En Allemagne, prendre ses assiettes en photos au restaurant est illégal

À en croire le site Munchies qui reprend un article publié récemment dans le journal de référence allemand Die Welt, prendre la photo de son assiette dans un restaurant et la partager sur les réseaux sociaux sans l’autorisation du chef est une atteinte aux droits d’auteur en Allemagne. Et, donc, un délit passible d’être poursuivi en justice. En question, une décision rendue par la cour fédérale de justice allemande en 2013 et qui ne s’applique pas uniquement aux plats des restaurants, mais également à n’importe quelle création culinaire impliquant un arrangement particulier et artistique des aliments.

« Une assiette qui a été dressée minutieusement dans un restaurant rentre dans le cadre des œuvres protégées par le droit d’auteur » rapporte à Die Welt Niklas Haberkamm, docteur en droit dans un cabinet de droit des affaires allemand avant d’ajouter « dans ce cadre précis, le créateur de l’assiette a le droit légitime de décider où et dans quelle mesure son travail peut être reproduit. »

Et peu importe que les clichés correspondent à un usage commercial ou non. Le quotidien rappelle que le but premier du droit d’auteur est de protéger la création individuelle, qui devient elle-même menacée dès lors qu’une œuvre est prise en photo et partagée sur les réseaux-sociaux. Pour que la photo de votre repas tombe sous le coup de la loi, il faut que le contenu de votre assiette soit reconnu comme étant de « l’art » et donc, puisse justifier d’une certaine atteinte aux droits d’auteur.


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Rédaction Atabula 

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  • Les choses ne sont pas logiques. Si on achète une œuvre d’art, on a dès cet achat le droit d’en faire ce qu’on veut. On peut l’exposer chez soi, ou la brûlér, la montrer à ses amis, en faire des photos et les publier.

    Donc si les chefs veulent que leurs œuvres ne soient pas photographiées, il ne faut pas vendre ces plats. Jusqu’à preuve du contraire on LOUE la vaisselle et les couverts, mais on mange, donc on consomme ce qu’elles contiennent. Donc en faire une photo fait partie de cette prise de propriété et les publier est une décision du propriétaire de cette nourriture : le client. L’addition en est le contrat.

    • non, quand vous achetez une oeuvre d’art, vous signez un engagement à ne pas porter atteinte à cette oeuvre d’art: le droit d’auteur est inalienable, et reste au créateur.

      • Il faudra m’expliquer comment le mangeur ne “porte pas atteinte” à cette œuvre ! 😉 La théorie du droit moral d’auteur est bien belle mais elle a ses limites.

  • Oui,
    mais l’œuvre originale du chef, où est-elle ?
    Puisque finalement, ce ne sont que des reproductions qui sont servies aux clients.
    Le chef doit alors la déposer d’une manière ou d’une autre… Intéressant lorsque l’on sait qu’une recette elle-même ne peut être protégée efficacement…

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