu’il est bon « qu’à faire de la
    Merde  » ?

    Cela aurait été à charge , de façon accablante , sauf que le brave Tomonori Danzaki ne parle maleureusement pas assez bien français pour débiter de telles phrases .

    Il est japonais et renvoi tout ce que sa culture lui as appris , à savoir le respect d’autrui , mais aussi l’immense joie de travailler , de persévérer , d’apprendre et de transmettre.

    Quand la France aura compris que le travail DOIT être une vanité et non une souffrance , le pays n’aura plus à se faire endoctriner par des médias complètement à côté de la plaque , aux antipodes du réel , qui font des articles de trois pages , avec quelques brides d’informations .

    Vous êtes une HONTE , et le mot est faible .

    Mr Yoke Franck a été une personne complètement dépassée par les événements , avec une remise en question
    impossible de sa part , il est tombé de haut , pour aller bien bas, très bas..

    Mais de la à inventer ces tissus de mensonges …

    Atabula et confrères , consœurs , faites preuve de décence , et de respect , pour un des hommes qui fait vivre la gastronomie française à l’étranger, qui emploi plus de 1500 personnes et qui chaque jour , fait son devoir de compagnon.

    Vous ne POUVEZ pas , et ne DEVEZ pas écrire de telles articles, lorsque les fondements ne sont pas VIABLES.

    Signé : une personne qui a fait un meilleur travail de journalisme que vous, puisqu’il a recueilli 100% des informations de cette affaire , non pas en interrogeant la terre entière , mais simplement ,
    Parceque elle travaillait ces jours là , le 1 et 2 Janvier ,aux cotés de Franck Yoke, à La grande maison.

    Cordialement

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    • Franck Pinay-Rabaroust

      Cher Franck, employé de la Grande Maison,
      Merci pour ce témoignage. Il semblerait donc que vous travaillez actuellement à la Grande Maison de Robuchon. Intéressant. Dans votre commentaire, vous reconnaissez donc que Franck Yoke a été forcé de boire de l’eau salée contre son gré. Merci pour cette confirmation. En revanche, vous contestez que le chef Tomonori Danzaki se soit exprimé de façon outrancière parce qu’il ne parlerait pas suffisamment bien le français. S’impose une première question : comment fait-il pour passer ses ordres et les diverses remarques nécessaires à la bonne marche d’une brigade ? S’il ne parle pas bien français, il y a forcément un représentant qui fait ce travail-là, non ?

      Autre question puisque vous prétendez travailler là-bas : quel a été le rôle d’Eric Bouchenoire au lancement du restaurant ? Et vous, quel est votre poste dans la brigade ?

      Autre question : Franck Yoke n’aurait pas accepté ces faits parce qu’il est trop âgé (28 ans !!). Donc, a contrario, quand on a 18/20 ans, on peut bien ce que l’on veut de cette jeune main d’oeuvre corvéable à merci, qui se moque bien de ne pas avoir de repas du personnel, ni même de pause ? Je ne sais qui vous êtes exactement, mais sachez que ce qui se raconte à Bordeaux se raconte également à Paris dans les Ateliers Robuchon. Ce ne sont pas deux ou trois témoignages qui ont été recueillis mais bien plus. Enfin, est-ce bien raisonnable de vouloir faire témoigner des difficultés de travail chez Robuchon ceux-là qui y travaillent ? Si vous êtes cuisinier, vous savez un petit peu comment ça se passe… Déjà que ceux qui en sont sortis osent à peine en parler, alors ceux y qui travaillent encore. Si vous le voulez, je vous enverrais quelques témoignages de parents qui ont perdu leur enfant suite à un suicide, ou des anciens de cet univers qui sont encore aujourd’hui en dépression ou sous médicaments. En mettant en avant cette réalité du monde des cuisines, nous ne faisons que notre travail. Et si le coeur vous en dit, vous verrez que sur les milliers d’articles publiés sur Atabula, il n’y en a que 4 ou 5 qui parlent des violences. Nous mettons en valeur quotidiennement le travail des chefs, leur créativité, les événements, etc.

