L’appareil photo passe en cuisine avec l’Apicbox

apicbox700Si le client du restaurant a pris l’habitude de photographier chacun de ses plats, le chef pourrait bientôt faire de même dans sa cuisine. A une échelle différente, la volonté est (presque) la même : se souvenir d’un repas pour l’un, archiver une création pour l’autre. Le projet de l’Apicbox est aussi simple que génial.

A chacun sa photo. Après les foodies accros aux clichés-souvenirs postés sur les réseaux sociaux, les chefs devraient bientôt pouvoir s’y mettre également. Grâce au chef Julien Burlat (Dôme, Anvers) et au designer Kim Rothuis, ils vont pouvoir s’équiper d’une « chambre » à poser directement dans leur cuisine. « Ce projet est né d’un constat personnel. Chaque jour, je crée des plats mais je n’en garde aucune trace tangible. En l’absence de support visuel, la mémoire ne suffit pas » explique Julien Burlat. Depuis trois ans, il mûrit le projet, s’entoure d’un associé et d’un designer, peaufine l’utilisation qui peut en être faite par ses confrères.

Mars 2013, le résultat est là : une boîte au format micro-ondes riche de promesses et d’une grande simplicité d’utilisation : on pose l’assiette, on appuie sur un bouton et, en trois secondes, la photo est réalisée. Sur le festival Omnivore de Paris qui vient tout juste de se terminer, le duo Burlat-Rothuis, en parfaits VRP, en ont déjà vendu quelques dizaines au tarif de 1750 euros pièce. Livraison des machines prévue en octobre prochain si une condition, une seule, est remplie : que soixante machines au moins trouvent preneurs. Les premiers à ouvrir le bal de la « chambre » sont Alexandre Gauthier (La Grenouillère), Grégory Marchand (Frenchie), Alexandre Couillon (La Marine), Thierry Marx (Shangri-La) et quelques chefs belges sensibles au projet d’un confrère installé à Anvers.

Les ambitions et les utilisations de l’Apicbox – c’est son nom -, sont importantes, avec un mix de temporalité : l’instantané avec l’envoi immédiat de la photo sur le site apicbox.com,  et le long terme avec la possibilité de stocker et répertorier l’ensemble des photos des chefs. « Notre volonté d’archiver les créations culinaires des chefs du monde entier est à la base du projet. Là, nous parlons de la cuisine réelle, celle qui sort en salle et qui va être dégustée par un client quelques secondes après. Pas de fausses photos avec des aliments pas cuits pour que la photo soit parfaite. Nous sommes dans le vrai, cela ne donne que plus de puissance aux visuels » explique Julien Burlat. Autre caractéristique de l’Apicbox : le cadrage et l’éclairage sont les mêmes pour toutes les assiettes, que la machine soit à Bruxelles, à Paris ou à Melbourne. Un panorama de la création culinaire mondiale réelle pourrait bien voir le jour.

Chaque chef – propriétaire des photos prises dans sa machine – est ensuite à même de décider de leur utilisation. Grâce à une connexion Wifi, il peut choisir de les envoyer sur son propre site Internet, sur un réseau social ou simplement sur son ordinateur. Aux professionnels d’imaginer tout ce qu’il est possible de faire avec un tel outil. Il est ainsi possible d’imaginer qu’un chef s’en serve pour debriefer sur le dressage des assiettes avec ses équipes, pour en faire un livre ou contrôler en direct, sur son ordinateur, chaque plat qui sort de sa cuisine alors qu’il est à l’autre bout du monde.

Certains chefs en profiteront peut-être également pour interdire aux clients de faire des photos de plats déjà shootés en cuisine. Au personnel de salle d’expliquer au client que son assiette – pas celle d’hier ou celle du voisin, mais la leur ! – est déjà en ligne sur Internet et qu’il peut donc manger chaud et sans attendre.

Franck Pinay-Rabaroust

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  • Bonjour a tous,
    Juste une question , le client peut-il repartir avec la photo de son plat ? avec un petit supplément peut-être ….. une nouvelle formule est née , accord « mets-vin-photos »

  • Il est interdit d’interdir .
    Où va-t-on dans le délire ???
    Je suggère de mettre une caméra caché , rlié au tribulal pour encaisser les « amandes » plus vite

    • Il est bien évidemment interdit d’interdire de prendre des photos. Le droit français ne le permet pas et vous avez raison de le rappeler. En revanche, cette apicbox pourrait faire évoluer les habitudes. Pourquoi prendre une photo si le restaurant vous propose de récupérer des photos parfaitement réalisées de vos plats à la fin du repas ? Quant à mettre une caméra cachée dans un restaurant et encaisser des amendes, là, je ne vous suis pas… Merci pour votre commentaire.

  • Je ne veux pas avoir l’air un chouilla pingre mais 1750€ la boite à photo c’est un peu hors de prix, non? A ce prix vous avez un beau reflex expert avec un bel objectif qui fera bien plus que seulement prendre vos plats.
    Alors je ne suis pas contre prendre ses plats en photo, loin de là, mais pas avec un tarif prohibitif juste parce qu’on surfe sur la mode des photos de plat!!!
    Je trouve ça un peu limite, et vous qu’en pensez-vous?

  • le droit permet d’interdire de faire des photos dans des lieux privés, ce qui est le cas des restaurants. Il est aussi interdit de diffuser des photos de créations sans l’autorisation de l’auteur et le plat dressé s’en rapproche. Et combien de photos « pourries » sortent et sont diffusées et qui finissent par nuire aux chefs. Personne n’est choqué de l’interdiction de prendre des photos au théâtre, au cinéma, dans des musées…..

  • On risque quand même d’assister à une uniformisation des photos avec l’angle de prise de vue unique. Les photos capturée via Instagram se ressemblent déjà beaucoup mais ici ça va encore plus loin, c’est une sorte de photomaton qui produit une esthétique standard.

  • je suis photographe culinaire par passion et avec ce genre de boite la complicité chef/photographe, les photos du chef au dressage, les angles de vues différents, l’originalité du cadrage, de la gestion de la lumière etc… disparaissent mais surtout cette complicité qui pour moi n’a pas de prix…. disparue… à votre choix les chefs mais si c’est pour faire ça shootez à l’iphone, je connais un chef qui gère bien sa lumière et fais des photos magnifiques et pas pour 1750 €….

  • Pourquoi ne pas changer les menus ou cartes avec juste des photos numérotées ? pas mal non ? juste une carte des vins et le tour est joué.

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