La folie Inaki made in Chateaubriand, les copinages Fooding et un classement au Fifty Best Restaurants provocant à souhait a fait du Dauphin, il y a quelques années, le restaurant le plus tendance du moment. Depuis, beaucoup d’autres adresses ont pris sa place dans le cœur des journalistes et des blogueurs. Pas forcément des clients qui viennent ici souvent en habitués ; le petit côté famille du XIe arrondissement parisien qui fait que l’on pardonne plus facilement les inconstances et les imperfections. Mais il y a tout de même des limites…
Client, je l’ai été dès les premières heures de ce Dauphin, en bon voisin que j’étais à l’époque. Horrifié par la cuisine, je l’ai été lors de mon dernier repas. Inutile de tenter de faire de la prose après un tel repas, un simple inventaire de mon mécontentement suffira :
. Accueil froid comme un glaçon,
. Décor froid (mais ça, on le sait d’avance, et on l’accepte…),
. Légumes du plat principal arrivés froids et absolument pas cuits (j’accepte la tendance « crue » actuelle ; mais là, c’était du foutage de gueule en bonne et due forme ; le plat est reparti en cuisine ; pas un mot d’excuse, rien !),
. Présentation minimale : trois petits légumes jetés dans l’assiette,
. Accompagnement similaire pour le poisson et pour la viande (ce qui montre la folle envie du cuisinier de faire plaisir à ses clients),
. Dessert indigent (c’est le seul dont j’ai envie de citer les produits : trois petits morceaux de poire, une mousse au chocolat chaude, sans relief, sans texture, sans goût),
. Un café – de l’Arbre à Café d’Hippolyte Courty ; un café normalement exceptionnel – parfaitement dénaturé par le maître des lieux lui-même,
. Un brouhaha infernal.
Après un tel repas, il n’y a rien à ajouter. A quelques encablures, d’autres tables ont pris le relais de la qualité et de la convivialité. Habitués ou pas, il faut vraiment avoir les yeux fermés – et les papilles inertes – pour conserver son rond de serviette dans cet établissement. A moins qu’il ne s’agisse finalement que d’un repas raté. Un jour sans comme nous en avons tous… Là est la limite de l’exercice de la critique. Mais les limites de l’indigence culinaire ont été largement dépassées lors de ce repas. Et ça, il faut oser l’écrire. Ensuite, à chacun de se faire son avis…
Franck Pinay-Rabaroust
Le Dauphin – 131 avenue Parmentier – Paris (11e arr.) – 01.55.28.78.88
Crédit photo – Wallpaper



















8 Responses to “Table – Coup de gueule au Dauphin (Paris, 11e arr.)”
03/03/2012
brigitte régisMerci Franck, rayé de ma liste ( où il ne figurait pas de toute façon, je suis pas fan des hypsters cantines. )
Brigitte
03/03/2012
Jean-LouisOu comment surfer sur le succès, basque élégamment négligé ils sont comme les autres..on aime bien les chercheurs d’or, le problème c’est quand ils l’ont trouvé…
03/03/2012
ClaudeDu snacking et rien d’autre. Merci de dire que ce n’est que du foutage de gueule.
03/03/2012
Chrisosréponse (au premier degré) : en effet l’endroit n’a aucun intérêt au déjeuner (http://chrisoscope.com/2012/02/27/le-duel-bobo-fooding-de-lest-2011-septime-contre-dauphin-au-dejeuner/)
il parait que c’est mieux le soir avec les tapas, mas faut vraiment être motivé pour avoir envie d’y retourner après un déjeuner…
08/03/2012
Guillaume Le RouxEntièrement d’accord avec Chrisos : aucun intérêt au déjeuner et faut du coup être motivé pour aller enquiller un festival de tapas à 50 et qq le soir, même si un pote vous en parle l’oeil ému.
J’ai beaucoup aimé :
- tous les gens au comptoir qui mangeaient avec leur veste sur les genoux
- les chaises sont en rond et les vestes ne tiennent donc pas dessus
- l’echo d’une piscine vide puisque la déco est faite de marbre
- enfin le jus de tomates à 7 euros sans aucun assaisonnement, très très balèze. J’ai demandé s’il n’y avait vraiment rien, on m’a dit : « y aura peut-être du tabasco vert en cuisine » et c’est ce que j’ai eu.
Il m’a fait Flipper le Dauphin.
19/07/2012
isabelle danielj’ai beaucoup aimé le concept culinaire, le choix de tapas proposé.
La cuisine est délicieuse, juste.
Les vins de petits récoltants proposés sont à des prix raisonnables.
Par contre, en effet, un point vraiment négatif, l’accueil …hallucinant de rencontrer un restaurateur aussi désagréable…dans ce cas là mieux vaut ne pas être en salle.
Est ce pour se donner un air faussement parisien, totalement dépassé d’ailleurs? En tout cas c’est assez désagréable pour dissuader les potes d’y aller.
Egalement le bruit de la salle, allié au bruit de la rue ( proche de l’hopital St Louis )…de la folie tellement c’est bruyant.
02/10/2012
Alain LefurDès l’ouverture, on avait pu voir que les dés étaient pipés comme le démontre cet article (bien documenté !) sur Le Dauphin .
J’y suis bien sûr allé. C’est bien comme il disent : des trucs sympas… combinés avec des flops.
Alors c’est un peu comme au loto, on peut gagner, mais pas à tous les coups, et il y a des jours où on perd sur tous les tableaux !
02/10/2012
Alain LefurBis… manquait un lien !
Dès l’ouverture, on avait pu voir que les dés étaient pipés comme le démontre cet article (bien documenté !)sur Le Dauphin : http://www.parisgourmand.com/restaurant_paris/restaurant_paris/le_dauphin.html
J’y suis bien sûr allé. C’est bien comme il disent : des trucs sympas… combinés avec des flops.
Alors c’est un peu comme au loto, on peut gagner, mais pas à tous les coups, et il y a des jours où on perd sur tous les tableaux !