Chef star : la fin d’une époque

C’est peut-être le début des embrouilles. Et les prémisses d’une fin de règne, celui du chef adulé, consensuel, devenu porte parole consentant d’un secteur qui draine de la (bonne)...

C’est peut-être le début des embrouilles. Et les prémisses d’une fin de règne, celui du chef adulé, consensuel, devenu porte parole consentant d’un secteur qui draine de la (bonne) image, du tourisme, des devises et du savoir-faire bien au-delà de nos frontières. Le journaliste, cannibale de sa propre information, lui a dressé tous les lauriers du monde. Désormais, il lui fissure le piédestal à couptimthumb-1 d’enquêtes bien senties. Sur Atabula, un édito portant sur des faits de violence au Pré Catelan a largement bousculé l’omerta, avant que, récemment, le mouvement ne s’emballe : quelques articles de presse dévoilent certaines addictions des chefs et de leurs brigades. Une autre enquête sur la violence ne devrait pas tarder à sortir dans un célèbre quotidien du soir, alors qu’un grand débat sur le même sujet – organisé en partenariat par Atabula et Le Fooding – est programmé en novembre. La vérité s’extrait des cuisines, l’omerta a du plomb dans l’aile.

L’image du chef charismatique risque de se brouiller, jusqu’à glisser, effet de balancier oblige, vers une antithèse des valeurs actuellement mises en avant

Les glissements sémantique et médiatique de la gastronomie sont éloquents, des pages « recettes » jusqu’aux pages « people » et « société ». Peoplisé à l’extrême, lessivé dans le tambour médiatique, le chef risque désormais de payer la note. Car la profession, iconifiée sur papier glacé, commence à voir le miroir se retourner sur elle. On ne s’impose pas en fait social et politique sans que la société elle-même ne cherche, par le petit trou de la serrure, à savoir ce qui se cache derrière.

Pour les professionnels du secteur, cette évolution est tout sauf neutre. L’image du chef charismatique risque de se brouiller, jusqu’à glisser, effet de balancier oblige, vers une antithèse des valeurs actuellement mises en avant. Sorti de sa cuisine, au vu et au su de tous, le chef devient une cible de choix. Si la plupart d’entre eux ne s’attendaient pas à devoir vivre dans la lumière médiatique, et adapter leur discours en conséquence, inutile de dire que ces professionnels ne sont pas préparés à cette nouvelle approche critique de leur profession. Alors que la situation économique de nombreux restaurants partout en France tangue dangereusement, une autre urgence se profile pour certains : la mise en place d’une communication de crise.

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Franck Pinay-Rabaroust / © Alexander Babich

8 Nombre de commentaires
  • Guilbaud
    20 octobre 2014 at 9:09
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    Je prendrais prochainement le temps de vous écrire

  • Nicolas
    20 octobre 2014 at 11:44
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    Bonjour ..je suis cuisinier..et sans doutes un peu bébete mais.je n ai rien compris a.votre article!!!.vraiment.ni queue.ni tete ! Dsl

  • Mélanie
    20 octobre 2014 at 11:54
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    Tellement juste ! Bien vu et bravo pour ce billet qui devrait en faire réfléchir certains sur la bonne conduite à tenir à l’avenir
    mel

  • Guillaume
    22 octobre 2014 at 4:28
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    Avec quelle naïveté vous arrivez à vous indigner, vous les biens pensants omniscients. A quel point vous estimez vous supérieurs pour vouloir, de votre piédestal, sans peur et sans reproche, faire trembler ces chefs qui en on tant bavé pour en arriver là. Rien ne justifie les violences, vous ne trouverez aucun chef contemporain qui vous dira le contraire. Personne ne cautionne les violences gratuites. Elles sont le résultat d’une lie minoritaire, et nous le savons tous. Maintenant vous voulez nous reprocher nos brusqueries, nos coups de gueules et nos pétages de plombs ? Eh bien vous qui êtes à ce point irréprochable, qui vous imaginez grand justicier, venez. Entrez dans l’arène, venez en cuisine nous montrer comment faire. Après avoir travaillé douze heures dans la chaleur, la pression et le stress on verra ce qu’il reste des donneurs de leçons et de leur sang froid.
    Bref, je diverge peut être, mais vous m’aggacez. Vos « enquêtes bien senties » son creuses. L’article censé « briser l’omerta » n’était finalement que le résumé d’un fait divers ponctuel. Et le fait que des jeunes qui travaillent en décalé du monde et qui font des horaires deux fois supérieurs à la moyenne se droguent n’est qu’un secret de polichinelle.

