Moins, plus, moins, plus, va savoir. Derrière leur apparente exactitude, il faut toujours se méfier des chiffres et encore plus de leur interprétation. Autant dire que la récente publication des chiffres du Gira Conseil sur la consommation alimentaire hors domicile en 2016 est à prendre avec des pincettes. Selon le cabinet, celle-ci est en hausse de 1,61% (quelle précision !) avec un chiffre d’affaires global de 86,4 milliards d’euros pour 9,97 milliards de repas pris hors domicile (+1,84%). Du plus donc. Mais un plus qui n’est pas le même chez NPD Group. Les 86,4 milliards passent à 54,6 milliards et, forcément, tous les autres chiffres diffèrent. Ainsi, pour NPD Group, la hausse de fréquentation n’est que de 0,4% contre 1,61% pour le Gira Conseil.

Et que dire des chiffres des organisations syndicales pour l’année 2016 : point de plus, mais du moins ! Baisse de 4,5% du chiffre d’affaires des restaurateurs selon le GNI. Autre chiffre, celui de l’UMIH qui estime la baisse à 3%, précisant qu’il faut distinguer Paris (plus proche de -7%) de la province. Et la liste des incohérences est encore longue. Il en est ainsi du fameux « ticket moyen » : 5,5 euros pour NPD Group, 8,66 euros pour le Gira Conseil. Du grand n’importe quoi qui mélange le sandwich chez le boulanger, et les repas pris dans une brasserie, un bistrot ou un « grand » restaurant. Des choux et des carottes !

Que penser de tout cela ? Peut-être faut-il en conclure que les deux cabinets et les syndicats ne parlent pas de la même chose, mais alors il va peut-être falloir être plus précis dans les explications ! Car là, le lecteur attentif – et le professionnel inquiet – a juste l’impression que tous ces chiffres sont bien jolis mais qu’ils ne reposent sur rien de scientifique. Autrement dit, sur rien de sérieux.

Auteur

Franck Pinay-Rabaroust / © marcduf


 

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