3 questions à Philippe Baranes à propos d’une immense photo de nu dans son restaurant, le Braisenville (Paris)

Trois questions à Philippe Baranes, propriétaire du Braisenville (Paris 9e) et ancien élève de l’École du Louvre. Il vient d’accrocher dans son restaurant une immense photo de nu réalisée...

Trois questions à Philippe Baranes, propriétaire du Braisenville (Paris 9e) et ancien élève de l’École du Louvre. Il vient d’accrocher dans son restaurant une immense photo de nu réalisée spécialement par Michel Restany.

Un nu au mur d’un restaurant, c’est audacieux. D’où est venue l’idée ?

Tout est parti d’un dîner avec des potes. L’un d’eux cherchait à vendre une photo de 3 m de largeur représentant une femme nue allongée, qu’il avait achetée chez Sotheby’s. Il était prêt à me donner les droits pour que je l’utilise. Cela ne s’est pas fait mais l’idée est restée. J’avais toujours eu envie d’une grande photo dans l’esprit du restaurant tel que je l’ai souhaité et dont j’ai imaginé moi-même la décoration : brut et décalé. Et du brut au nu, il n’y a qu’un pas. Le morceau de viande est venu après, pour coller également au concept du Braisenville. D’où le charbon, aussi, qui vient de notre four à braises. J’ai pensé ajouter un sac, pour le jeu de mots avec « baise-en-ville » (une idée de ma compagne), mais c’était peut-être un peu trop (sourire).

Dans quel esprit avez-vous travaillé ?

Je ne voulais pas choquer pour choquer, surtout pas tomber dans la vulgarité et même rester assez classique. L’inspiration, c’est plutôt Ingres et sa Grande Odalisque. Il y a aussi un peu de Jean-Paul Goude. J’ai fait des essais avec un premier photographe mais ça ne collait pas. Finalement, j’ai travaillé avec Michel Restany (http://michelrestany.com/), qui est aussi peintre. Il a choisi deux modèles amateurs, la séance a duré 8 h et il a pris plus de 100 photos au total. Ensuite, j’ai fait réaliser un très bon tirage de type muséal, de 2,50 m x 1,20 m, en Diasec®, une méthode de collage brevetée sous plexiglas. Les clients adorent.

Et même un client célèbre…

Le quartier du Braisenville était l’un des quartiers de la photographie dans Paris. Il ne reste que quelques studios mais certains photographes y ont gardé leurs habitudes. C’est le cas de Jean-Baptiste Mondino, qui est devenu un habitué du restaurant. Quand il a vu la photo de Michel Restany, il a eu un déclic ( !). Ce jour-là, le chef, Romuald Sanfourche, préparait des cailles. Mondino en a attrapé une, l’a posée sur une pomme, a improvisé un studio sur une table haute avec quelques accessoires pour l’éclairage, et c’était dans la boîte. Il m’a fait promettre de l’accrocher sur le pan de mur voisin. Le tirage est en cours !

Propos recueillis par Stéphane Méjanès

Philippe Baranes et la photo de Jean-Baptiste Mondino

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