Moi, j’aime casser la croûte

pain restaurant

par Marie-Laure Fréchet /

Brot brechenIl y a la première gorgée. Et la première bouchée. A table, quelque soit le standing de l’établissement et le talent du chef, c’est bien souvent un simple morceau de pain. Amuse-bouche ou trompe-faim, rituel ou automatisme, tandis que les premières conversations s’ébauchent et que la commande est lancée, la main se tend spontanément vers la corbeille. Quand ne surgit pas une panière richement garnie dans laquelle il faut choisir (et donc renoncer) entre de craquantes spécialités. Un plaisir simple, mais vrai. Comme les Bretons et leur beurre d’accueil, le pain sur la table reste un signe de bienvenue et un acte gratuit, puisque nous avons encore le bonheur en France qu’il ne nous soit pas facturé. Quand il est tout simplement bon comme du bon pain et comme un pain doit l’être, il met de bonne humeur et ouvre l’appétit. Quand il fait grise mie, on craint pour la suite et on suspecte le taulier chiche. On s’attend alors  à la salade fanée et au très mauvais café.

Certains critiques gastronomiques se piquent de décerner une note au pain. Certains restaurateurs ne vous l’apportent que quand cela leur sied, pour préserver la sacro-sainte faim et vous inciter implicitement à vous lâcher sur le dessert. Moi, j’aime franchement casser la croûte avec le pain. Et me fiche de tous les snobismes qui collent aux miches. Peu importe que ce soit le pain de machin ou que le cuisinier boulange au petit matin. Un bon pain ne trompe pas et on en redemande. S’il ne sert plus guère à saucer, c’est un plaisir de le retrouver entre chaque plat, un peu comme on se lave le palais. Et je m’accroche toujours à mon quignon, quand à l’arrivée du sucré, on veut me l’ôter de la bouche.

Faviconfondblanc20gMarie-Laure Fréchet / © ilolab – Fotolia.com

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