Amandine Chaignot : « Je ne suis pas la nouvelle blonde qui fait de la télé »

Pour sa quatrième saison, Masterchef s’offre un quatrième jury, aux côtés de Frédéric Anton, Yves Camdeborde et Sébastien Demorand. Amandine Chaignot, chef au Raphaël (Paris), débarque sur les écrans...
Amandine Chaignot
Amandine Chaignot

Pour sa quatrième saison, Masterchef s’offre un quatrième jury, aux côtés de Frédéric Anton, Yves Camdeborde et Sébastien Demorand. Amandine Chaignot, chef au Raphaël (Paris), débarque sur les écrans à partir du vendredi 20 septembre.  Chef elle est et c’est bien ainsi qu’elle veut qu’on la voit.

Atabula – Vous venez de participer, pour la première fois à l’émission Masterchef – saison 4 – en tant que jurée. Qu’avez-vous appris de cette aventure humaine et télévisuelle ?

Amandine Chaignot – Masterchef m’a beaucoup fait réfléchir. Sur moi, sur mon rapport aux autres, mais également sur ma cuisine. Pendant les tournages, vous n’êtes pas dans votre cuisine, ce qui permet de prendre du recul par rapport à votre activité. Il y a de longs temps d’attente entre les prises. Avec les trois autres membres du jury – Frédéric Anton, Sébastien Demorand et Yves Camdeborde –, nous discutons. Chacun y va de son expérience et apprend de l’autre.

Vous, qu’avez-vous essayé de transmettre aux candidats de l’émission ?

Un autre regard, le mien. Les trois autres membres du jury ont derrière eux trois saisons. Cela leur a permis d’avoir un vaste panorama de la cuisine amateur en France, ce que je n’ai pas. Ce regard neuf était un vrai plus pour chacun de nous. J’espère également avoir montré un autre aspect de la personnalité des chefs d’aujourd’hui. Jeune, privilégiant la proximité, sans hiérarchie imposée et une vraie spontanéité.

Le montage de ces émissions de téléréalité permet de travestir facilement la réalité et le vécu des différents acteurs. Ne craignez-vous pas d’être caricaturée dans un rôle ?

Je crois que tout le monde sait désormais qu’il s’agit d’une émission de télévision, avec ses règles, ses contraintes et ses petits trucs pas toujours avouables. Avec le montage, il est toujours possible de déformer les choses. C’est en partie pour cela que j’ai toujours refusé les sollicitations des équipes de Top Chef qui voulaient que je participe comme concurrente. Là, en étant dans le jury, le risque de caricature est plus faible. Ce ne serait vraiment pas dans leur intérêt de caricaturer nos propos, sauf à vouloir changer chaque année les membres du jury.

Amandine Chaignot au Raphaël

Amandine Chaignot au Raphaël

Avez-vous des regrets après cette première saison face caméra ?

J’aurais voulu passer plus de temps encore avec les candidats, les accompagner un petit peu plus. Nous sentons que c’est un souhait de la plupart des participants : recevoir nos conseils, les guider vers l’apprentissage du métier. Mais nous avons tous des emplois du temps surchargés. Idéalement, il faudrait se consacrer exclusivement à l’émission pendant trois mois. Mais c’est bien évidemment impossible.

Certains professionnels reprochent à la téléréalité d’entretenir le doux mensonge que l’on peut devenir un chef de cuisine digne de ce nom en quelques semaines. Comprenez-vous cette critique récurrente ?

Personne n’est dupe ! La transmission fait tout d’abord partie de notre métier. C’est ce que nous faisons chaque jour dans nos cuisines, là nous le faisons face caméra. Mais je peux vous assurer que le message sur la réalité du métier est sans arrêt répété aux participants. Nous avons récemment revu de nombreux candidats et certains se sont inscrits à des formations professionnelles. C’est bien la preuve que notre message passe : nous vous ouvrons une porte, à vous d’aller plus loin.

La nouvelle blonde qui fait de la télé, c’est vous ?
Avant, je ne voulais pas qu’on me voit comme la blonde qui fait de la cuisine. Maintenant, il ne faut pas que je devienne la blonde qui fait de télé et un peu de cuisine. Je me méfie beaucoup de ça.

Vous n’avez pas les trois étoiles protectrices de Frédéric Anton ni la renommée d’Yves Camdeborde. Pas peur de ce que l’on pourrait appeler un « syndrome Lignac » : être plus connue grâce à la télé que pour votre cuisine ?
J’ai un parcours en cuisine plus conséquent que Cyril avant qu’il n’apparaisse à la télévision. J’espère que personne ne l’oubliera. Cela fait tout de même quinze ans que je travaille dans une brigade. Mais je sais qu’il suffit d’un rien pour écorner mon image de chef, voir de l’abimer pour longtemps. Il y a un danger réel. À moi de prendre les bonnes décisions pour éviter que ça dérape.

Propos recueillis par Franck Pinay-Rabaroust / Crédit photo – Agence La 5e étape – MLF (droits réservés)

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