Moi, la musique au restaurant, ça me saoule
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Moi, la musique au restaurant, ça me saoule

J’aime bien la musique. La petite, la grande. Pas mélomane. Plutôt bon public. J’ai ma playlist dans mon auto.  Un album que je me  passe en boucle au bureau. Aussi, quand je vais au resto, je n’ai a priori rien contre un fond sonore ou ce que l’on appelle communément une musique d’ambiance. Sauf que.

Il y a ceux qui choisissent la bande FM. C’est fun, c’est cool. Enfin… pour celui qui tourne le bouton du poste. Les convives, eux, subissent la soupe inaudible qui se déverse des hauts parleurs toujours placés aux mauvais endroits, là, justement au-dessus de leur tête. On ne s’entend plus, on hausse le ton, on mange dans le brouhaha. Les décibels l’emportent sur l’assiette, sans gloire, par KO.

Il y a ceux qui veulent faire genre « ça rigole pas ici » et qui vous mettent la petite musique de nuit. Raccord avec l’air de componction du serveur. On en a même vu qui osaient le Requiem un mardi midi d’août dans une salle vide. Ce n’est ni sympa pour Mozart, ni pour le cuisinier qui n’est sûrement pas pressé qu’on l’enterre.

Il y a aussi ceux qui se rabattent sur le jazz d’ascenseur ou la chanteuse crooneuse. Ça s’écoute sans fin comme on mange sans faim. Mais cela n’apporte rien à la musique et encore moins à la cuisine.

Moi j’aimerais que la musique au resto vienne de la réserve du patron. Qu’il nous passe ce qu’il écoute lui dans son salon. Surtout s’il aime le son et le bon. Que ce qu’il nous mette dans les oreilles coule comme un bon cru. Manger, boire, écouter, comme un accord parfait. Qu’il soit rock ou classique. A défaut, je demande à ne profiter que de la conversation de mes compagnons de tablée. Et du seul bruit toujours réjouissant d’un couvert qui vide une belle assiette.

Marie-Laure Fréchet

Un chef mélomane ou musicien, comme Gilles Choukroun au MBC (Paris), et ça balance.
Un chef mélomane ou musicien, comme Gilles Choukroun au MBC (Paris), et ça balance.

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