      Franck -est-ce au moins votre vrai prénom ou vous avez eu besoin d’un petit pseudo par peur de… ? -, prenez un petit peu de recul. Regardez votre environnement. Ecoutez. La honte n’est pas sur celui qui informe mais sur celui qui ferme les yeux parce qu’il a envie de faire son trou dans cet univers, en ne respectant pas même la vérité la plus élémentaire. Vous prétendez avoir fait un meilleur travail de journaliste que Kocila ou moi-même par rapport à l’affaire Robuchon ? Permettez-moi d’en douter.

      Bien à vous,

      Franck pinay-Rabaroust

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  18. Catrunner

    Merci et bravo aux journalistes de dénoncer cela. Alain Ducasse est écœurant. La restauration est un des rare métiers à avoir besoin de main d’œuvre si cette demande et plus forte que l’offre, il faut que ces chefs du haut de leur grands châteaux se posent les bonnes questions.
    Et @Anthony: vous qui travaillez dans ce milieux vous savez très bien que le respect des règles est quelque chose de fondamental. Alors pourquoi ne pas respecter les règles au niveau des horaires… Faire 70 heures par semaines c’est très dur mais en plus ne pas être payé pour ces heures supplémentaires!!?
    J’ai travaillé dans ce milieu et malheureusement je pensent qu’on s’habitue un peu trop vite à ces mauvaises pratiques qui deviennent notre quotidien et qu’on ne remet même plus en cause quitte même à les défendre.

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  19. Franck

    Oui je me prénomme Franck et je ne travail plus à la Grande maison , je suis parti de MON Propre gré car j’ai reconnu ne pas avoir le niveau.

    Je n’ai jamais dis que les violences n’existaient pas ailleurs , harcèlement aussi, mais pas à la grande maison .

    Vous doutez de mon travail de journaliste ? C’est un témoignage , qui surpasse d’emblée l’objectivité de vos articles , car , de par nature , un témoignage relate la réalité , et non des suppositions.

    Cordialement

    Répondre
  20. Gérard

    L’hypocrisie du métier ne fait que se confirmer comme une forme de complicité de la presse. Depuis combien de temps savons nous tous que dans les cuisines de Monsieur Robuchon, comme dans d’autres, se passe des faits lamentables que tous devraient dénoncer. Les agences de gestion de crise vont prendre des honoraires et tout cela va se diluer dans le temps, sans toucher au mythe que défend avec ardeur ces associations de confrères qui défendent le pire des corporatisme et qui oublient quelques peu les valeurs humanistes qu’ils vantent pourtant haut et fort ailleurs.

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  21. P. Munstead

    Soutien à A Tabula et au journaliste. La lettre de Ducasse qui ne mentionne même pas le sujet atteint un summum de défense corporatiste et d’autoritarisme de celui qui a réussi. La gastronomie française ne dépend pas de Monsieur Ducasse, plus homme d’affaires et de tendances que cuisinier. Voir l’échec du restaurant du Plaza Athénée. Quand on regarde Etchebest à la télévision houspiller, harceler vulgairement des candidats (il dit à l’un « Tu es trop sûr de toi »,c’est l’hôpital qui se fout…), sans le moindre respect, et qu’on le compare à Michalak, attentif, pédagogue, on constate le gouffre qui sépare des chefs de la vieille école et les nouvelles générations.
    Il y a bien évidemment toujours de la tension en cuisine, mais elle ne justifie pas le manque de respect.
    Il y a en fait une mentalité de « petit chef »,d’ adjudant de la Légion, chez certains cuisiniers qui renvoie à une autre époque.

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  22. Épitaphe

    @Scaramouche,

    La médiatisation du dossier créé nécessairement une pression sur le juge qui doit rendre un verdict, ce juge est plus ou moins apte à résister à cette pression.

    Si DSK est poursuivi pour proxénétisme, c’est notamment en raison de l’acharnement de l’association le Nid qui s’est constituée partie civile.

    Le sort de DSK m’intéresse peu. Ce qui m’intéresse c’est que lorsqu’un individu se trouve face à un juge, c’est que la question de son innocence ou culpabilité aux regards du droit soit la question essentielle, et non une question accessoire à un débat de société.

