Que nos candidats ne parlent pas de la télé-réalité version « Top Chef » ou « Master Chef » est rassurant. Qu’ils ne parlent pas d’alimentation et de l’avenir de notre repas gastronomique peut poser question. Que les « grands » candidats parlent si peu de l’avenir de notre agriculture est, en revanche, plus inquiétant.
A lire les programmes des uns et des autres, il en ressort un constat fort étonnant : plus on s’éloigne de la capacité réelle à « saisir » le pouvoir, plus le candidat (ou candidate) est loquace pour exposer ses propositions, ses solutions, ses pistes en matière d’agriculture et d’écologie. A défaut de rendre atone, la proximité du pouvoir rend muet.
Si l’homme politique marche souvent sur la tête, le fait que son appendice buccal soit naturellement plus proche de la terre fraîche ne fait pas de lui un expert en questions agricoles et alimentaires. En cette période électorale, les programmes des principaux candidats sur ces thèmes balancent entre silence assourdissant et promesses de révolution. Mais, en temps de crise économique, l’assiette est surtout fiscale avant d’être alimentaire.
A moins d’une semaine du premier tour de l’élection présidentielle, tour d’horizon des engagements « agricoles » de 6 candidats : François Hollande, Nicolas Sarkozy, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Eva Joly et François Bayrou.
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Son programme se découpe en 60 engagements, divisés en 4 chapitres. Son slogan : « Le changement, c’est maintenant »
Découpage des propositions en liens avec alimentation/agriculture : le 6e engagement concerne l’agriculture française et s’intègre dans le premier chapitre.
Chapitre 1 – Je veux redresser la France – Sous chapitre – Je veux défendre l’agriculture française et soutenir la ruralité
« Je défendrai un budget européen ambitieux pour l’avenir de l’agriculture dans sa diversité, en particulier l’élevage, dans le cadre de la révision de la politique agricole commune. J’encouragerai la promotion de nouveaux modèles de production et de l’agriculture biologique. Je donnerai aux producteurs les moyens de s’organiser pour rééquilibrer les rapports de force au sein des filières face à la grande distribution. Je garantirai la présence des services publics locaux dans le monde rural. J’assurerai la protection de notre économie maritime et redonnerai à la pêche les moyens de sa modernisation. Je ferai de notre pays le leader européen des énergies marines renouvelables. »
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Son programme se découpe en 32 propositions. Son slogan : « Pour une France forte ».
Découpage des propositions en liens avec alimentation/agriculture : rien sur l’agriculture, rien sur le bio, rien sur l’alimentation. Une obsession, une seule : le retour à l’équilibre budgétaire. La seule assiette dont il parle est… fiscale !
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JEAN-LUC MÉLENCHON (FRONT DE GAUCHE)
Son programme se découpe en 9 grands chapitres. Son slogan : « L’humain d’abord »
Découpage des propositions en liens avec alimentation/agriculture : Jean-Luc Mélenchon aborde la question de l’agriculture – notamment sous le prisme de l’écologie – dans deux chapitres. Son 3e chapitre est consacré à « la planification écologique ». Un sous-chapitre se nomme « Contre la marchandisation des biens communs, préserver et partager les ressources naturelles ». Le 4e chapitre se nomme « Produire autrement ».
Chapitre 3 – La planification écologique (Extraits de l’introduction)
« Nous proposons la planification écologique comme moyen de redéfinir nos modes de production, de consommation et d’échange en fonction de l’intérêt général de l’humanité et de l’impact de l’activité économique sur l’écosystème. Elle permettra de préciser les orientations et les investissements publics nécessaires pour enclencher une transition écologique et promouvoir un développement humain durable créateur d’emplois et facteur d’égalité sociale. Elle s’appuiera sur un plan écologique débattu et voté au Parlement, assorti d’une loi de programmation financière. »
Sous chapitre – Contre la marchandisation des biens communs, préserver et partager les ressources naturelles
« Nous renforcerons la législation contre l’utilisation de molécules chimiques qui nuisent à la santé. Nous lutterons contre l’aliénation consumériste en limitant la publicité dans l’espace public et sur toutes les chaînes de télévision. Nous interdirons les OGM en plein champ et la vente libre des pesticides et herbicides chimiques nocifs pour la santé (le « Roundup », notamment). »
Chapitre 4 – Produire autrement - Sous-chapitre – Vers un nouveau modèle agricole
« Nous agirons pour une ambitieuse politique agricole répondant à la satisfaction des besoins alimentaires des hommes et des femmes. Nous porterons cette exigence tant au niveau national, qu’international. Nous mettrons en oeuvre un plan de transition écologique de l’agriculture en vue de faire de l’agriculture française un modèle d’agriculture de qualité, sans OGM, largement autonome en ressources non renouvelables, relocalisée, participant à la santé publique des consommateurs et contribuant à la lutte contre le réchauffement climatique. Aides publiques, recherche agronomique, conseil technique, politique de crédit et enseignement agricole seront repensés en fonction de cet objectif.
