Ils sont jeunes et talentueux. Damien Bouchery est un chef prometteur. Bénédicte Bantuelle est comédienne et veille sur la salle. Le couple franco-belge a ouvert aux portes de Bruxelles une adresse comme on les aime…
On les a rencontrés pour la première fois il y a un an, à peine installés. On les a retrouvés avec le même plaisir il y a peu. On leur avait souhaité l’étoile. Mais le Michelin les a oubliés cette année. Tout comme Omnivore, passé trop vite lors de son passage à Bruxelles. C’est pourtant une adresse coup de cœur. Celle que l’on glisse à une bonne amie ou à un amateur de bonnes tables. Avec l’assurance qu’ils seront l’un comme l’autre séduits parce ce jeune couple si bien assorti, à la scène comme à la ville.
« La cuisine, ça m’a pris comme ça ». Etonnant parcours que celui de ce jeune Breton, issu d’un milieu agricole et aujourd’hui coqueluche du Bruxelles branché. Un jeune campagnard allergique à la ville, formé pourtant dans les plus grandes capitales, et qui cuisine à présent avec des fleurs des champs… Après avoir fait ses classes à Dax et Paris, Damien Bouchery a vraiment découvert la gastronomie à Londres au Club Gascon, où il a passé quatre ans. Après un passage à Genève, il est repéré par un chasseur de tête et atterrit à Bruxelles, en janvier 2009, au Bistrot du Mail, avec pour mission de conserver l’étoile de l’établissement. « Ce n’était pas une priorité pour moi d’ouvrir mon propre resto. Je pensais repartir vite ». Mais la rencontre avec sa compagne, comédienne, change la donne. Leur vient alors l’envie de monter un projet ensemble, en unissant leurs arts. « Le théâtre, comme la gastronomie, c’est donner du plaisir aux gens, résume Bénédicte Bantuelle.
Le projet se concrétise à Uccle, banlieue cossue de Bruxelles. Dans une ancienne maison de ville, la jeune femme signe la déco comme une mise en scène, volontairement épurée, jouant sur les tons crème et un mobilier d’inspiration scandinave. « L’idée est d’insuffler du frais, de la nature ». Attirée par la naturopathie, Bénédicte Bantuelle fait entrer des plantes sauvages aussi bien sur la table que dans l’assiette. « J’étais un peu sceptique, confie son compagnon, qui est devenu fan de la fleur de bourrache. J’ai suivi un stage pour apprendre à utiliser ces plantes. Au début, j’en recrachais les trois quarts. Maintenant, elles me font rêver. » Une cueilleuse lui rapporte régulièrement sa récolte et un primeur bio au coin de la rue offre d’inspirantes découvertes. Fruit de la berce, camomille, eucalyptus ou bergamote, par exemple, s’invitent ainsi en cuisine.
Le jeune chef compose une carte de quatre entrées, quatre plats, quatre desserts et un menu tentation, suivant l’inspiration du jour. Ainsi, il n’est pas rare que le serveur découvre un plat improvisé à la minute par le chef. « Cela fait sourire certains clients, d’autres pas… », note l’intéressé, un brin amusé, qui se refuse cependant à toute esbroufe, mais s’il en ébouriffe certains… Disons qu’ici, on cultive plutôt la spontanéité. De l’accueil simple et chaleureux à la cuisine toujours juste et étonnante, de la carte des vins pleine de jolies trouvailles au service jeune et attentionné. Comme une seconde nature.
Marie-Laure Fréchet
Bouchéry - Chaussée d’Alsemberg, 812a - 1180 Uccle (Bruxelles)- 0032 2 332 37 74
















1 réponse to “Bouchéry, la jeune pousse bruxelloise”
17/02/2013
ThierryJ’y mange souvent, un vrai bon moment . La cuisine est en évolution constante comme la carte des vins qui s’ouvre aux vins natures, mais pas qu’aux v. n.
Conseiller aux bonnes bouches.
T.