Asia’s Best Restaurants : la reconnaissance d’une cuisine « extraordinairement riche et variée »
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Asia’s Best Restaurants : la reconnaissance d’une cuisine « extraordinairement riche et variée »

A la suite du classement des 50 Meilleurs Restaurants du Monde, parrainé par San Pellegrino et Acqua Panna et créé par le magazine anglais Restaurant Magazine, la première liste des 50 meilleurs restaurants d’Asie (Asia’s 50 Best Restaurants 2013), a été dévoilée lundi 25 février à Singapour. La première place revient à un restaurant de Tokyo, Narisawa, du chef japonais Narisawa Yoshihiro.

Les chefs français font bonne figure dans ce classement. L’atelier de Joël Robuchon est cité deux fois, à Hong Kong (Olivier Elzer, 23e) et Singapour (Lorenz Hoja, 24e). Robuchon au Dôme à Macao (Francky Semblat) est 37e.

Le jeune Julien Royer a été désigné « The One to watch », pour sa cuisine au Jaan de Singapour (22e), tandis que Paul Perret reçoit la distinction « Lifetime Achivement Award Asia » pour ses restaurants Mr and Mars Bung (Shanghai, 7e) et Ultra Violet (Shanghai, 8e).

Questions à William Drew, rédacteur en chef de Restaurant Magazine.

Atabula – Pourquoi un classement dédié à l’Asie ? Faut-il y voir une façon de contrebalancer la sélection mondiale, très marquée par une forte présence des restaurants européens ?

William Drew – Nous avons envisagé de développer le concept World’s 50 Best Restaurants il y a quelques années avec notre partenaire principal San Pellegrino. Nous avons d’emblée pensé à l’Asie, car la gastronomie et la restauration s’y développaient rapidement et à un haut niveau. Nous avons donc entrepris des recherches, voyagé à travers l’Asie et discuté avec les chefs, les directeurs de restaurants, les chroniqueurs gastronomiques et les acteurs majeurs du secteur pour vérifier s’il y avait une attente pour cette liste, comment elle se situerait par rapport à ce qui existe déjà, si elle serait bien accueillie et si elle répondait à un besoin. Nous avons senti aussi que les restaurants d’Asie n’étaient pas représentés dans la liste mondiale comme ils le méritaient. En attirant l’attention sur les meilleurs restaurants d’Asie et leurs chefs, nous avons pensé contrebalancer ce déséquilibre. Cela s’est concrétisé par le lancement de cette première édition de l’Asia’s 50 Best restaurants.

Pourquoi avoir choisi de garder dans cette sélection des chefs européens et non s’être focalisé sur les représentants des cuisines asiatiques ?

Parce que la liste doit être établie par région et non pas par style de cuisine. Ces régions sont (relativement) identifiables ; la France n’est clairement pas en Asie. Mais pour des restaurants asiatiques marqués par une influence européenne (ou l’inverse) ou encore des restaurants asiatiques qui auraient à leur tête un chef européen, comment trancher ? Cela irait assurément à l’encontre de l’esprit démocratique d’un vote libre inhérent à notre démarche. Le Wold’s 50 Best Restaurants et l’Asia’s Best Restaurants ne cherchent pas à favoriser ou à pénaliser un style de cuisine ou de restaurant – n’importe quel type d’établissement peut prétendre figurer sur la liste, indépendamment des prix qu’il pratique, de son décor, de son service, etc.. Si un nombre conséquent de personnes pensent qu’elles y ont vécu une expérience exceptionnelle, elles peuvent placer ce restaurant dans la liste.

Comment considérez-vous la cuisine asiatique par rapport à la cuisine européenne ? Pourrait-elle dans quelques années occuper les premières places du classement mondial ou devra-t-elle rester cantonner à son propre classement ?

Je ne suis pas certain d’être le plus qualifié pour porter un tel jugement. Ce sont deux cuisines extraordinairement riches et variées. On peut bien sûr imaginer que la cuisine asiatique dominera la scène gastronomique mondiale, mais je pense qu’il y a encore du chemin à parcourir avant que le classement asiatique ne devienne redondant. Après tout, la première liste a été proclamée il y a à peine quelques jours. Voulez-vous déjà la rendre obsolète ?

Propos recueillis par Marie-Laure Fréchet

Plus d’informations sur www.theworlds50best.asia

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