Nous stopperons et inverserons le processus de concentration de l’agriculture et recréerons des emplois en agriculture.
Pour cela, le mandat et la gouvernance des Safer (Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural) seront revus afin d’y rendre les pouvoirs publics majoritaires. Nous ferons jouer un droit de préemption systématique des terres libérées en faveur de l’installation d’agriculteurs ou de l’agrandissement de petites exploitations. Nous soutiendrons l’installation de jeunes agriculteurs et la consolidation des petites exploitations, y compris par le biais de réserves foncières, notamment à proximité des villes. La transition écologique de l’agriculture et la création d’emplois étant conditionnées à la juste rémunération du travail agricole, les pratiques de la grande distribution seront encadrées au moyen de prix minimums aux producteurs et de coefficients multiplicateurs maximums. Nous affirmerons également le soutien aux filières alternatives labellisées, vivrières, courtes, de proximité, biologiques et reposant sur une juste rémunération afin de permettre au plus grand nombre de bénéficier d’une alimentation de qualité, notamment grâce à une évolution des appels d’offres publics permise par un nouveau Code des marchés publics.
La politique de la pêche visera à garantir la préservation et le renouvellement de la ressource halieutique. L’attractivité des métiers de la mer sera renforcée grâce à l’amélioration de la formation et des conditions de travail.
Les marges de manoeuvre nationales pour l’utilisation des aides Pac seront pleinement utilisées pour favoriser l’agriculture paysanne, l’emploi et la transition écologique de l’agriculture.
Au niveau européen, nous agirons pour l’adoption d’une politique agricole commune (Pac) cohérente avec l’objectif de souveraineté alimentaire, centrant la production sur la réponse aux besoins du marché intérieur plutôt qu’aux échanges sur le marché international sur la base du moins-disant social et environnemental.
L’Europe, par une juste répartition de la valeur ajoutée entre producteurs, industries agroalimentaires et grande distribution, doit garantir l’accès de tous les consommateurs à une alimentation de qualité.
Au niveau international, nous agirons pour une nouvelle organisation de l’agriculture dans le cadre des Nations unies, afin de soutenir le développement de marchés régionaux, de réguler les marchés mondiaux, de mettre en oeuvre un plan agricole et alimentaire mondial, de promouvoir la relocalisation et la transition écologique de l’agriculture et de combattre les processus d’accaparement des terres.
Nous serons à l’initiative de la construction d’une alliance stratégique avec les pays engagés dans la défense de la souveraineté alimentaire et de l’agriculture paysanne. Nous impulserons une coopération au développement qui priorise les accords avec les États mettant en oeuvre des politiques répondant à ces principes. Chaque fois que possible, la France opposera son veto à la conclusion du cycle de Doha de l’OMC, à la signature des accords de libre-échange (notamment les APE) négociés par l’Union européenne, à toutes les pressions du FMI et de la Banque mondiale et aux conditions posées à l’aide au développement aux pays du Sud. »
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Son programme se découpe en 5 parties. Son slogan : « Oui, la France».
