À quand une grande table dans un aéroport ?

Joël Robuchon, Guy Martin, Régis Marcon, (Air France) Michel Roux (British Airways), Amandine Chaignot (Malaysia Airlines), Marc Haeberlin (Lufthansa), Pierre Hermé, Toru Okuda et Pierre Gagnaire (ANA), Nobu Matsuhisa...

Joël Robuchon, Guy Martin, Régis Marcon, (Air France) Michel Roux (British Airways), Amandine Chaignot (Malaysia Airlines), Marc Haeberlin (Lufthansa), Pierre Hermé, Toru Okuda et Pierre Gagnaire (ANA), Nobu Matsuhisa (Qatar Airways), Georges Blanc (Singapore Airlines)… Les compagnies aériennes s’arrachent les plus grandes toques de la planète pour en mettre plein la vue à leurs clients Affaires et Première (n’est-ce pas la moindre des choses quand on sait qu’un aller-retour Paris-New York en First sur Air France coûte la modique somme de 9 400 € ?). Fini le simili-bœuf à peine décongelé (rassurez-vous, il est toujours disponible en classe éco), vive le homard poché, confit d’aubergine et poivron ou les noix de Saint-Jacques poêlées à la poudre de Neptune et corolle de pommes de terre rattes en vinaigrette.

empty cafe tables in the airport and on the plane viewDu côté des aéroports, en revanche, le constat est nettement plus triste. A l’exception d’un important projet à venir rassemblant 24 chefs dans l’un des aéroports new yorkais et de quelques rares brasseries ou bistrots dont la carte est signée par des étoilés ou télé-cuisiniers (Mark Ladner à JFK, Gilles Epié à Roissy Charles-de-Gaulle, Heston Blumenthal et Gordon Ramsay à Heathrow, Jamie Oliver à Gatwick, Carles Gaig à Barcelone, Michel Sarran à Toulouse pendant quelques semaines…), la haute cuisine semble bouder les terminaux aériens. Une situation dommageable à plusieurs titres.

Un aéroport, même de taille moyenne, ne ferait-il pas un joli buzz en communicant sur l’ouverture d’un établissement gastronomique chapoté par un chef suffisamment bankable (étoilé, multi-toqué Gault & Millau ou correctement placé dans les classements internationaux, finaliste ou vainqueur d’une émission culinaire à forte audience) ? Les retombées seraient non seulement intéressantes en termes d’image et de notoriété mais également pertinentes sur le plan économique. Combien de foodies curieux se déplaceraient, attirés tant par la promesse culinaire que par l’excitation de s’attabler dans un lieu différent, synonyme d’exotisme et d’évasion ? Quant aux gourmets voyageurs, ne seraient-ils pas tentés de faire leur escale dans ledit aéroport plutôt que dans un espace concurrent ?

Pour Nicolas Chatenier, consultant en communication culinaire et accumulateur notoire de miles, « la restauration haut de gamme a toute sa place dans un aéroport, c’est une évidence absolue. Ce sont des lieux à fort passage et de plus en plus tournés vers le commerce de détail. Les palaces ont des restaurants étoilés, pourquoi pas les aéroports ? Ils ont la même clientèle… Toutes les grandes marques de luxe mondiales sont présentes dans les duty free ». L’auteur de Mémoires de Chefs nous indique d’ailleurs que cette initiative ne serait pas la première « Il y a deux précédents réussis en la matière : Maxim’s à Orly dans les années 70 et le salon Première Air France, géré par Alain Ducasse (article à venir sur Atabula). Ce dernier espace correspond à un vrai restaurant étoilé, qui travaille de surcroît en sur-mesure en demandant à la clientèle ce qu’ils veulent goûter à l’arrivée comme au départ. » À l’heure où certains chefs – les jet-chefs – s’envoient en l’air comme d’autres prennent le métro, évoluer dans un aéroport serait un formidable avantage. Économique, médiatique et pratique. Partout où il y a des touristes, il y a de la haute gastronomie. Sauf dans les aéroports où celle-ci ne demande pourtant qu’à prendre son envol.


