Aux Deux Amis et… beaucoup plus de journalistes encore !

Il y a dans le journalisme spécialisé, tendance « gastro » en l’occurrence, comme dans le journalisme grand public, peu ou prou, les mêmes règles de fonctionnement. A côté des événements incontournables – le jour où le guide Michelin osera enlever une, voire deux étoiles à Bocuse… -, il y a des non-événements qui, pourtant, sont aussi bien couverts que nos sujets tendance blockbusters. Pourquoi ? Car le journaliste, tel le cancre sur son banc d’école, copie. Cela porte même un nom et constitue une théorie apprise en école de journalisme : la circulation circulaire de l’information.

Prenez ainsi ce qui est arrivé à ce bar dont l’enseigne ne pouvait mentir, « Aux Deux Amis », dans le cœur du très dynamique boboland parisien, la rue Oberkampf. En quelques jours, ce rade en perdition qui ne comptait parmi ses habitués que quelques piliers de comptoirs shootés au muscadet qui fait mal à la tête, a vu défiler toute la planète journaleuse et blogueuse qui parle et reparle de la chose culinaire (voir ci-dessous le calendrier des parutions). La circulation circulaire de l’information vous dis-je. Le réflexe premier de tout bon journaliste est d’observer ce que fait la concurrence, le second n’étant pas autre chose que de ne pas laisser échapper le bon sujet glané par un confrère.

Bistrot de demain

Que sont ces « Deux Amis » si ce n’est une adresse de poche avec sa salle au décor antédiluvien, ses 3 tables extérieures et son grand zinc ? Rien de plus et…. beaucoup plus. Car si l’on peut relever l’énervante tendance des journalistes à parler des mêmes adresses au même moment, il y a néanmoins quelques vérités intéressantes à faire surgir de ce copiage en règle. Et notamment celle-ci : à l’instar de ce que fait un Yves Camdeborde à son Avant-Comptoir, les Deux Amis délivrent des produits solides de qualité (le journaliste qui n’a pas pris et parlé de son assiette de jambon espagnol accompagnée de ses savoureuses amandes, n’est plus digne du métier…) et distillent dans les verres tout ce que la planète compte de bons petits crus « natures » et estampillés « raisins issus de l’agriculture biologique ». Reste néanmoins le principal : à sa manière, les Deux Amis redessinent peut-être le profil du bistrot de demain, celui qui sait habilement renouer avec la qualité des produits, des prix maîtrisés et une certaine convivialité. Sous cet angle-là, l’avalanche d’articles a donc eu au moins un intérêt. Reste que rares seront les p’tis rades de quartier à pouvoir s’offrir une telle couverture médiatique et à littéralement décoller en un rien de temps. Au fait, reste à ne pas oublier le pourquoi du comment d’une telle couverture : notre bar de quartier a été repris par un ancien serveur du médiatique et célèbre – trop, beaucoup trop même –restaurant Chateaubriand (10e arr.). Du coup, et au regard du principe de circulation circulaire de l’information, il ne suffit pas de faire du bon, du pas (trop) cher et du convivial, il vous faut aussi un plus, du genre « produit d’appel médiatique » pour faire se déplacer et s’asseoir un blogueur ou un journaliste. Et ça, malheureusement, c’est une autre paire de manches. Non, le bistrot ne se sauve pas seulement à coups de canons bien mesurés, de savoureux jambons et de barbes négligemment mal taillées.

Aperçu rapide du calendrier (incomplet) des billets/articles consacrés aux « Deux Amis »

30/04/2010 – blog « Onditnous.com »

05/05/2010 – Le Fooding

11/05/2010 – blog « Que de la bouche »

14/05/2010 – Le Figaroscope

21/05/2010 – L’Express

02/06/2010 – blog « Sofoodsogood »

17/06/2010 – Food Intelligence

24/06/2010 – Foog Magazine

15/07/2010 – blog « Chroniques du Plaisir »

A cela, il faut ajouter des parutions dans Télérama, ParisCityMag et quelques autres…

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