Découpage des propositions en liens avec alimentation/agriculture : Marine Le Pen aborde le thème de l’agriculture dans deux sous-parties de son programme : « Avenir de la nation« L’écologie au cœur du développement » et « Agriculture, vers une grande politique agricole française »
Point 2 – Avenir de la Nation - Chapitre « L’écologie au cœur du développement »
L’encadrement des pratiques agricoles et industrielles - Concernant le développement de nos PME, il s’agira de favoriser l’innovation écologique dans le cadre de la réorganisation de la production agricole et industrielle. Les évaluations seront menées par les services de l’Etat déconcentré et viseront un respect scrupuleux des obligations légales en matière de respect des contraintes environnementales tant dans les processus de production que de recyclage ou rejet des déchets, en y associant plus étroitement les acteurs.
La primauté de la sécurité alimentaire - Il faut assurer l’indépendance effective de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments, en éliminant toutes les possibilités de conflits d’intérêt. Une liberté d’appréciation devra aussi être protégée vis-à-vis des organismes européens et internationaux dont l’indépendance n’est pas toujours garantie.
Point 4 – Redressement économique et social - Chapitre « Agriculture, vers une grande politique agricole française
Le constat du FN
Dans un monde où s’accroissent de manière exponentielle le nombre d’humains (7 milliards en 2011 et 8.3 milliards en 2030), et les déséquilibres alimentaires, l’agriculture est plus que jamais un secteur stratégique vital pour l’indépendance nationale, au même rang que l’énergie. Mais contrairement à ce qu’il en est pour sa politique énergétique, la France a perdu presque totalement la maîtrise de sa politique agricole. Pourtant, contrairement à bien des nations, la France dispose en la matière d’atouts extraordinaires : richesses naturelles, savoir-faire humains, exceptionnelles qualité et sécurité des produits. Son agriculture devrait être garante de son indépendance alimentaire et la filière agro-alimentaire jouer un rôle positif croissant dans son commerce extérieur, spécialement au vu de la tendance des décennies à venir, qui verront exploser la demande alimentaire mondiale, en quantité comme en qualité.
Le programme du FN
La France abandonnera la PAC au bénéfice de la PAF (Politique agricole française) permettant un développement stratégique plus justement réparti entre petites et grosses structures agricoles. Pour cela, la France adoptera cette politique agricole nationale ambitieuse financée par la réduction de sa contribution globale au budget européen, dans le cadre de la renégociation des traités européens qui sera entreprise dès 2012.
Cette « nationalisation » de la politique agricole dans le cadre d’une loi de programmation pluri-annuelle mettant en œuvre une vision à long terme de nos ambitions collectives pour l’agriculture française, aura pour premier objectif la stabilisation des prix des matières premières agricoles, qui donnera aux agriculteurs une visibilité à moyen terme leur permettant de prendre des décisions d’investissement.
Cette politique visera également à promouvoir une agriculture raisonnée, en équilibre entre les techniques et le respect de la nature, maîtrisant au mieux les apports chimiques et les innovations ayant fait la preuve de leur innocuité, planifiant l’amélioration des sols et optimisant la gestion des ressources et besoins en eau. La productivité dynamique peut aller de pair avec une sécurité sanitaire exigeante dont les agriculteurs, premières victimes de l’abus des pesticides, seront les premiers bénéficiaires.
La réduction de la bureaucratie agricole et la simplification des procédures et des contrôles permettront de faire des économies budgétaires, ainsi que d’alléger les contraintes administratives déraisonnables pesant sur les agriculteurs.
Nous devons permettre à la collectivité nationale de reconnaître et de rétribuer la contribution des agriculteurs à la qualité de vie de la communauté nationale.
Dans le cadre de la préparation de la loi de programmation, sera organisée une Conférence nationale des finances agricoles qui devra évaluer cette contribution : valeur des services écologiques rendus (entretien des paysages, de la biodiversité…), valeur de la sécurité et de l’indépendance alimentaires, montant de la confiscation nationale des gains de productivité des agriculteurs, montant de la rupture d’égalité des agriculteurs devant les charges publiques. Les mesures de compensation comprendront notamment :
La création d’une Caisse de compensation et d’amortissement de la dette paysanne en vertu du principe de rétablissement de l’égalité devant les charges publiques.
La création d’un Fonds d’intervention pour la campagne afin de revaloriser les zones rurales en difficulté et de réduire les inégalités entre les territoires, notamment sur le plan des services publics.
La création d’un Conservatoire du patrimoine viticole et le refus des plans d’arrachage de vignes demandés par l’Union européenne.
