Chocolat vs spéculos : la bataille du produit d’accompagnement est déclarée

Si le petit carré de chocolat a connu le monopole de la tasse, il est désormais entré en concurrence avec d’autres produits, dont le spéculos. Le produit d’accompagnement se diversifie, mais pas à n’importe quel prix.

La petite note sucrée qui accompagne le café est devenue une habitude en fin de repas. Depuis les années 90, les Français ont pris le pli : rares sont les tasses de cafés solitaires, sans le moindre produit d’accompagnement. Il y a encore peu, c’est le napolitain – carré de chocolat – qui trustait la soucoupe. Sauf que, depuis quelques années, un concurrent sucré venu du nord prend le relais : le spéculos. Chocolat contre cannelle, la bataille semble lancée.

L’entreprise Café Richard, poids lourd de la distribution de café aux professionnels, le constate depuis plusieurs années. Le spéculos est plébiscité. Un tiers des cafetiers et restaurateurs le proposent à leurs clients contre 20% qui préfèrent encore le carré de chocolat. L’amande cacaotée est aussi une valeur sûre avec 20% des ventes. La consommation de spéculos a connu un bond ces dernières années, de près de 15%. Roland Croisé, président de la Confédération des professionnels indépendants de l’hôtellerie fait le même constat : « Avant, on avait souvent le carré avec le tampon de la maison, aujourd’hui, le chocolat résiste un peu mieux en Province qu’à Paris mais sur l’ensemble de la France il recule. »

Pourquoi donc un tel engouement pour ce biscuit venu du nord ? Le prix évidemment ! C’est le produit le moins cher pour un cafetier. Les cafés Richard le vendent 4,5 cents d’euros contre 5,6 cents d’euros le carré et 5,8 cents d’euros l’amande enrobée de cacao. L’autre raison, c’est que le chocolat est plus fragile. « On a commencé par proposer le napolitain dans les années 80, ensuite l’amande cacaotée et puis très vite, on a eu des problèmes de conservation », explique Anne Richard Bellanger, directrice générale des cafés Richard. Le spéculos est donc arrivé sur le tard, dans les années 90 et a donné un nouvel élan aux produits d’accompagnement. « C’est un biscuit qui peut se consommer toute la journée, même le matin et puis son goût plait », ajoute-t-elle.

Est-ce la fin de la parenthèse chocolatée ? La bataille sur les prix va-t-elle pousser les commerçants à chercher le moins cher ? Pas si sûr. Face à cette pression commerciale, des fabricants innovent. Laurent Beslile Fabre, dirigeant de la maison de la Châtine à Revel près de Toulouse a lancé la craquine, une céréale cacaotée, certes moins savoureuse que sa traditionnelle amande enrobée mais vendue seulement 2,5 cents. Il a en outre améliorer la résistance du chocolat aux variations de température en dragéifiant ses châtines. Le biscuit connaît aussi des évolutions. Goulibeur, PME du Poitou a lancé dans les années 2000 son « Croc’café », une petite galette pur beurre. Devant l’engouement pour les produits d’accompagnement, l’entreprise a sorti un petit doigt pur beurre de 9 cm dans l’esprit du stick au chocolat de Valrhona.

S’il faut acter la fin du monopole du napolitain en produit d’accompagnement, le spéculos ne constitue certainement pas la seule alternative. Tous les acteurs du marché, du distributeur au consommateur final, ont pris goût à la petite note sucrée de fin de repas. Aux cafetiers et aux restaurateurs de proposer un produit d’accompagnement de qualité sans forcément faire payer ce menu plaisir au prix fort au consommateur final.

Violaine Vermot-Gaud / Photos Atabula droits réservés

Voir le commentaire (1)
  • Jolie synchronie. Pas plus tard que ce midi je me suis demandée avec quoi arriverait le café que je venais de commander dans une jolie brasserie parisienne.
    Spéculos.
    Déception.
    Trop sucré, trop marqué, trop friable à mon goût.
    La subtilité du mariage chocolat-café reste mon alliance préférée.
    Goût contre coût, 0 à 1, dommage.

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