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La Super Supérette : « Avec de la créativité, on peut éviter d’aller au supermarché »

Plusieurs livres récents tentent, avec succès, de proposer aux gourmands nostalgiques des recettes pour refaire des aliments industriels avec des produits non industriels. Certains recherchent la perfection, l’illusion, le tour de force, d’autres comme La Super Supérette s’approchent du modèle en revendiquant justement les imperfections. Le site de Mélanie Guéret et Lucie de la Héronnière présente quarante-et-un produits revus, voire corrigés : le Dandys façon Dany® , les Victorieuses façon chips Vico®,  les Truculents façon Tuc® ou encore les Mirobolants façon Mikado®.

Atabula – Comment vous est venue cette idée de La Super Supérette ?

Mélanie - Il me restait un peu de pâte à gâteau, j’ai fait des Choco Princes. J’ai envoyé la photo à Lucie, qui m’a dit tout de suite qu’il y avait un truc à faire.

Lucie - L’idée est venue après l’envie. Le principe était bien, mais il fallait apporter quelque chose d’intéressant, trouver un ton pour notre blog, une ligne pour le rendre attrayant.

Pourquoi refaire à la maison des produits de l’industrie ?

Lucie - D’abord pour le fun et la gourmandise, mais nous voulons surtout, nous mêmes, bien manger. Avec de petits efforts et de la créativité, on peut éviter d’aller trop souvent au supermarché. Mais La Super Supérette n’est pas un acte militant. Elle n’a pas d’autres revendications qu’ouvrir un champ créatif et gourmand avec une vraie volonté de consommer de façon responsable et éclairée.

Mélanie - On essaie de rappeler que la nourriture ne se trouve pas seulement  en linéaire. J’adore aller voir les packagings, les graphismes des emballages mais si on n’y prend pas garde, on oublie la nourriture et on ne voit que des boîtes avec des trucs qui se mangent dedans.

En somme, vous remettez de la nourriture dans l’industrie ?

Lucie - On voudrait rappeler que dans les gâteaux ou les produits que nous essayons de refaire, il y a des ingrédients de base, très communs. On peut ensuite choisir de les acheter soit au supermarché, soit chez un épicier, bio ou non. A chacun de choisir de manger telle ou telle chose, des produits tout faits ou non.

D’ailleurs sur votre blog, vous publiez toujours la liste exhaustive des ingrédients industriels, puis la vôtre.

Lucie - C’est intéressant de voir que la liste des ingrédients industriels est très longue et souvent plus que la nôtre. C’est important de savoir lire les étiquettes. On montre aussi que cuisiner chez soi n’est pas forcément plus light, moins sucré ou plus équitable. Cela dépend des produits qu’on trouve pour faire notre recette.

Mélanie - Nous le faisons dans un souci d’honnêteté vis à vis des lecteurs et des marques pour apporter de l’information. Nous ne jugeons pas, nous n’attirons pas l’attention sur des composants particuliers, à chacun de s’informer. Et puis les ingrédients que nous utilisons sont aussi composés de beaucoup de choses. Ce n’est pas parce qu’on prépare à la maison qu’on échappe à l’industrie.

 

Le Poli, façon Napolitain®

Le Poli, façon Napolitain®

Faut-il des connaissances techniques pour réaliser ces recettes ?

Lucie - On cuisine beaucoup, mais nous sommes autodidactes, ça se voit sur les photos. Le résultat est un bricolage qui ferait frémir un vrai pâtissier ou un chef.

Mélanie - On est spécialiste des hérésies pâtissières qui marchent et on dit que ces maladresses font partie du charme de La Super Supérette. On veut aussi utiliser le moins de matériel possible ou en tout cas un matériel que tout le monde a dans sa cuisine pour que nos recettes soient réalisables facilement. Les résultats photographiés ne sont jamais les premiers essais.

Comment choisissez-vous les produits que vous refaites ?

Lucie - On a des souvenirs, des goûts d’enfance, des attirances, des amis nous demandent de retrouver leurs propres souvenirs gustatifs.

Mélanie - Par exemple, les Charmants d’après Chamonix®, c’est toi qui les a faits. Je n’en avais jamais goutés alors que les Dandys façon Dany®, c’est vraiment ma crème d’enfance. Même si nos parents nous nourrissaient bien, on a été élevées aux produits industriels. Lucie et moi faisons partie de la première génération post-tartine au goûter.

Y a t-il des produits qui vous résistent ?

