Bordeaux : la gastronomie au beau fixe !


Bordeaux → 1ere place sur 30


« Identité heureuse » disait-il… Cette formule, Alain Juppé pourrait l’appliquer à sa ville. Dans le dernier classement de l’Express où il fait bon travailler, Bordeaux s’affiche en quatrième position devant près d’une centaine d’autres cités. Les cadres parisiens, eux, sont plus de la moitié à rêver de s’y installer. Des résultats dus en partie aux restaurants locaux. Car on mange bien à Bordeaux, on mange très bien même.

Ces dernières années, la ville aligne certes les tête de gondoles (Philippe Etchebest, Joël Robuchon, Pierre Gagnaire, Gordon Ramsay) mais cette énergie est loin de se limiter aux grands noms de la gastronomie française et internationale. Il suffit pour s’en convaincre de recenser les nombreux cafés pointus, épiceries fines modernes et autres concepts innovants qui ouvrent à la pelle. Si Paris restera définitivement la capitale des (grands) restaurants, Bordeaux incarne celle où l’on mange le mieux aujourd’hui. Avec ses quelque 243 000 habitants, la ville compte 42 tables recensées dans le guide Gault & Millau, 26 au guide Michelin. 13 restaurants membres du Collège Culinaire de France et 12 maîtres-restaurateurs. Et s’il n’y a pas (encore) de jeune héros à l’impact international (comme à Paris avec Bertrand Grébaut ou Alexandre Mazzia à Marseille), la scène n’en bouillonne pas moins grâce au travail remarqué d’Arnaud Lahaut (Miles), Tanguy Laviale (Garopapilles), Félix Clerc (Symbiose), Daniel Gallacher (Racines), Hadrien Lavaud (Le Taquin) ou encore Grégoire Rousseau (Hâ). Un collectif lancé récemment cristallise ce dynamisme : le Bordeaux Food Club, qui se définit comme « haut-parleur de la nouvelle scène culinaire » locale.

Pour l’adjoint au maire en charge du tourisme et président de l’Office de tourisme de Bordeaux, Stephan Delaux, cette place s’explique par la métamorphose spectaculaire de la cité ces dernières années. « Historiquement, il faut d’abord rappeler que le Sud-Ouest de la France est plutôt un endroit connu pour son art de vivre et sa gastronomie traditionnelle. On se réunit autour de la table au sein de notre grande région. Pour autant, il y a une vingtaine d’années, on nous reprochait la faiblesse de la scène gastronomique malgré les grands cuisiniers de l’époque, à l’instar de Jean-Marie Amat. Cette dernière s’est transformée en même temps que la ville et sa nouvelle attractivité. D’une ville réputée bourgeoise, repliée sur elle-même, Bordeaux est devenue sudiste. Entre 2000 et aujourd’hui, la fréquentation touristique a triplé, passant de deux à six millions de visiteurs. Beaucoup de chefs trouvent actuellement un terrain d’expression important sur Bordeaux. Comment la municipalité y participe ? En bousculant la ville à tous les niveaux. Prenez le projet urbain d’Alain Juppé mis en place en 1995 : il n’est toujours pas terminé mais les chantiers sont multiples et ambitieux ! Tramway, arrivée du TGV, ponts, façades des quais, transformations des espaces publics… Ce sont des sommes colossales qui ont été engagées. Entre 2014 et 2015, le tourisme a généré 900 millions de chiffres d’affaires et l’on sait que la partie hôtellerie et restauration est la plus grande bénéficiaire. 65% des visiteurs réalisent des dépenses restauration au sein de la métropole. La position au sein du palmarès est évidemment une grande fierté pour nous et pour les professionnels qui se donnent vraiment beaucoup de mal. Il y a peu, je participais à un dîner de gala magnifique à la chambre de commerce où étaient présents un demi-millier de restaurateurs. Tout le monde avait la banane. J’ai le sentiment que les professionnels sont heureux. Nous sentons intensément les efforts qu’ils ont entrepris pour améliorer la qualité de la restauration, étoilée mais pas seulement ». Cette première place au Palmarès vient confirmer que l’assiette a suivi le mouvement d’une ville en perpétuel bouillonnement.


Ezéchiel Zérah


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Afficher les commentaires (6)
  • Il est dommage dans le dossier Bordeaux de ne pas mentionner que depuis huit ans, une manifestation festive qui a failli disparaitre et qui est devenue unique en son genre depuis sa reprise, ne soit pas mentionnée dans cet article.
    Les Epicuriales, dont le Maire de Bordeaux est largement partie prenante, se déroulent sur 16 jours sur les Allées de Tourny en plein centre ville et reçoivent sous forme de restaurants éphémères outre les plus belles enseignes de Brasserie de Bordeaux, la jeune scène bistronomique et seize chefs étoilés dans des espaces dédiés. C’est à Bordeaux et nulle part ailleurs au mois de juin!!
    Voir http://www.epicuriales.com

  • Bonjour,

    Quelques mots pour vous témoigner notre plaisir à voir votre intérêt pour la gastronomie bordelaise. Félicitations également pour votre mise en avant du jeune collectif Bordeaux Food Club. Nous nous permettons de porter à votre connaissance l’existence d’un collectif plus ancien à Bordeaux: les AFAMES ( avec un seul « f »), et vous invitons à visiter notre site (adresse ci- dessous), et pourquoi pas, notre page Facebook (https://www.facebook.com/chefsbordeaux/ref=ts&fref=ts).
    Merci de votre attention,
    José RUIZ Président du cercle AFAMES.

  • Cet article complet donne une idée très favorable de la scène locale et il me semble justice du point de vue de la qualité et de la quantité. Le rapport qualité-prix aussi a augmenté et avec la qualité les prix. Ce dont se plaignent les bordelais. Mais ils se plaignent toujours de quelque chose. Montaigne, please, help them

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