Terrain – Lyon se mobilise pour sa Cité de la Gastronomie

Qui a dit que la gastronomie était une histoire d’esthète et de foodista ? Pas les Lyonnais, à en croire l’engouement et la mobilisation autour du projet de la...

Qui a dit que la gastronomie était une histoire d’esthète et de foodista ? Pas les Lyonnais, à en croire l’engouement et la mobilisation autour du projet de la Cité de la Gastronomie.

La Cité de la Gastronomie ou comment rendre matériel l’immatériel : le repas gastronomique des Français officiellement reconnu au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2010. Six villes sont en lice pour accueillir une cité qui sera un lieu de culture et de découverte, un centre de ressources et de formation et un pôle de développement économique et touristique. Lyon, Beaune, Versailles, Tours, Dijon et Chevilly-Larue (Rungis) livreront sur un plateau leur candidature le 15 octobre prochain.

Etrangement, la capitale gastronomique mondiale (selon Curnonsky) est restée bien silencieuse. Le berceau de la cuisine est impassible, fait la poule de Bresse mouillée, se terre dans le silence muet comme une carpe pêchée dans la Saône et reste sourd comme un pot de Beaujolais. La ville de Lyon traine aussi ses casseroles : des élus peu intéressés, des professionnels de la restauration pas convaincus et surtout des investisseurs absents. Les carottes seraient-elles cuites d’avance ? D’autant que, pendant ce temps-là le minuteur tourne, des villes comme Tours affichent fièrement le menu et aiguisent leurs arguments sur leur site www.tourscitedelagastronomie.fr

Heureusement Bertrand Gutty, à la tête d’une agence de communication, a su réveiller le Lyon endormi. A la lecture d’un article de presse, il s’étonne de voir que sa ville serait mal engagée pour accueillir la Cité de la Gastronomie. Piqué au vif dans son amour propre de gastronome, il décide de se mobiliser. C’est ainsi que la page Facebook Pour la Cité de la Gastronomie à Lyon voit le jour début septembre 2012. Son but ? « Aider la Ville de Lyon dans sa communication pour mobiliser les Lyonnais à rejoindre le mouvement et créer une synergie positive autour de cette candidature. »

Avec ses équipes, Bertrand s’active jusqu’à créer un logo et des affiches que les commerçants et restaurants peuvent apposer sur leur devanture. Il obtient même le soutien de l’association des cuisiniers des Toques Blanches Lyonnaises. Le buzz ne tarde pas, l’info se propage, les lyonnais semblent réceptifs et s’approprient la candidature de leur ville. A ce jour, et ce en moins d’un mois, plus de 2800 fans soutiennent le collectif. Les fervents défenseurs du projet se sont même rassemblés le 30 septembre dernier sur la place des Terreaux en plein cœur de Lyon.

Si rien n’est encore joué, cette mobilisation est la preuve que la gastronomie est bien vivante et présente dans le cœur des gens. Aujourd’hui la cuisine rassemble non seulement à table mais aussi sur les réseaux sociaux !

 Marjorie Fenestre

 Lien vers la page Facebook Pour la Cité de la Gastronomie à Lyon

3 Nombre de commentaires
  • sborgnanera
    12 octobre 2012 at 6:47
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  • romain blachier
    13 octobre 2012 at 12:05
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    merci pour le billet.Je m’étais essayé sur le sujet
    http://www.romainblachier.fr/2012/09/lyon-cit%C3%A9-de-la-gastronomie-un-projet-int%C3%A9ressant-mais-un-dossier-plus-complexe-quil-ny-parait.html

    N’oublions pas non plus le rôle de Jean-Michel Daclin, qui a mobilisé les réseaux internationaux de la ville de Lyon pour faire soutenir le projet par la ville de Canton, qui va y investir.Ce qui va plus loin qu’un simple clic de soutien (même si un clic cela fait du bien aussi).

    Le dossier est complexe mais un financement, qui manquait, vient d’être trouvé par le Maire, lui redonnant fortement confiance.Du coup le match est ouvert et jouable.

  • romain blachier
    13 octobre 2012 at 12:34
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    et bravo à tous ceux que tu as cités, qui ont porté les choses

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    « Si on avait ébauché le sujet en montrant qu’ils pouvaient être à l’origine de produits qui allaient améliorer la santé humaine, les gens auraient compris l’intérêt des OGM ! La génétique moderne et notamment le Crispr-Cas permettent d’effectuer des changements ciblés sur des gènes. Certains gènes de la tomate sont par exemple très bénéfiques pour augmenter le taux d’antioxydants dans le fruit, mais ils ne sont pas exprimés, car la plante n’en a pas besoin. On peut maintenant réveiller ces gènes, dans une optique de bienfaits de santé pour les humains. Il faut prendre le meilleur de l’agriculture traditionnelle et biologique et le meilleur de la science moderne, sans rien exclure. »

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    Louise Fresco, ex-dirigeante de la FAO et aujourd’hui présidente de la Wageningen University & Research (Pays-Bas) interrogée au sujet de l’alimentation dans les colonnes du Point. / Lire l’entretien sur Le Point

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