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Ézéchiel Zerah / © kosmos111

7 Nombre de commentaires
  • Corentin
    26 février 2015 at 10:51
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    Mauro caulagreco va ouvrir à Nice airport dans 2 ans

  • Ezéchiel
    26 février 2015 at 11:53
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    Oui, j’ai vu ça, la nouvelle a été annoncée ces derniers jours. Il faudra compter avec Marx également. Un joli projet pour Nice !

  • Cookmyworld
    26 février 2015 at 1:19
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    Si on prend l’exemple de Paris, c’est assez édifiant quand on voit Roissy qui reste désespérément à la traîne à l’exception peut-être du hall M du terminal 2E avec Prunier… mais qui n’est ouvert que jusqu’à 14h ! sans oublier Gilles Epié avec Frenchy’s Bistro mais cela reste de la brasserie alors qu’avec la clientèle et les durée d’attente parfois de plusieurs heures il y aurait clairement la place pour des tables gastronomiques ! Quand on voit les efforts faits par ADP dans les autres aéroports qu’il opère hors de France, c’est à pleurer !!!

    Il faut savoir que chaque année depuis 3 ans a lieu à Dubaï, la cérémonie des « Airport Food and Beverage Awards » qui récompensent les meilleurs restaurants et bars d’aéroports dans le monde. Si le classement 2013 des meilleurs restaurants est globalement dominé par les aéroports américains, ce sont des aéroports européens qui trustent les deux premières places avec en pole position « Le Sommelier Bar & Bistro » à Copenhague suivi par le lauréat 2012, « Porta Gaig » à Barcelone.

    Pour info, « Le Sommelier Bar & Bistro » est géré par le chef français Francis Cardenau (ex Taillevent, Faugeron, Maxim’s, Le Pré Catelan, La Maison du Danemark), installé depuis la fin des années 80 au Danemark, qui fut chef en 1988 de Sollerod Kro, le plus célèbre restaurant danois de l’époque. Il y gagnera une 1ère étoile avant de reprendre en 1994 le Kommandanten, qu’il dirigera jusqu’à obtenir en 1996 deux macarons Michelin, une première pour un restaurant scandinave à l’époque !

  • Mickaël
    26 février 2015 at 4:49
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    Pour sa nouvelle offre de restauration, l’aéroport Nice Côte d’Azur a fait appel à deux chefs étoilés. Des concepts innovants et branchés vont également atterrir dans les deux terminaux

    Une vingtaine de nouvelles enseignes. C’est un véritable tour du monde des saveurs que l’aéroport Nice Côte d’Azur vient de dévoiler. Invitant même au voyage deux immenses signatures de la gastronomie française.
    L’ex-Top Chef deux étoiles au restaurant du Mandarin oriental (Paris) Thierry Marx. Et l’enchanteur des papilles Mauro Colagreco. Lui aussi deux étoiles pour son Mirazur, qui vient de rouvrir à Menton et est la première table française du San Pellegrino World’s 50 Best Restaurants.

  • P RICART
    26 février 2015 at 7:29
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    c’est d’autant plus incroyable qu’il a été vérifié par les compagnies aériennes qu’il y a une clientèle disposée à payer plus cher que l’économique pour une classe intermédiaire situé juste en dessous du business au point que certaines suppriment la première pour ne garder que trois classes : une super-business; une premium avec plus de confort et l’eco.
    Rien n’interdit alors de voyager dans cette premium et de faire un repas gastronomique avant de partir car ce sera bien moins cher et meilleur que la business.
    On aura le repas gastronomique à l’aéroport et le confort dans l’avion donc un excellent rapport qualité prix.
    Je ne suis pas le seul à espérer cette offre.

  • Ezéchiel
    26 février 2015 at 11:45
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    Merci pour vos retours et très intéressant CookMyWorld les Food Awards à Dubaï 😉

  • dessarzin
    27 février 2015 at 3:36
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    Rappelez vous de Nicolas Le Bec qui a l’aéroport de Lyon St Exupéry.

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