En terre française, la gastronomie est un piège présidentiel. Elle vous enferme un président tout fraîchement nommé dans une néfaste image aussi rapidement qu’une réforme mal ficelée. Si Nicolas Sarkozy s’est ridiculisé tout seul au Fouquet’s, comme un grand, dès son élection proclamée, François Hollande s’est déjà fait remarquer pour son amour immodéré des… hamburgers. Et celui qui s’est permis de lui rappeler ce travers culinaire n’est autre que le président américain Barack Obama. Ca pèse son poids.
Chaque président français a, comme chacun de nous, ses préférences culinaires. François Mitterrand fréquentait assidument le Fouquet’s – toujours à la même table, la 83 – sans que l’on ne sache ce qu’il y mangeait exactement. Le soir du 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy y a mangé un risotto aux artichauts et aux crevettes, suivi d’une pièce montée composée de riz soufflé et de roses des sables (un dessert d’enfant !). Si l’on remonte dans l’histoire de la Ve république, Jacques Chirac a marqué son temps. Non pas seulement parce qu’il a fait manger des pommes à toute la France en 1995, mais également pour son amour immodéré de la tête de veau et autres plats rabelaisiens. Quant au Général de Gaulle, « la soupe, toujours la soupe » aimait-il répéter à ses convives d’un soir à l’Elysée. « De la soupe » disaient également d’autres convives à Nicolas Sarkozy. Mais eux parlaient plus probablement de musique, mais c’est une autre histoire…
Et voilà que le président Barack Obama himself vient rappeler, non sans humour – et perfidie ? -, le sujet d’études de l’étudiant Hollande outre-Atlantique : les chaînes de fast-food. C’est un moyen comme un autre de rappeler que le nouveau président français aime les hamburgers et les « french fries », la chose étant par ailleurs confirmée par la « first girl friend » Valérie Trierweiler. François Hollande a même reconnu, dans une interview pour le Times, qu’il aurait pu « faire fortune dans les cheeseburgers » mais qu’il a « finalement choisi la politique. » Très probable que cette phrase aurait pu être prononcée par son prédécesseur, même s’il fréquentait également des palaces comme le Bristol ou le Meurice…
Si seulement Brillat-Savarin vivait encore… Lui qui, dans son aphorisme le plus célèbre, avance la thèse suivante : « dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es », il aurait pu nous en dire beaucoup sur le nouveau président de la France. Reste que cette piqûre de rappel donnée par Barack Obama pourrait marquer à la culotte celui dont on ne savait encore rien de ses préférences culinaires. Pendant ce temps-là, Michelle Obama faisait visiter son potager bio de la Maison-Blanche aux first ladies, symbole de la lutte contre l’obésité infantile. Il y a des anecdotes qui peuvent peser lourd dans la balance. Dans le match gastronomie et équilibre alimentaire : Etats-Unis, 1, France, 0.
Franck Pinay-Rabaroust















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