Acteurs716… que je vois la vie ! : le blog hors réseau

Bien loin des bloggeurs qui se pressent pour vanter, en chœur, le dernier restaurant à la mode, Guillaume Le Roux préfère les chemins de traverses et s’arrêter là où la caravane ne passe même pas. Qui oserait chroniquer Le Réveil Matin d’Ivry-sur-Seine ou un kebab rue de Clignancourt (18e arr. de Paris) si ce n’est lui et son site 716 …Que je vois la vie ! Mieux, quel bloggeur peut se prétendre assez libre et indépendant pour oser dire qu’il apprécie l’Oasis fraise-framboise sans craindre l’hallali de la blogosphère et de ses parangons de vertu culinaire ? A ma connaissance, personne, sauf lui !

Qualité de la cuisine et l’accueil

Alors, forcément, on ne peut qu’apprécier le travail de Guillaume qui a su apprendre de ses expériences précédentes – dans le secteur de la musique – pour échapper aux chemins moutonniers qui mènent aux mêmes adresses, « louangées » à coups d’invitations bien senties. Franc-tireur au grand cœur, Guillaume ne dézingue pas pour autant à tout va. Il se souvient encore d’une première critique sur son site un peu trop acérée et vengeresse et préfère désormais privilégier ses coups de cœur. Deux critères l’emportent sur tous les autres : la qualité de la cuisine et l’accueil. Pour lui, ce second critère est le grand oublié des guides et des critiques gastronomiques en général. C’est pourtant sur ce point précis que, parfois, va se jouer tout le repas. Un sourire peut faire passer beaucoup de choses !

Sur 716…Que je vois la vie ! (il faut prononcer « c’est ainsi que… »), on ne fait pas dans l’abstrait. Le but est de savoir, à la fin de la chronique, si le lieu vaut le coup ou pas en fonction de ses envies du moment. Un découpage intelligent (le pitch ; le restaurant ; les plats ; le bilan et, parfois, une petite anecdote) permet d’avoir rapidement les informations essentielles. On laisse de côté l’intellectuel trop flonflon pour se concentrer sur le concret.

Hors réseau

Pour trouver ses bonnes petites adresses, Guillaume privilégie son tissu amical et ne néglige aucune piste. Une discussion chez un boucher, un échange anonyme dans un rade paumé ou un nom donné par un de ses clients lors d’une balade en 2CV à Paris (Guillaume est également guide touristique) suffisent pour qu’il parte sur le terrain pour dénicher un nouveau repaire d’amateurs de ripailles.

Hors réseau, hors mode, sans prétention aucune et sans gêner quiconque, Guillaume Le Roux trace son chemin – avec talent – en dehors des autoroutes culinaires choisies par d’autres. Pour autant, il ne critique personne et estime que chacun peut trouver sa place dans l’offre médiatique actuelle. Un point de vue totalement atypique et salutaire qui prouve qu’il existe des offres alternatives et « libertaires » pour sortir des sentiers battus et rabattus.

Lien vers 716… Que je vois la vie !

Franck Pinay-Rabaroust

Haut de page