Du pain frais livré au restaurant un 14 juillet à Paris n’est pas de tout repos pour les boulangers. Avec en plus la présence du président américain Donald Trump qui transforme la capitale en bunker assiété, la mission devient presque impossible. Le point de vue du boulanger Jean-Luc Poujauran.


« J’ai pas moins de 80 restaurants à livrer sur Paris qui sont devenus quasiment inaccessibles à cause des interdictions de circulation. Pour la fête nationale du 14 juillet, la ville multiplie les arrêtés municipaux pour fermer telle ou telle rue. Là, avec la présence de Donald Trump, c’est un enfer assuré. Du coup, c’est de la débrouille à l’ancienne : en lieu et place de la voiture, il faut prendre le scooter, le vélo ou y aller à pied. Et quand c’est impossible, alors il faut livrer le produit en mi-cuit la veille pour maintenir la qualité optimale le jour J à table.

Depuis cinq jours, nous travaillons à fluidifier toute la logistique et maitriser les contraintes. Mais que faire si, demain, alors qu’il va faire très chaud sur la capitale, mon livreur en vélo ou à pied se casse les dents sur un policier qui interdit tout passage ? Mon produit risque de se détériorer ou, pire, mon pain ne sera pas livré à temps.

Mais s’il n’y avait que le 14 juillet. La politique municipale actuelle – avec la fermeture des quais notamment – rend la livraison de produits frais sur Paris de plus en plus complexe. Chaque jour, c’est un nouveau combat à mener. Au final, tout le monde est perdant : le fournisseur, mais également le restaurateur et le client final.»

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Propos recueillis par Franck Pinay-Rabaroust


 

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