    J’ai en tête des cas médiatiques dans lesquels je m’interroge sur la prise en compte par la justice de l’emoi public, et d’autres où j’ai la certitude que la justice a renoncé à appliquer le droit face à un buzz médiatique. C’est quelque chose que je trouve effrayant.

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  23. Le pingouin

    Bonjour a Tous,
    Bravo et Merci a « ATABULA » a Quand un débat télévisé ? un vrai pas une soirée comme beaucoup d’autres ou chefs connus ou moins connus sont juste là pour parler que d’eux . Pas facile ,il faut trouver la bonne chaine et surtout un bon présentateur ou présentatrice . Chefs , cuisiniers ,serveurs , représentants de toute cette restauration , un représentant des services du ministère du travail ou pourquoi pas le ministre lui même et des victimes de ces violences seraient bien venus sur le plateau. Voilà un débat qui permettrait a chacun de se faire une idée vraie de ce milieu de restauration .
    Bravo aux journalistes d’ATABULA continuez a nous faire découvrir l’envers du décor , le dessous des tables.
    Le Pingouin…

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  24. Plevay

    Je suis client régulier de l’Atelier Étoile, je trouve surprenant que le journaliste qui aurait soit disant enquêté sur les restaurants de Joël Robuchon est ommis de préciser que ce grand chef a été un des pionniers français a ouvrir ses cuisines sur la salle et la clientèle afin je pense d’exposer ses brigades dans la lumière, de mettre en valeur le travail de ses équipes…Dinant régulièrement dans cet établissement, j’ai vu œuvrer ces cuisiniers talentueux, et je peux affirmer ne jamais avoir été témoin de tels agissements de violence! Par contre je sais qu’il est facile de trouver d’anciens employés medisants prêts à débiner d’anciens patrons et ceux dans toutes les professions, surtout quand ils sont restés sur un échec professionnel, n’y aurait il pas dans ces démarches un sentiment de jalousie vis à vis de ceux qui réussissent, n’accepteraient ils pas tout simplement ne pas avoir été à la hauteur de tels établissements!

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  25. Figuier

    On va faire simple :
    On a sorti les femmes de la cuisine pour la confier aux hommes. Or, par définition et dans toutes les humanités classiques, la fonction nourricière n’est pas dévolue au masculin MAIS AU FEMININ.

    Je suis SOULAGEE que l’on parle de quelque chose que j’avais perçue au travers d’une émission de TV où ce même DUCASSE s’adressait de façon brutale et irrespectueuse à l’une de ses brigades.

    Et j’ajouterais que signe qu’il y a bien quelque chose qui ne va pas, la plupart des « grands chefs » grossissent, attrapent des maladies et ne vieillissent pas réellement en BONNE SANTE.

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  26. lumac

    je reviens vers vous tous pour vous parler d un cas familiale .(puisque certain on l air de dire que la violence n existe pas en cuisine .)donc une de mes petite nièce avait décider de faire le métier de cuisinière habitant du cote de la Meuse elle a fait une école de formation jusque la tout vas bien jusques jour ou elle rentre dans un grand restaurant très coter dans la région le chef et le père et le second le fils tout deux patron de l établissement .vu l éloignement du domicile certain employer logeais sur place.donc un jours le fils du patron c est permis d investir la chambre de ma nièce . de fouiller partout chose totalement interdite lieu personnel et prive de la il c est emparer de ce que l on appel quand on est jeune un doudou ( un élément fétiche qui représente notre enfance ) de cette personne c est permis d y mettre le feu avec sont briquet et en même temps de faire comprendre que l enfance était terminée .. quand j ai appris les fait ma famille c’est refuser a me donner le nom du restaurant car je peut vous dire que les 400 ou 500 km qui me sépare de mon domicile je les aurais pas fait pour rien . hé oui a ceux qui les protège .je dit que les ordures existe bien dans le métier et ceci sans avoir des étoiles .demain ce sera peut être vos enfants et pour les naïf ou les hypocrites j espere que ce sera leurs enfants .

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