  • F&S
    11 mars 2015 at 9:37
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    Je pense au contraire que les chefs vont devenir de plus en plus médiatiques et être au devant de la scène.
    Les nouvelles générations sont plus funky et décomplexées.
    Nous sommes sur un changement de génération, un trait sera fait sur le passé.
    Mais il faut pas oublier que l’histoire d’aujourd’hui s’écrit grâce au travail des anciens depuis 40 ans.
    La cuisine et les chefs ont un bel avenir devant eux, l’avenir c’est bien éclaircie depuis 4 ou 5 ans …
    Les quelques accrochages de ces derniers mois vont vite faire partie de l’historique du métier.
    Les choses vont vite rentrer dans l’ordre … enfin on l’espère pour le métier… qui reste le plus beau métier du monde !

  • JB
    11 mars 2015 at 2:25
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    Pour ma part, je ne suis pas trop d’accord avec le commentaire de Guillaume. J’ai travaillé pendant 10 ans dans des grandes cuisines, avec des chefs extremement gentils pour certains et tres durs pour d’autres. Je crois qu’aucun stress, pression des etoiles, ect… ne justifie la violence physique. Par contre, les 15 par jour, heures sup non payées, 10min pour manger, ect… faut pas etre naif. La cuisine n’est pas la seule profession dans ce cas la, et quand on postule dans une grande maison, on sait a quoi s’attendre. C’est aussi comme ca qu’on apprend.Maintenant il faut reconnaitre que certains chefs comme Bras, Marcon, Roth ont demontres que l’on peut arriver au meilleur niveau sans coup de gueule et sans mauvais traitement. L’idée c’est quand meme de continuer a donner aux jeunes l’envie de rester dans le metier, et d’eviter que 50% d’entre eux si ce n’est plus arretent la cuisine dans les 5 ans.
    Quand a la drogue, c’est une énormité de dire que tous les cuisiniers prennent de la coke.

  • nicolas
    12 mars 2015 at 9:21
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    Je suis sur guillaume croit encore au père Noël… Je confirme le commentaire de jb. J’ai moi même travaille pr de nombreux étoiles michelins.

  • Page
    14 mars 2015 at 10:38
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    Cher Franck (Pinay-Rabaroust)
    Je suis, et depuis des années, lectrice assidue de Atabula.
    Le fait de mettre en lumière des attitudes dévalorisantes, voire violentes, dans certaines cuisines est très courageux. Bravo.
    Ce que j’espère, c’est que vous allez aller plus loin dans vos analyses, le « Qui » est une chose (je ne permets pas de revenir là dessus, soit les noms dans la presse actuellement), mais le « Pourquoi »: le stress des « étoiles » ?, Le fait de reproduire ce que l’on a soi même vécu ? Un problème de fond au niveau du management ?

    Il y a une riche expérience à retirer prochainement de tout cela et qui peut profiter au corps enseignant et aux futurs professionnels.
    Il est tout aussi important de mettre en lumière bien des Chefs (certains déjà cités par JB), tels Christian Constant, Régis Marcon, Michel Bras,Michel Roth, Patrick Jeffroy, Eric Guérin….ce ne sont quelques noms car il y en a tellement (tellement!) de ces Chefs qui respectent leur métier et leur Equipe.
    J’espère que de manière, même générale, vous aborderez ces sujets avec des professionnels qui ont, encore et toujours, le goût pour leur métier et le recul nécessaire pour en parler et avancer vers du constructif pour le futur.
    Je vous fais confiance.
    En revanche, critiquer une confrère (Nadine Lemoine en l’occurrence), est de votre responsabilité. Mais traiter un de ses Edito de « nauséabond » est inacceptable. C’est une grande professionnelle déjà, accessible et chaleureuse. Des qualités que l’on ne trouve pas toujours -malheureusement- dans le milieu de la presse.
    Voilà cher Franck, au plaisir de suivre la suite des articles Atabula.
    Bien cordialement
    Marie Anne Page
    Journaliste en presse professionnelle

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