Un programme d’’aide à l’installation des jeunes agriculteurs [110 millions]
La revalorisation des retraites agricoles, spécialement pour le conjoint survivant. La retraite agricole minimum sera fixée à 85% du SMIC.
L’agriculture française bénéficiera d’une loi Achetons français qui obligera les administrations d’Etat et les administrations des collectivités territoriales, ainsi que les cantines et restaurants d’entreprise, à se fournir prioritairement en denrées alimentaires produites en France
L’excellence de la recherche agronomique française doit être renforcée et remise au service des agriculteurs (amélioration des sols) et des consommateurs.
Le droit des agriculteurs à ressemer leur propre récolte et à en disposer doit être sanctuarisé.
Les mesures favorisant un partage de la valeur ajoutée plus favorable aux producteurs seront considérablement renforcées, notamment par la régulation et la simplification des circuits de distribution et la régionalisation des achats publics (au moyen d’une modification du Code des marchés publics), ainsi que par la promotion des systèmes coopératifs entre producteurs
Une lutte renforcée contre les ententes entre centrales d’achat et les abus de position dominante de la grande distribution sera menée, grâce à un renforcement des moyens de l’Autorité de la Concurrence à laquelle la loi fixera en outre une mission plus ambitieuse et l’adoption – enfin- d’une loi sur les recours collectifs.
Toute tentation des institutions européennes d’accepter dans le cadre de l’OMC de nouvelles réductions des tarifs douaniers, du soutien interne, des subventions à l’exportation ou de la protection des indications géographiques rencontrera d’emblée l’opposition de la France. La spécificité de l’agriculture doit être reconnue au sein de l’OMC… ou alors l’agriculture européenne (ou, à défaut, française) doit sortir du champ de l’OMC.
Pour garantir la sécurité alimentaire, les importations en Europe doivent être soumises aux mêmes contraintes phytosanitaires que celles imposées à nos paysans producteurs. Cette exigence sera imposée par l’intermédiaire des droits de douanes.
Le patriotisme agricole sera la règle, dans le but de garantir l’intérêt stratégique vital que constitue l’indépendance alimentaire de la France. Les importations doivent se limiter aux produits pour lesquels notre pays n’est pas autosuffisant.
Un mécanisme de soutien interne doit être rétabli pour garantir aux agriculteurs des prix minimums et stables.
L’emprise de la finance sur le marché des matières premières agricoles doit être limitée notamment par la restriction des opérations purement spéculatives, la lutte contre la manipulation des marchés et la mise en œuvre de moyens publics de régulation des prix (stocks d’intervention).
Pêche
Gérée à l’échelon européen, la pêche professionnelle française subit la multiplication de directives qui ont pour principal objectif la diminution accélérée de la flotte. L’absence de perspectives et la gestion aléatoire des ministères successifs découragent l’initiative et l’investissement. Les mesures mises en place pour faire face à l’augmentation des prix du gazoil sont insuffisantes. L’empilement de normes inadaptées et le vieillissement des navires augmentent les risques d’accident dans une profession qui reste l’une des plus dangereuses. La situation des matelots de la grande pêche est alarmante : conditions de travail extrêmes, salaires bas et précarité sont autant de tabous que les autorités politiques et professionnelles se refusent à aborder.
La réforme actuelle de la Politique commune de la pêche menace directement la survie de la flotte artisanale française. L’instauration de quotas cessibles (QIT pour Quotas Individuels Transférables) mènera inéluctablement à l’accaparement des ressources halieutiques par une poignée de multinationales. Notre littoral, nos ressources naturelles et l’avenir d’une centaine de ports et de dizaines de milliers d’emplois appartiennent à tous les Français et n’ont pas à être privatisé au profit d’intérêts purement commerciaux. Cette libéralisation est imposée par la Commission Européenne au nom de la préservation des ressources. Un argument des plus contestables quand on sait que cette nouvelle Politique commune de la pêche devrait aboutir au démantèlement des unités artisanales actuelles et à la disparition d’une partie des savoirs faire les plus respectueux de l’environnement, tant du point de vue du bilan carbone que de la gestion des fameuses ressources. Cette réduction draconienne et injustifiée de la flotte artisanale côtière aura un coût social très lourd en privant des milliers de marins et de mareyeurs de leurs emplois. Des emplois que quelques gros armateurs concentrés dans moins de dix ports seront bien incapables de fournir.
