Premier salon de la Gastronomie des outre-mer ou le tour de l’assiette en 80.000 épices !

par Fabrice Gil /

La réputation de la gastronomie française ne se limite plus à la cuisine hexagonale. Sucrée, salée, colorée, épicée, la cuisine ultramarine offre aujourd’hui un métissage de cultures, une invitation à l’exotisme… un hymne à la vérité. Pour permettre au public de rencontrer ces différentes civilisations, Babette de Rozières à retrousser ses manches pour donner naissance au 1er Salon de la Gastronomie des outre-mer. Parcours.

Inédite, la toute 1ère édition du Salon de la Gastronomie des outre-mer ouvrira ses portes les 7, 8 et 9 février prochain au Paris Event Center, Porte de la Villette dans la Capitale. Joël Robuchon, Président d’honneur, Chef multi étoilés au guide Michelin, a accepté l’invitation de Babette de Rozières, fondatrice du Salon. « Lorsque Babette m’a demandé d’être le président d’honneur du Salon de la Gastronomie des outre-mer, j’ai tout de suite répondu présent. La Gastronomie ultra-marine fait partie de notre patrimoine culinaire et Babette de Rozières qui en est le fer de lance, a toujours défendu une notion qui m’est très chère : la conjugaison du bon produit et de la simplicité (…) Je souhaite longue vie à ce Salon pour montrer que la Gastronomie des outre-mer est une cuisine de grand caractère, doublée d’un avenir brillant».

Babette de Rozières
Babette de Rozières

Un avenir prometteur, s’il en est : environ 80 stands dédiés à la gastronomie et aux produits alimentaires ultramarins couvriront les 5 000m2 de ce Salon orchestré par Nicexpo ; salon qui devrait enregistrer des records d’entrées dés le premier jour. « Cette idée de Salon, est née comme je crée un plat. Quand je vais au marché et que je vois un beau produit, je me dis qu’est-ce que je vais bien pouvoir en faire. Et puis j’achète le produit, je l’assaisonne, je le fais macérer, je le cuisine, je le fais mijoter et enfin je le déguste. Ce salon traduit cette même manière de procéder. Il a fallu que je réfléchisse par quoi j’allais commencer. Je suis donc allée voir des personnalités politiques. Après quelques promesses, l’actuel Président du Conseil Général de la Guadeloupe (à l’époque ministre) n’a jamais donné suite à mon dossier. Je me suis rendu également chez Sylvia Pinel, à l’époque ministre de l’Artisanat, du Commerce et du Tourisme, qui n’a rien fait non plus. Au final, c’est Stéphane Le Foll qui m’a dit un jour : ton dossier m’intéresse, on va ouvrir ensemble ce salon. Suite à cette réponse j’ai réuni Nicexpo à mes côtés. Et là, j’ai mijoté mon plat, petit à petit, doucement, mais surement, et aujourd’hui il est presque l’heure de le déguster » s’exclame Babette, embellie du large sourire que la France entière lui connaît. À croire que les arts de la table et la gastronomie française dans sa richesse et sa diversité ont le vent en poupe : « La gastronomie est un enjeu pour la France, c’est une image que nous avons dans le monde, c’est aussi un objectif que l’on s’est fixé avec l’exposition de Milan qui cette année réunira le monde entier pour parler de la gastronomie » se félicite Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire. «Gastronomie donc, et des outre-mer, Babette de Rozières m’avait proposé il y a quelques temps d’organiser son salon. Il a été dit que j’ai répondu oui… Vous me voyez répondre non ? La chose aurait été difficile. Ce salon montre que dans cette grande tradition française, dans cette grande histoire commune de la gastronomie française, il y a une immense place à faire à la diversité, en partie à la Gastronomie des outre-mer. »

