Que le gastronome-touriste le sache, une nouvelle route à dévorer vient de se dessiner rive droite. Pas dans les beaux-quartiers, saturés en adresses « costiques », mais plutôt du côté Canal Saint-Martin/Goncourt/Belleville. Quand la Chine s’endort à Belleville, la bistronomie se réveille…
Proposition d’itinéraire : partez du Verre Volé, rue de Lancry, enseigne historique du vin nature, désormais dotée d’une cuisine digne de ce nom, continuez tout droit, franchissez le canal, virez à droite et vous tomberez tôt ou tard sur l’Inaki’s Corner : le Dauphin et le (déjà parodié) Chateaubriand. Puis reprenez votre route, à gauche toute, montez doucement la rue Sainte-Marthe, les yeux rivés sur votre droite pour apercevoir le très souriant Pablo faire déguster les huiles d’olive de Cédric Casanova (un must ; table d’hôtes le soir), le Galopin (on y retourne dans quelques lignes, patience…), la Contre Etiquette (belle cave à vins ; également table d’hôtes) puis on embraie sur la rue de Belleville avec le Chapeau Melon (encore du vin très nature) et l’incontournable Baratin qu’on ne présente plus*. Ca monte, ça monte, ça tire la langue par manque de souffle pour les moins sportifs et pour les soiffards à sec.
Ancien second de William Ledeuil
Revenons donc à ce Galopin plutôt bien élevé, ouvert il y a à peine trois mois par le chef Romain Tischenko, ancien second de William Ledeuil, et son frère Maxime en salle, réservé mais souriant. Cadre de bistrot épuré, cuisine ouverte, quelques bouteilles mises en évidence sur le bar, grandes baies vitrées ouvertes sur la croquignolette place Saint-Marthe, tables en bois et carrelage dans le jus font que l’on a envie d’en savoir plus côté assiette avec un a priori des plus positifs.
La carte n’en fait pas des tonnes pour vous exciter les papilles. Ce jour, le menu proposait trois couples : butternut/salsifis/satey ou raviolis/fenouil/citron en entrée ; veau de lait/betterave/oignons ou cabillaud/choux-fleur/kalamata pour le plat puis dacquoise/agrume ou poire/noix pour la note sucrée. Bon ? Oui, voire même très bon pour le butternut avec un jeu de textures, de saveurs et de couleurs bigarrées qui ne laisse pas indifférent, alors que les raviolis jouaient habilement sur les teintes pâles mais manquaient l’uppercut gustatif par manque de peps. Quant au veau de lait (bon), on le retrouve servi avec l’omniprésente betterave, légume chéri des jeunes chefs actuels, mais qui fait (presque) toujours plaisir en bouche. Un plat sans surprise mais qui tient honorablement la route dans le cadre d’un menu à 24 euros pour l’entrée/plat/dessert.
La maison ne se démarque pas spécialement côté fournisseurs : huile de la Tête dans les Olives, légumes de chez Annie Bertin et autres produits de chez Terroirs d’Avenir (décidément partout !). Comme dans la plupart de ces nouveaux établissements, la carte des vins propose les incontournables Foillard (Morgon Cote du py 2010 à 44 euros), Villemade (Cheverny Les Ardilles 2010 à 32 euros), Richaud (Cairanne 2010 à 39 euros) et Chidaine (Sauvignon de Touraine, 2010, à 17 euros le pot de 50cl).
Voilà une nouvelle table à petits prix, avec une offre qui n’a pas pour elle la transcendance de la nouveauté gustative mais qui a l’immense avantage d’être très bien réalisée. Le Galopin a également le mérite de s’être posé sur une place parisienne méconnue et qui avait besoin d’un tel établissement. En face, la Sardine fait probablement partie du top 10 des restaurants les plus mauvais de la capitale ! Nul doute que ce Galopin trouvera sa place dans ce périmètre parisien, entre Canal et Belleville et dont le maillage gourmand ne cesse de se resserrer.
Le Galopin – 34 rue Sainte-Marthe, Paris (10e arr.) – 01.42.06.05.03 – Au déjeuner : 19 euros (plat et dessert), 21 euros (entrée et plat), 24 euros (entrée, plat et dessert) ; au dîner, menu en 7 services à 42 euros.
* D’autres tables intéressantes se situent entre le Canal Saint-Martin et les hauteurs de Belleville. Je pense notamment au Cambodge et Chez Marie-Louise (rue Marie et Louise). Quant à Chez Philou (avenue Richerand), une première expérience avait été très décevante.
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Quelques autres tables « coup de coeur »
Dôme (Belgique, Anvers) – Lien vers l’article
Vivant (Paris, 2e arr.) – Lien vers l’article
Kigawa (Paris, 14e arr.) – Lien vers l’article
Itinéraires (Paris, 5e arr.) – Lien vers l’article
Le Cornichon (Paris, 14e arr.) – Lien vers l’article

















4 Responses to “Coup de coeur au Galopin (Paris, 10e arr.)”
05/01/2012
zafira - recetas facilesLe Butternut, salsifis, satey semble très sain, je voudrais essayer un jour. Voulez-vous me dire la recette?
07/01/2012
severinemerci pour le commentaire….quand venez vous en Finistère?
13/03/2012
Le Galopin (Romain Tischenko), rue Ste Marthe, 75010 Paris : vraiment bien![...] Des rappels plus récents, toujours dans la même veine, chez FoodUp!FoodDown!, Pudlo, Ptipois, aTabula… Proposé une première fois par Mix pour un diner bloggueurs, nous nous retrouverons [...]
11/12/2012
AlexisBonjour,
J’ai personnellement beaucoup apprécié mon passage un vendredi soir. 44 euros pour 2 mises en bouche, 1 entrée, 1 viande, 1 poisson et 2 desserts, je trouve ça plus qu’honnête. En plus c’était bon ! Juste un bémol sur les desserts, bons mais pas frcassants à mon gout…