Alors que le nombre de consommateurs français qui sautent le petit déjeuner au moins une fois par semaine a doublé en dix ans, le premier repas de la journée est devenu la nouvelle coqueluche de la restauration hors domicile. De la Grande-Bretagne jusqu’en Italie, l’attrait pour le petit déjeuner explose depuis quatre ans en Europe, rapporte le cabinet NPD dans une étude analytique ce mercredi 15 février.

Et si la restauration était la solution pour redonner du goût au petit déjeuner ? Le premier repas de la journée suscite de vifs débats auprès des nutritionnistes français, dont certains s’inquiètent du recul du nombre d’adeptes. D’après la dernière étude de référence sur le sujet, publiée par le Credoc en 2014, plus de deux adultes sur dix sautent le petit déjeuner au moins une fois par semaine, tout comme 29% des enfants âgés de 3 à 14 ans. Des chiffres qui ont doublé en l’espace de dix ans.

Pourtant, entre 2012 et 2016, la fréquentation des restaurants servant un petit déjeuner à manger sur place ou à emporter a explosé de 13% en France. Mais les Français ne sont pas les seuls à y succomber. La tendance est très remarquée en Grande-Bretagne, avec une hausse des visites de 21%, contre 16% pour l’Allemagne et 11% pour l’Italie.

Les ouvertures de coffee shop qui se sont multipliées ces dernières années ont logiquement stimulé l’attrait pour le café du matin et ses petites gourmandises. En France, l’arrivée de Costa Coffee a participé à cet engouement, note NPD. Du bacon en Grande-Bretagne consommé dans un petit déjeuner sur quatre, une formule expresso+viennoiserie en France (14%), un croissant en Italie (68%), un sandwich en Allemagne (44%)… La vente à emporter participe au succès du petit déjeuner. 70% des visites effectuées dans la restauration pour commander un petit déjeuner concernent cette option d’achat, en France.

Et les jeunes talents de la pâtisserie française ont été les premiers à comprendre l’attente des foodies. A son ouverture en mai 2016, à Paris, Yann Couvreur Pâtisserie parie sur le service d’un café de qualité associé à des viennoiseries maison, cuites sur place. Les Parisiens peuvent ainsi déguster une brioche découpée à la demande ou un kouign-amann maison. Les chefs modernisent ainsi l’offre du petit déjeuner, en ne le limitant plus seulement au croissant. L’ex-chef pâtissier de l’hôtel de luxe Prince de Galles à Paris revisite les viennoiseries en les présentant dans une forme roulée. Le feuilletage s’acoquine de noisettes, de chocolat ou de pistaches. Et les plus pressés peuvent même se faire livrer au bureau leur jus de fruit tout juste pressé. Dans le quartier de la Goutte d’Or, le pâtissier rock Yann Menguy lui emboîte le pas, avec une formule à partir de 8,50 euros, comprenant un café ou thé, un jus de fruits et une brioche ou du muesli. De son côté, dans sa nouvelle pâtisserie, dont l’ouverture dans le XVIIe arrondissement de la capitale est prévue pour le 18 février, Cyril Lignac permettra aussi de petit déjeuner, comme dans sa chocolaterie du XIe.

Même l’hôtellerie de luxe a flairé l’agréable odeur d’un pain au chocolat comme un nouveau créneau tendance. En 2015, le Mandarin Oriental lance son offre de petits déjeuners à emporter, avec une collaboration scellée entre son chef Thierry Marx, le chef pâtissier d’alors, Pierre Mathieu, et un artiste urbain pour imaginer le packaging. Pour sa part, le Shangri-La Hotel Paris a misé sur le vegan pour inscrire à sa carte la formule « B-Green », composée de pain bio, de biscottes sans gluten, de verrines d’olives noires et spiruline et de muesli aux baies de goji, entre autres.

Et pendant que le petit déjeuner profite de ses heures de gloire, le « drunch », contraction de « dinner et « lunch », continue de grappiller du terrain dans les restaurants d’Amérique du Nord et en Europe, imposant le concept d’un brunch à avaler en milieu d’après-midi pour zapper la corvée de cuisine du dimanche soir…


Ezéchiel Zérah, avec Relaxnews / ©Cyril Lignac

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.