Tour d’Argent : le pari raté de Philippe Labbé

Cela n’avait pas été apprécié, mais alors pas du tout, par André Terrail, propriétaire de la Tour d’Argent, qu’Atabula ose critiquer le choix de du restaurant du Quai de la Tournelle de viser très rapidement la deuxième étoile. Autant dire que la deuxième étoile était attendue dès cette année. Et ce n’est pas le cas : la Tour d’Argent version Philippe Labbé ne fait pas mieux que par le passé et stagne douloureusement à une petite étoile.

Malheureusement, il manque encore l’essentiel : une assiette au niveau du lieu.

Est-ce justifié ? Un repas récent – déjeuner du 2 février – confirme malheureusement l’avis du guide. Si le cadre et le service sont parfaits, la cuisine balbutie encore. L’envie de bien faire de Philippe Labbé est évidente, mais elle ne décolle jamais, frôlant même parfois la catastrophe avec un poisson – cabillaud de ligne de Roscoff – franchement décevant. Rien de transcendant non plus dans le reste de la carte, avec un « Filet de caneton » gourmand mais manquant de peps. Idem pour des desserts qui font dans le consensuel et le classique. Le sentiment général de ce repas est net : trop de retenue, pas assez d’expressivité. Une cuisine timide qui n’ose pas s’exprimer pleinement, trop faiblement rythmée.

Depuis l’arrivée de Philippe Labbé, on sent que la Tour d’Argent a envie de bouger, d’aller de l’avant et de retrouver son lustre d’antan. Malheureusement, il manque encore l’essentiel : une assiette au niveau du lieu. Espérons sincèrement que Philippe Labbé puisse pousser les chevaux et sortir une partition qui mélange la douceur et la puissance, le vif et le calme. La Tour d’Argent est un joyau exceptionnel, résolument à part dans l’histoire de la gastronomie française, un trésor qui ne peut pas se contenter d’être à moitié rempli.


Franck Pinay-Rabaroust / ©FPR

2 Réponses

  1. Alex D.

    En tout cas les plats photographiés ont l’air bien plus « sérieux » et maîtrisés que le 2 étoiles de l’Espadon du Ritz…
    Je ne compare que les photos, je n’ai été mangé ni dans l’un ni dans l’autre…

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  2. PILAIRE Christophe

    Comment le filet de caneton peut il être à la fois « gourmand » et « manquer de peps » ?
    Quant aux desserts « consensuels » on est dans une institution classique pas dans une table de cuisine moléculaire….un peu de sérieux !

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