Il est trop tard. Nulle incantation, nulle plainte ne réécrira la présente histoire. Le clown Donald Trump va succéder à Barack Obama au poste de président de la plus grande puissance économique mondiale, et Hillary Clinton regardera tout cela de très loin, pantoufles aux pieds et migraine sondagière en tête. Dire que cela n’était pas prévisible relève du non-sens, un déni démocratique.

Dans un monde où ils sont devenus des porte-parole écoutés et respectés, les chefs de restaurant qui travaillent aux Etats-Unis devaient-ils prendre la parole officiellement et déclarer la nature de leur vote ? Lors de la dernière élection présidentielle française, certains chefs n’avaient pas hésité à exposer leurs préférences politiques, largement en faveur du candidat Nicolas Sarkozy. Ce qui n’avait pas manqué de provoquer quelques joutes verbales sur les réseaux sociaux… De l’autre côté de l’Atlantique, les principaux chefs n’ont semble-t-il pas pris position sur les réseaux sociaux. Daniel Boulud, Thomas Keller, Mario Batali, Anthony Bourdain ou Grant Achatz n’ont publié aucun statut en lien avec l’élection sur leur profil Facebook. Tel n’est pas le cas de la chef d’origine française Dominique Crenn (Atelier Crenn, San Francisco) qui affiche clairement sa préférence pour la candidate démocrate Hillary Clinton. Il faut également souligner la prise de position du chef Jose Andres, d’origine espagnole, et doublement étoilé à Washington pour son restaurant Minibar : il a refusé de s’implanter dans une affaire appartenant à Donald Trump après ses propos racistes contre le peuple mexicain.

Le profil Facebook de la chef Dominique Crenn mercredi 9 novembre

Le profil Facebook de la chef Dominique Crenn mercredi 9 novembre

Sur le fond, la pitoyable campagne électorale américaine n’a pas ou peu abordé les questions d’alimentation. Néanmoins, le candidat Donald Trump avait montré son âme libérale en prévoyant de modifier profondément le fonctionnement de la US Food and Drug Administration (FDA), autrement dit la « police alimentaire » américaine. L’idée était simple : faire sauter les réglementations en matière d’hygiène alimentaire et réduire au maximum les contrôles sanitaires car cela coûte cher. Cela n’est guère rassurant, d’autant plus que le futur président américain est également un homme d’affaires qui héberge dans son empire immobilier plus de dix restaurants (cf liste ci-dessous), dont un certain restaurant Jean-Georges, situé dans la Trump Tower de New York.


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Clown Ronald et Clown Donald, même combat, mêmes ambitions impérialistes


Quel sera le programme de Trump sur l’agriculture, sur le développement durable et sur l’alimentation des Américains ? Le pire est à craindre puisque les actions seront probablement dictées par une logique court-termiste, sans hauteur, sans le moindre recul. Il sera intéressant de voir si le libéralisme affiché permettra d’améliorer ou pas les exportations alimentaires (les fromages notamment) aux Etats-Unis.  En attendant, le futur président des Etats-Unis s’imagine déjà dévorer ses frites et ses hamburgers McDo dans le bureau ovale ou dans Air Force One. Car quel plus grand symbole de la réussite américaine à travers le monde que la célèbre enseigne de hamburgers McDo ? Clown Ronald et Clown Donald, même combat, mêmes ambitions impérialistes. Il est trop tard pour prendre Donald Trump à la gorge. C’est lui qui, désormais, va nous tenir en haleine pour quelques années, la peur au ventre.


Les restaurants qui sont la sphère de Donald Trump

America Restaurant – Trump International Hotel & Tower (Toronto)
BLT Prime – Trump National Doral Miami (Miami)
DJT – Trump International Hotel Las Vegas (Las Vegas)
Jean-Georges (étoilé) – Trump International Hotel & Tower (New York)
Koi Restaurant – Trump Soho (New York)
Restaurant privé du Mar-a-Lago Club (façon Saint James) – Palm Beach (Floride)
Sixteen (étoilé) – Trump International Hotel Chicago (Chicago)
Trump Grill – Trump Tower (New York)
Trump’s Bar & Restaurant – Trump International Golf Links (Irlande)
BLT Steak (Trump International Hotel Waikiki Beach) – Honolulu
Tejas (Trump Ocean Club) – Panama


Franck Pinay-Rabaroust, avec Ézéchiel Zérah / ©AP LM Otero

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