Widgetized Section

Go to Admin » Appearance » Widgets » and move Gabfire Widget: Social into that MastheadOverlay zone

The World’s 50 Best Restaurants : l’anti-Michelin

par Franck Pinay-Rabaroust /

50 BestLa France n’aime pas le World’s 50 Best Restaurants. La France n’aime plus le Michelin. Biberonné à coup de « liberté, égalité, fraternité » depuis sa première tétée, le Français n’aime ni les classements superfétatoires – le nouveau classement du 50 Best sera annoncé ce lundi 29 avril -, ni les symboles de l’ancien temps qu’incarne si parfaitement le guide rouge.

Pourtant leur modèle de fonctionnement est parfaitement antagoniste. L’un est anglais, international et pétillant – grâce à la bulle (spéculative) du sponsor San Pellegrino -, l’autre est français, un brin chauvin et austère comme un Auvergnat de Clermont-Ferrand. Happening d’un soir contre poids de l’histoire centenaire : c’est soirée de gala contre veillée monastique. D’un coté, patronymes des votants connus, reconnus et choyés comme il se doit, de l’autre, le sombre anonymat « inspectoral » aux critères de sélection kafkaïens. Deux modèles que tout oppose. Sauf  l’indifférence et un certain rejet des littérateurs et des critiques en tout genre.

Si un consensus a minima existe encore autour du guide Michelin, rares sont ceux à défendre ne serait-ce qu’un peu le classement du World’s 50 Best Restaurants en France. Peur du crime de lèse-majesté ? Peur d’être surpris à frayer avec des sponsors trop puissants ? Bien évidemment, la notion de classement en gastronomie – et le système de notation qui le sous-tend – est un non-sens. Mais le 50 Best nous oblige tout de même à prendre un petit peu de recul, voire de hauteur.

D’abord parce qu’il remet en cause un certain ethnocentrisme qui consiste à penser que la gastronomie française est la meilleure, alors qu’aucun établissement français ne se positionne dans les dix premiers du classement. Ensuite, il bouscule un certain élitisme gastronomique et renverse ouvertement les codes imposés pendant des années par le Bibendum. Si la quinzième position du restaurant d’Inaki Aizpitarte (Chateaubriand, Paris) ressemble à une effronterie anglaise, cela montre néanmoins l’émergence d’une nouvelle consommation du restaurant, plus libre, moins codifiée. Cette tendance ne cesse d’ailleurs de s’amplifier, de Lima à Sidney, en passant par Sao Paulo ou New York.

L’onction divine du Michelin contre le coup de projecteur du World’s 50 Best Restaurants. Par delà leurs antagonismes, voilà deux systèmes de mise en valeur de la créativité culinaire. Partiaux et imparfaits. Mais ils ont le mérite d’exister. Arrêtons d’ignorer le World’s 50 Best Restaurants.

Faviconfondblanc20g

Franck Pinay-Rabaroust

Faviconfondblanc20g

.

À LIRE ÉGALEMENT
-----------------------------------------------------------------------------------------------
La gastronomie en gare serait-elle définitivement condamnée à la médiocrité ?
-----------------------------------------------------------------------------------------------

Le barbecue est « gastronomique » pour près d’un Français sur deux

-----------------------------------------------------------------------------------------------

Viande bio dans l’assiette : c’est pas gagné
-----------------------------------------------------------------------------------------------

Posté par le 28/04/2013. Classé dans 50 BEST RESTAURANTS,ÉDITO,OPINION. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

4 Réponses à The World’s 50 Best Restaurants : l’anti-Michelin

  1. Pingback: Libé food aime : The World’s 50 Best Restaurants : l’anti-Michelin

  2. Roux

    30/04/2013 a 11 h 21 min

    Commençons plutôt à ignorer ce classement, qui se base sur des notations par dessus la jambe. Chaque membre du jury doit choisir 7 ou 8 restaurants qu’ils ont testé au moins une fois. Seulement, aucune note de frais pour prouver un « test » ou aucun huissier de justice pour confirmer la véracité d’une note. Ce classement est régi par le bling bling et le buzz, donc sans Aucun intérêt. Déçu que vous relayez l’information sans définir les vrais « termes » de la notation…

  3. Claire

    10/05/2013 a 13 h 52 min

    Je suis bien d’accord – et surtout autorisons nous le luxe de prendre du recul : ces classements sont davantage faits pour alimenter le débat que pour être pris au premier degré. On adore tous cela au fond de nous, comme la cérémonie des césars ou les pages « in and out » des magazines : on ne les regarde que pour avoir le plaisir ensuite de commenter, contredire, ou approuver : c’est bien là qu’est l’intérêt de ce genre de classements – alors ne gâchons pas notre plaisir.

  4. Pingback: Fifty Best Restaurant et San Pellegrino : Édouard Loubet à contre-courant | Atabula

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>