Nous sommes persuadés que la pêche professionnelle est vitale à l’équilibre de notre littoral. Une gestion responsable des ressources halieutiques est tout à fait compatible avec la préservation de notre flotte de pêche. Ce défi ne peut être relevé qu’en encourageant l’initiative, la modernisation des navires et l’amélioration des techniques de capture, et non en envoyant à la casse des centaines d’unités pour concentrer le secteur aux mains des multinationales de l’agroalimentaire et de la distribution. En conséquence, nous rejetons en bloc l’intégralité de la Politique commune de la pêche telle qu’actuellement négociée. Le système des quotas en vigueur, adossé à une conception libérale du partage des ressources, ne permet pas un suivi adéquat des stocks disponibles car il est appliqué à des zones trop vastes et manque totalement de souplesse. Nous entendons lui substituer un système basé sur la saisonnalité et la sélection des modes de captures, plus simple à mettre en œuvre, à faire évoluer et, surtout, moins contraignant pour les marins pêcheurs. Nous souhaitons gérer intégralement à l’échelon national notre Zone économique exclusive (ZEE) et revenir à des accords bilatéraux quant au partage des autres zones de pêche, situées hors de notre ZEE, sur lesquelles les équipages français sont traditionnellement présents.
Conchyliculture
La conchyliculture est une autre activité traditionnelle de nos côtes. Ce secteur subit depuis plusieurs années des difficultés principalement liées à des problèmes sanitaires (surmortalité des huitres, pollution des eaux et prolifération des algues vertes). Il est urgent de mettre en place un plan d’aide direct aux producteurs efficace, sous peine de voir disparaître un tiers des producteurs dans les années à venir.
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EVA JOLY (Europe Ecologie Les Verts)
Son programme se découpe en 5 grands points, divisés en 23 engagements. Son slogan : « L’écologie, la solution»
Découpage des propositions en liens avec alimentation/agriculture : Eva Joly aborde la question de l’agriculture dans le 5e engagement du point 2 (« Une agriculture paysanne pour une bonne alimentation.)
Rappels et constats divers
40 % de l’économie mondiale repose sur les services rendus par la nature. Réconcilier l’humanité avec son environnement, avec la nature, est au cœur de la démarche des écologistes. Il est temps pour la France d’assurer la préservation des aires naturelles remarquables et ordinaires, de rénover sa politique de la mer, de relancer la gestion écologique de la forêt. En plus de l’instauration de l’écoconditionnalité des aides publiques, ces nouvelles pratiques trouveront leur traduction dans la Charte de l’Environnement par l’introduction d’un nouveau principe : le principe de “non régression”.
Point 2 – Améliorer notre quotidien avec la transition écologique - 5e engagement – Une agriculture paysanne pour une bonne alimentation
« En un demi-siècle, les lobbies de l’agro-alimentaire ont rendu notre nourriture trop grasse, trop salée, trop sucrée. Les enfants, matraqués par la publicité, prennent de plus en plus tôt des habitudes de “mal-bouffe”. De leur côté, des agricultrices et des agriculteurs deviennent malades des pesticides, et celles et ceux qui veulent se lancer dans l’agroécologie peinent à trouver des terres. Sous prétexte de “nourrir le monde”, l’Europe empêche les cultures vivrières de se développer dans des pays du Sud. Dans le même temps, ses importations accélèrent la déforestation et la crise climatique. Il est temps pour la France d’adopter un nouveau modèle agricole et de défendre en Europe une Politique Agricole Commune permettant l’accès à une alimentation saine et diversifiée, accessible à toutes et tous, produite par des paysans plus nombreux, équitablement rémunérés, et travaillant dans un environnement préservé. »
1/ Une alimentation saine passe par le développement de l’agriculture biologique, dans le cadre de la conversion générale vers l’agroécologie. Sur le modèle de la loi SRU, les collectivités seront incitées à convertir au minimum 20 % de leurs surfaces agricoles utiles à l’agriculture biologique d’ici la fin du quinquennat. L’objectif doit être de permettre, dans un premier temps, une alimentation 100 % bio dans les cantines de nos enfants, pour les crèches et les maternelles d’ici la fin du quinquennat.