Lucie et Mélanie - Les bonbons gélifiés.

Lucie - Pour éviter la gélatine industrielle, on a essayé avec de l’agar-agar mais ça ne marche pas vraiment, c’est trop aqueux. Mais on va trouver. On ne bannit pas d’ingrédients a priori, du moment qu’on peut l’acheter facilement.

Avez-vous des contacts avec les industriels ?

Mélanie - Pas vraiment, ils nous laissent tranquilles. Ils nous connaissent, mais rien de plus.

Lucie - Quand on a mis en ligne la recette et les photos des Victorieuses d’après Vico®, l’entreprise nous a envoyé un carton de chips pour nous remercier, car on avait réussi à refaire le produit avec les mêmes ingrédients qu’eux.

Mélanie - On respecte les marques, elles existent, il n’y a pas de raison de les attaquer ou alors c’est un autre projet que La Super Supérette. Consommer ou pas des produits industriels, c’est une affaire personnelle. Nous proposons une alternative.

Combien de temps faut-il pour mettre au point une recette ?

Lucie - Difficile à dire. Le plus long, c’était le Napolitain® car nous voulions vraiment que notre gâteau ressemble à l’original. On a eu du mal à  trouver la bonne consistance pour la Danette® à la vanille. Pour le moment, on a mis de côté le Gerblé® Soja Orange ; travailler le soja, c’est difficile.

 

Les Dandys, façon Dany®

Les Dandys, façon Dany®

A lire le nombre de commentaires sur votre blog, les 12 700 J’aime sur votre page Facebook, on a l’impression qu’il y a une communauté qui vous suit…

Mélanie - Ça a pris de l’ampleur avec le livre. Les éditions Tana étaient intéressées et ça s’est fait assez vite. Ensuite, et ça va avec notre façon de voir les choses, on fait attention à répondre à tout le monde quand la question, le commentaire appelle une réponse ou un conseil. Il y des gens très différents qui nous suivent. Des militants, des grand-mères, des jeunes filles s’amusent à refaire les produits achetés par les parents.

Lucie - Maintenant on touche aussi des mamans, certaines nous écrivent pour nous raconter qu’elles refont nos recettes pour donner des goûters plus sains à leurs enfants ou en tout cas des produits dont elles connaissent mieux la composition.

Votre blog est remarquable, il ne parle pas que de votre cuisine mais de la société en général. On comprend aussi que la nostalgie n’est plus dans les recettes de grand-mère mais dans les produits de l’industrie. Vous brisez joyeusement certains codes très établis de la culture culinaire.

Mélanie – Oui, tout a un rapport avec tout, la télé, la pub, les films, les gâteaux sous vide, les bonbons, les oursons en guimauve, les magazines. On joue beaucoup avec les codes de notre génération. La nostalgie s’est renversée mais avec des préoccupations différentes. On ne cherche pas uniquement à retrouver un goût, une sensation.

Lucie - Ce qui est cool, c’est d’être aussi dans l’invention permanente, le défi, l’expérimental. En ce moment, on travaille des choses très variées : le feuilletté-sucré, un truc de grand-mère, le Carambar®, les raviolis Buitoni®, les gâteaux apéro et le couscous Garbit®.

Y-a-t-il a des produits dont vous préférez la version industrielle à la vôtre ? Question piège…

Mélanie - Le Saint Moret®, je n’ai rien réussi qui l’approche. J’adore aussi les nounours Haribo® à la guimauve mais je ne préfère pas regarder ce qu’il y a dedans. Nos essais n’ayant pas été concluants, nous continuons avec la version industrielle…. Il y a aussi les Granola®, qui ont un goût spécial, notre Grandiloquent est plus nourrissant et laisse un meilleur goût dans la bouche, mais l’original est inoubliable.

Lucie - Il ne faut pas oublier que les produits industriels ont des fans inconditionnels comme pour le Nutella®. Là impossible de les faire changer….

Propos recueillis par Stéphane Dubreil

Lucie de la Héronnière, 25 ans, est  journaliste free-lance (Astrapi, Slate et 20 minutes).

Mélanie Guéret est graphiste free lance dans la presse et l’édition (Milk, Courrier International, Dargaud, Je bouquine).

Lien vers la page Facebook

Lien vers le site La Super Supérette

 Les recettes de la Super Supérette , 40 recettes pour revisiter les produits cultes de votre supermarché, Tana Editions. 

 

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Posté par le 18/09/2013. Classé dans ACTUALITÉ,VOIR. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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