L’avenir serait-il à l’eau microfiltrée ?

L’eau pure ne coule pas de source. Eau du robinet ou eau en bouteille, aucune des deux n’est vraiment très claire selon une étude de l’association 60 millions de...

Castalie700L’eau pure ne coule pas de source. Eau du robinet ou eau en bouteille, aucune des deux n’est vraiment très claire selon une étude de l’association 60 millions de consommateurs. Traces d’herbicides, de fongicides ou de médicaments, les résultats sont inquiétants. Au restaurant, l’avenir serait-il à l’eau microfiltrée ? Entretien avec Thibault Lamarque, fondateur du système Castalie.

Atabula – Les résultats de l’étude menée par l’association 60 millions de consommateurs et la fondation France Libertés sur la qualité de l’eau vous surprennent-t-ils ?

Thibault Lamarque – Cela n’est pas étonnant pour une raison simple. Dans les deux cas, eau du robinet ou en bouteille, leur origine naturelle est la même : la pluie. Et, à chaque fois, l’eau passe dans des sols pollués. Le mal de l’eau est donc général et, comme il est proposé par les deux organisations à l’origine de cette étude, il est temps de lancer un grand débat sur la qualité de notre eau.

Est-ce que les systèmes d’eau microfiltrée – que les restaurants proposent de plus en plus – représentent un système alternatif plus sain ?

Il faut d’abord préciser que les tests réalisés pour cette étude ont trouvé des doses infinitésimales de fongicides, d’herbicides et de médicaments. L’eau reste donc parfaitement potable dans tous les cas de figure. Notre système de microfiltration permet de retenir les métaux lourds et les particules qui viennent de la distribution de l’eau, et le chlore pour rendre l’eau neutre en goût. En revanche, les oligo-éléments et les minéraux ne sont pas supprimés. Je précise bien que les systèmes d’eau microfiltrée utilisent toujours de l’eau potable.

Mais, concrètement, peut-on dire que le fait d’utiliser un système d’eau microfiltrée va rendre l’eau plus saine ? Autrement dit, ces systèmes permettent-ils de retenir certaines des molécules d’herbicides, de fongicides ou de médicaments décelées ?

Notre système retient probablement une partie de ces polluants mais je me refuse à communiquer là-dessus avant d’en avoir la certitude. J’ai donc demandé à notre laboratoire de réaliser des tests complets pour disposer de résultats fiables et sans ambiguïté. Nous aurons ces résultats dans quelques semaines.

Quelque soit les résultats de ces tests, cette étude porte un coup très rude à l’eau en bouteille…

L’eau du robinet est probablement bien plus contrôlée que les eaux embouteillées. Il suffit de prendre l’exemple de l’eau du robinet en Bretagne, l’une des régions dont les sols sont les plus pollués. Elle est l’une des meilleures en France grâce à un système de contrôle très performant. En revanche, cette même eau du robinet sera de piètre qualité dans des communes où il y a eu peu d’investissements pour son assainissement.

Une telle enquête constitue-t-elle une opportunité pour une société comme la vôtre qui pourrait facilement communiquer sur la piètre qualité du contenu et le coût exorbitant de l’eau embouteillée dans la plupart des restaurants ?

Mon entreprise – Castalie – ne va certainement pas communiquer en expliquant que l’eau en bouteille est mauvaise. Notre volonté est d’expliquer que consommer de l’eau microfiltrée permet de réduire l’empreinte environnementale. Bien évidemment, puisque nous utilisons l’eau du robinet, il n’y a pas de pollution liée au transport par camion par exemple. Mais notre souci écologique se porte également sur nos filtres, les matériaux de nos fontaines, le recyclage, etc. Chaque année, nous consommons 5,3 milliards de litres d’eau en bouteille en France, soit 2,8 milliards de bouteilles. Chacune faisant 20 grammes, cela représente 56 000 tonnes de déchets plastiques. Le défi environnemental existe ! Et cette étude de 60 millions de consommateurs montre que le véritable débat est là : comment fournir de l’eau saine au plus grand nombre ? A chacun de prendre ses responsabilités.

Propos recueillis par Franck Pinay-Rabaroust

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