2/ Un plan national de prévention de l’obésité sera élaboré : les seuils de qualité pour l’agroalimentaire seront renforcés, la publicité encadrée. Une campagne permanente d’information et de sensibilisation à l’équilibre alimentaire et à l’activité physique sera entreprise.
3/ L’objectif de réduction de 50 % des pesticides d’ici 2018, issu du Grenelle de l’environnement, deviendra prioritaire. Mais il ne peut s’agir que d’une étape. L’horizon que l’on doit se fixer, pour et avec les agriculteurs, c’est la sortie des pesticides en une génération.
4/ Pour mener une vraie politique de développement territorial agricole en faveur de l’emploi, de l’environnement, des productions de qualité et des circuits courts, une réforme foncière doit être engagée. La priorité ne sera plus donnée à l’agrandissement et à l’hyper-industrialisation. L’artificialisation des terres agricoles sera fiscalement découragée.
5/ La France portera au sein de l’OMC le droit inaliénable des peuples à produire leur propre alimentation, par une protection efficace contre le « dumping » à l’export de nombreux pays industrialisés et émergents, et contre la privatisation des semences. Elle promouvra une régulation internationale permettant de protéger les agriculteurs et les consommateurs de la spéculation et de la volatilité des prix.
Son programme se découpe en 6 chapitres, divisés en nombreux engagements. Son slogan : « La France Solidaire»
Découpage des propositions en liens avec alimentation/agriculture : François Bayrou aborde la question de l’agriculture dans le chapitre 2, au 7e point
Chapitre 2 – Produire – 7e point – Une agriculture compétitive, préservée et durable
« La politique agricole commune dans le cadre de la réforme en cours à l’horizon 2013 sera défendue avec trois objectifs non négociables :
- Le premier : défendre non seulement des productions, mais le tissu des producteurs, des exploitations familiales viables dont nos sociétés ont besoin pour conserver leur équilibre et défendre la ruralité. Le premier objectif de la politique agricole commune est de défendre les agriculteurs qui sont les producteurs et qui animent le tissu agricole de notre pays.
- Le deuxième : permettre que les productions agricoles soient payées à leur juste prix, que les agriculteurs puissent en vivre sans avoir besoin d’intervention extérieure des pouvoirs publics et, compte tenu de l’entretien de l’espace et du patrimoine naturel dont on leur confie la charge au bénéfice de toute la société, obtenir des prix agricoles et des revenus agricoles qui compensent ces efforts d’entretien.
- Le troisième : obtenir une agriculture respectueuse de l’environnement, par une agriculture raisonnée, par une agriculture biologique avec des circuits de commercialisation courts et qui sera en elle-même une défense de notre patrimoine nature.
Autres points :
- Encourager la filière viticole française qui a des atouts considérables.
- Redynamiser les filières de nos industries agro-alimentaires.
- Favoriser une conception nouvelle des bateaux de pêche, consommant moins de gasoil et la co-expertise scientifique sur la pêche en réunissant des scientifiques désignés par les autorités politiques et des scientifiques désignés par les pêcheurs. »
Franck Pinay-Rabaroust


















3 Responses to “Politique – Chez nos candidats à la présidence de la République, l’assiette est avant tout… fiscale. Tour d’horizon des engagements des uns et des autres en matière agricole”
15/04/2012
RAOn s’étonne que le programme de François Bayrou soit passé à la trappe… le seul « candidat-agriculteur », pourtant !
15/04/2012
adminMonsieur,
Vous avez raison ! Je n’ai pas le droit de dire que c’est un oubli. Pire, c’est une négligence de ma part. Que je m’empresse de corriger en ajoutant son programme aux cinq déjà présents.
Merci pour votre remarque pertinente.
Bien à vous,
Fpr
15/04/2012
RAJe me disais bien…! En tous les cas, belle initiative que de mettre un coup de projecteur sur ces thématiques, dont certes on entend moins parler qu’à l’époque des premiers débats sur la PAC !