Trois jours placés sous le signe des plaisirs de la bouche. Au menu : des mets « notariés », polis, bien « roulés », se trémoussant au regard des nombreux départements d’outre-mer représentés. Des Iles de la Guadeloupe à la Guyane en passant par la Martinique, la Réunion, la Nouvelle-Calédonie, Mayotte et/ou Saint-Martin (entre autres), le public sillonnera les allées d’un pays riche de mixité, animées de fruits et légumes multicolores, avec comme seule étape le soleil, ce soleil « qui donne la même couleur aux gens ». En route pour l’Aventure gastronomique, à la découverte d’un secteur géographique méconnu pour ses spécificités culinaires tels les Dombrés et Ouassous (boulettes de farine accompagnées d’écrevisses locales, appelées « z’habitants » en Martinique), le Calalou (feuilles de Siguine, madères ou épinards), le Matoutou de crabes citronnés (on remercierait presque le ciel à chaque bouchée), le colombo (plat de viande et légumes mijotés au curry), ou encore le pâté en pot martiniquais (potage aux légumes et aux abats). « La cuisine ultra marine mérite d’être connue. Je suis entrée à la télévision en 1970, et discrètement, je n’ai pas arrêté de parler des épices, des bananes. Petit à petit, j’ai glissé des choses, jusqu’au jour où l’on m’a confié une chronique et c’est à ce moment là que je me suis exprimé en cuisinant Créole, en expliquant aux gens ce qu’est la cuisine des outre-mer », raconte Babette. Tous les plats ne répondront pas à l’appel, certains ne sont consommés qu’une fois l’an comme le Jambon de Noël, caramélisé au miel, percé de clous de girofle et séché au four. La tradition a du bon. Le restaurant éphémère, « La Case de Babette » sera évidemment sous les feux des projecteurs. Un ti ‘punch sera offert en guise d’apéritif. Le tout sur fond de débats menés tambour battant.

Canne à sucre
Canne à sucre

Le Salon de la Gastronomie des outre-mer ne serait pas ce qu’il est sans le « Trophée de Babette », dont la remise de prix se déroulera le 9 février à 17h. Les élèves de l’Institut Paul Bocuse à Ecully, le LPO Kaweni de Mamoudzou à Mayotte, l’IRHT à Saint-Claude en Guadeloupe, ou encore le CFAA d’Eure et Loire à Sours en France Métropolitaine, réaliseront le plat le plus représentatif de la Gastronomie ultramarine. Les candidats s’affronteront devant un jury de professionnels aguerris : Pierre Negrevergne, Chef de la Terrasse Mirabeau à Paris 16ème, Julie Andrieu, journaliste et animatrice TV, Thierry Marx, Chef des cuisines de l’Hôtel Mandarin Oriental à Paris 8ème, Gonzague Saint Bris, écrivain et journaliste, mais aussi Yann Queffelec, écrivain prix Goncourt qui s’épenche volontiers sur la personnalité de Babette de Rozières :

« … Vous savez il y a Babette la star des médias, la personne que nous admirons tous, c’est-à-dire la Babette grand public. Et puis il y a la Babette petit public. Cette Babette là, c’est la Babette de l’amitié, c’est le club très sélectif des gens qui l’aiment et qu’elle réunit si régulièrement autour d’elle. Babette petit public, n’est qu’une formule bien sûr, avec d’innombrables guillemets, puisqu’il s’agit en réalité d’un public extrêmement vaste. Babette de Rozières est une femme de cœur, qui suscite autour d’elle une véritable unanimité, et lors de ses fêtes on est sidéré de voir à quel point les gens viennent chercher chez elle une sincère amitié, de la joie de vivre et de la bonne chère (…) Babette rassemble pour partager avec convivialité, pour se sentir vivant tous ensemble durant quelques instants que nous aimerions qu’ils ne s’interrompent jamais. C’est une chance pour nous tous que Babette soit la fondatrice de ce Salon. Nous sommes des croqueurs de l’essentiel, qui savons que manger c’est d’abord aimer vivre, c’est croire dans la vie, c’est aller dans le sens d’une belle devise de Saint-Augustin : « Aime et fait ce que tu veux ».

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Fabrice Gil / ©SAGASDOM – Monique Pouzet – Unclesam – Fotolia.com

1er Salon de la gastronomie des outre-mer, 7, 8 et 9 février 2015 au Paris Event Center – 20, avenue Porte de la Villette 75019 Paris – Ouvert de 10h à 19h / nocturne samedi jusqu’à 23h. Entrée €10 – CE €7 – Gratuit moins de 12 ans.

Affiche du Salon

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