Chefs et jurés : show devant !

Top chef

Tous les jours, la télé passe à table. Tous les jours, le téléspectateur se retrouve avec un chef dans son salon.  A chaque émission son personnage, forcément caricatural. Pour s’y retrouver, rien de mieux qu’une galerie de portraits.

Le chef « sévère, mais juste »  C’est le juré de Top chef, élégant et bien mis. Jean-François Piège et Thierry Marx l’incarnent parfaitement. Doctoral, mesuré, le regard neutre, il délivre ses jugements sans sentiments excessifs. Un sourire naissant au coin des lèvres du « sévère, mais juste » équivaut à la mention très bien. Malgré son talent, le chef « sévère, mais juste » cuisine rarement à la télé, sauf pour réaliser des recettes magnifiques que peu de téléspectateurs auront l’occasion de déguster ou de pouvoir réaliser eux-mêmes.

Le chef « avé l’assent »  Depuis Raymond Oliver, le chef « avé l’assent » est une des vedettes de l’écran. Réputé pour sa sincérité, son amour du terroir, sa franche bonhommie et son franc parler lui assurent une liberté de ton presque sans limite. Yves Camdeborde en est l’archétype. Si en plus, comme Christian Constant, il est étoilé, sa parole est d’or et ses critiques sans appel. Le chef « avé l’assent » a aussi été incarné par une femme du Sud Ouest à forte présence, mais ça c’était avant.

master chef

Le chef « sévère, mais qui comprend »  C’est un chef psychologue qui doit évaluer au plus vite les forces et les faiblesses de ses interlocuteurs. Il est pro, sait s’entourer d’autres pros, mais comme il est psychologue, il a besoin d’aide lui aussi. Il répond toujours présent pour pointer les erreurs des autres et leur montrer le chemin du succès. Droit comme la justice et opiniâtre malgré les faiblesses d’autrui, le chef « sévère, mais qui comprend » clame haut et fort qu’il ne peut rien faire pour les amateurs. A ce jour, il n’en existe qu’un seul modèle certifié : Philippe Etchebest.

La chef « mamie fouetteuse »  Un peu sèche, critique, elle sait et le fait savoir sans détour. Elle aime qu’on fasse comme elle aime. La chef « mamie fouetteuse » est toujours associée à un chef « avé l’assent ». C’est plus sympa. Ghislaine Arabian cumule : « mamie fouetteuse », elle est aussi « sévère, mais juste ». Mercotte incarne elle la version sucrée. Le rôle a heureusement échappé à Amandine Chaignot.

mercotte

Le chef « il dottore »  C’est le spécialiste, on ne la lui fait pas, il sait. Il voit tout. Il connaît tout. La tradition, c’est son truc. Le bel ouvrage, une belle liaison, un champignon bien tourné, une pâte croustillante peut lui faire monter la larme à l’œil. Il admoneste sans état d’âme pour un riz au lait un peu sec ou renvoie un candidat sur une soupe à l’oignon trop claire. Revoir à ce sujet le pain perdu par Frédéric Anton… Le chef « Il dottore » cuisine à la télévision, mais c’est uniquement pour faire une démonstration. Sa science est sans limite. De la purée à la paupiette de veau, il tient les clés de la vraie cuisine. Il manque peu de chose à Amandine Chaignot  pour devenir chef «  la dottoressa ». Christophe Michalak représente quant à lui  la version pâtissière et métrosexuelle du chef « il dottore ».

Michalak

Le chef « on s’en fout, de toute façon personne ne peut le refaire »  Rare, ce chef semble n’exister qu’en deux exemplaires : Jean Imbert et Norbert Tarayre. A la fois victime et complice du vice du téléspectateur moyen en mal d’imagination, il répond à des défis. Il passe de la sucette de brocoli au burger de citrouille avec la même aisance. Il n’est pas invité pour sa cuisine, mais pour son physique et son humour pas toujours drôle. Méprisé par ses pairs et les catégories de chefs sus-cités, il est adoré du public. Il ne s’épanouit qu’en duo, comme les perruches.

Norbert et jean

Le chef « Cyril »  Incarné dans le désormais iconique “c’est gourmand”, Cyril Lignac, à lui seul, est l’archétype télévisuel moderne. D’abord, chef « Jamie Oliver français, mais en moins bien», puis chef « jeune, mais méprisé », puis chef « jeune qui bosse », puis chef « jeune, mais étonnant », enfin chef « qu’est ce qu’il a bossé pour en arriver là », Cyril Lignac force le respect pour ses capacités à endosser tous les personnages que la télé peut inventer.  Son professionnalisme et sa simplicité ont eu raison des critiques. Un exemple à suivre pour durer.

Lignac

Stéphane Dubreil

Crédit Photos : M6, TF1, France 2.

 

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