Son nom était inconnu du grand public comme de nombreux professionnels de la restauration. Le chef Olivier Biles, fidèle bras droit de Pierre Gagnaire, est mort le samedi 7 janvier dans un accident de voiture, son véhicule a percuté un poids lourd entre Courchevel et Moutiers (Savoie).

Depuis 13 ans, Olivier Biles travaillait aux cotés de Pierre Gagnaire. De 2005 à 2008, il a oeuvré dans le restaurant triplement étoilé à Paris, avant de partir à Dubaï entre 2008 et 2015. En 2015, il se voit confier les projets au sein du partenariat signé avec le groupe Lucien Barrière, d’abord le Fouquet’s, puis L’Hôtel des Neiges à Courchevel. Diplômé du Lycée Hôtelier Saint Jean du Gard (30), Olivier Biles avait 35 ans. Il avait effectué son apprentissage chez Chantal et Bernard Constantin (restaurant Larivoire) et travaillé aux côtés de Philippe Brun. Son père, Alain Biles est un ami et ancien collègue de Pierre Gagnaire.

« Dans nos métiers qui sont toute notre vie, ensemble en cuisine et en salle, nous constituons de véritables familles. Cette disparition fait naître une immense souffrance chez tous ceux avec lesquels Olivier travaillait. Olivier était un électron libre, talentueux, aux qualités humaines extraordinaires. Nous perdons un fils, un frère, un ami » confie Pierre Gagnaire. L’écrivaine Sylvie Le Bihan, la femme de Pierre Gagnaire, a rendu un hommage émouvant au cuisinier sur Facebook. Ils se connaissaient depuis 13 ans et se retrouvaient à chacun des moments forts de leurs vies :

« Demain, à 12:30, je t’attendrai.
Nous devions déjeuner ensemble.
Tu serais arrivé en courant, barbe de trois jours, chemise ouverte, une cigarette à la main et un sourire aux lèvres.
Je t’aurais dit « rase-toi, le chef n’aime pas », tu aurais ri.
Tu m’aurais parlé de Courchevel, La Baule, Cannes, Toulouse, Paris, Deauville…
Nous aurions remonté des souvenirs, des anecdotes, ta présence à nos côtés depuis 13 ans, à notre mariage et à tous les moments forts de notre vie.
Demain je t’attendrai et tu seras en retard car tu as pris de l’avance…
Mais je continuerai d’espérer que ce putain d’accident de voiture n’a pas eu lieu et je fumerai un, deux, trois paquets de clopes en scrutant la foule.
Puis j’appellerai Pierre en lui disant: « il fait chier Olivier! ».
Et c’est vrai, tu fais chier d’être parti…
On t’aimait.


Franck Pinay-Rabaroust

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