Entre un « polar » dégoulinant de sang et un roman empli de bons sentiments, pourquoi ne pas emporter avec soi un livre qui cause casseroles ? En crise ou en doute, le monde de l’édition culinaire continue de publier de nombreux livres et les grandes maisons d’édition multiplient les livres engagés sur l’alimentation. Sélection de 12 livres, parfois un petit peu ancien, mais tous passionnants.


Steak Machine, de Geoffrey Le Guilcher

Pendant quarante jours, le journaliste Geoffrey Le Guilcher a travaillé dans un abattoir. De cette expérience singulière, il en ressort un livre fort, intense, qui se lit comme un terrible roman. Humain et inhumain. Certainement pas la lecture la plus joyeuse de l’été, mais un livre qui prend aux tripes / 2017 – Editions Goutte d’Or – 12 euros

Le Goût et le Pouvoir, de Jonathan Nossiter

Drôle de titre pour un livre qui constitue une formidable aventure bacchique en France, faite de rencontres, d’anecdotes, de petites et grandes histoires. Tel un road-wine-movie, avec de l’excès et de l’intime. Livre désormais ancien (2009), il n’en demeure pas moins vrai et incontournable. A lire ou à relire / 2009 – Le Livre de Poche – 6,95 euros

Contes des sages cuisiniers, de Pascal Fauliot et Patrick Fischmann

Dans la série des « Contes des sages », le volet « cuisinier » ne manque pas de sel. Mélange d’histoires, d’érudition et de gourmandise, ce petit livre se lit avec plaisir et un autre regard sur l’immense diversité culinaire à travers le monde et les époques / 2014 – Seuil – 17 euros

L’Empire de l’Or Rouge. Enquête mondiale sur la tomate d’industrie, de Jean-Baptiste Malet

Après la lecture de ce livre, vous ne mangerez plus de la même façon (voire plus du tout) votre sauce tomate et votre ketchup. Durant deux ans, le journaliste Jean-Baptiste Malet a sillonné le monde pour découvrir le parcours de la grosse tomate industrielle qui se transforme en sauce. Tout y passe – usine, mafia, additifs suspects… – pour comprendre que la petite boîte de concentré de tomate est un condensé d’horreurs alimentaires et humaines. Terrifiant / 2017 – Fayard – 19 euros

La gastronomie est-elle une marchandise culturelle comme une autre ?, de Julia Csergo

Voilà un livre qui ne mâche pas ses mots pour dénoncer quelques travers relatifs à l’inscription du repas gastronomique des Français à l’Unesco. Sans complaisance mais pas sans biscuits, Julia Csergo avance ses pions et ses idées pour démonter quelques idées reçues et proposer quelques pistes pour mener une politique culturelle de la gastronomie en France. Un must à dévorer jusqu’à la dernière ligne / 2016 – Menu Fretin – 18 euros

Manger Autrement, de Stéphane Gacon et Thomas Grillot

C’est une sorte de mantra moderne : il faut « manger autrement ». C’est également le nom d’un livre qui entend débattre des enjeux sanitaires, politiques et sociaux de notre alimentation. Un livre « intello » à lire / 2017 – PUF La Vie des Idées – 9 euros

Les dessous de l’alimentation bio, de Claude Gruffat

Ce livre d’entretiens menés avec Claude Gruffat, président de Biocoop depuis 2004, propose un regard très militant sur la place de l’alimentation bio. Les auteurs opposent « le bio » et « la bio ». Si le premier recouvre uniquement un mode de production, le second comprend une dimension sociétale et politique de l’alimentation. Un livre passionnant pour mieux comprendre les enjeux autour du bio. Longue préface de Marie-Monique Robin / 2017 – Éditions La Mer Salée – 15 euros

Ce qui compte vraiment, de Fabrice Nicolino

C’est un livre qui déborde, et de loin, la seule alimentation. Fabrice Nicolino – auteur notamment du livre Un empoissonnement universel. Comment les produits chimiques ont envahi la planète – parle ici de nature, d’eau, d’agriculture, d’animaux. Loin de se contenter d’un chant des lamentations, l’auteur propose des pistes pour améliorer la situation. Un livre plus réjouissant qu’il n’y paraît / 2017 – Les Liens Qui Libèrent – 18 euros

Cuisine, marxisme et autres fantaisies : Pékin 1984, un récit culinaire, de Stéphan Lagorce

Chef de cuisine du Maxim’s à Pékin de 1984 à 1987, Stéphan Lagorce livre un récit dense et précis de son passage en Chine époque Deng Xiaoping. A travers ses observations et anecdotes, il revient sur la clientèle à table, détaille recettes et petites histoires des assiettes de l’endroit, explique avec humour la difficulté à se fournir en produits importés… Plus qu’un témoignage rare, une leçon sur les bouleversements politiques d’alors… à l’échelle du restaurant / 2017 – L’Epure – 16 euros

Mes chemins de table, de JP Géné

Disparu récemment, JP Gené était aussi discret que talentueux. Chroniqueur de longue date pour le journal Le Monde, ce journaliste à fourchette libre et engagé a signé avec Chemins de table une autobiographie culinaire réjouissante car singulière, offrant une plongée aux multiples contours entre restaurants, produits et souvenirs de jeunesse/ 2010 – Hoëbeke – 18,50 euros

Mots & mets, de Michel Guérard 

Cuisinier érudit amoureux des mets comme des mots, saucier du lyrisme, Michel Guérard se confie ici en plusieurs temps. 166 mots qui l’inspirent d’abord, de Bocuse à Critique en passant par wagon-bar. Viennent dans en second temps des recettes parfois curieuses comme cette salade d’arêtes et ces « frites molles ». Dernier volet ? Les « enfances du chef », l’Île-de-France natale bien sûr mais également les périodes normandes, les passages à Paris au Crillon et au Lido ou encore quelques destinations plus exotiques comme l’Australie. Un témoignage précieux d’un homme qui l’est tout autant / 2017 – Seuil – 17 euros

L’Huître en questions, de Catherine Flohic

Vous cherchez le livre de référence sur l’huître ? Le voilà ! Un joli pavé qui se lit tout seul, qui mélange les genres journalistiques pour mieux traiter le complexe sujet des huîtres. De jolies photos, de superbes textes et quelques recettes, juste pour la faim. Un régal de lecture / 2015 – Les Ateliers d’Argol – 29,90 euros

Auteur

Sélection réalisée par Ézéchiel Zérah et Franck Pinay-Rabaroust / © detailblick-foto


 

2 Réponses

  1. Karine Gueye-Gauchet

    Bonjour,
    Pour moi, il manque:
    La Cheffe, roman d’une cuisinière, de Marie Ndiaye
    Excellent roman, élégant, sensible, émouvant et qui donne envie de cuisiner et de déguster!
    Magnifique portrait de femme.
    Voilà

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  2. RIGOULOT

    Pour moi il manque  » D’yqem à Fargues  » un merveilleux livre écrit par Alexandre de Lur Saluces (Ancien propriétaire de Yqem). Un véritable réquisitoire en hommage du SAUTERNES.

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