Classement du 50 Best Restaurants : la contestation populaire s’organise autour du manifeste Occupy 50 Best

par Franck pinay-Rabaroust /

Non, ce n’est pas un membre du jury qui, cette année, a ouvert les hostilités contre le classement du 50 Best organisé par le magazine Restaurant, mais trois citoyennes engagées qui ne mâchent pas leurs mots. Dans ce qui ressemble fort à un manifeste, les trois jeunes femmes interpellent ceux qui financent l’opération : « Nous, gourmets de tous les pays, cuisiniers, critiques gastronomiques ou simples amoureux de la bonne chère, nous vous demandons d’arrêter de financer et de soutenir ce classement opaque, sexiste et complaisant, qui fait primer le nationalisme culinaire sur la qualité des mets et la notoriété des chefs sur la satisfaction des clients, voire leur santé. » La suite du texte est du même tonneau, avec une référence explicite aux intoxications alimentaires chez Noma, El Bulli ou The Fat Duck. D’ailleurs, le titre résume la démarche : « The World’s 50 Best restaurants : arrêtez de nous intoxiquer ». Difficile d’être plus clair sur les intentions de ces trois drôles de dames.

Tw CoverMarie, Hind et Zoé ne sont pourtant pas des professionnels, mais de simples amoureuses de la bonne chère. Zoé Reyners, qui a travaillé au Fooding, explique que cette initiative lui a été soufflée par quelques journalistes et chefs qui souhaitent que la contestation prenne de l’ampleur. Créatrice de son agence de communication, Zoé Reyners était la bonne personne et se trouve propulsée porte-parole d’un mouvement qui pourrait rapidement prendre de l’ampleur. « Le site et le manifeste ont été mis en ligne ce week-end (16-17 mai) et, déjà, j’ai des demandes d’interview de Télérama, des Inrocks, du Canard Enchaîné et même du New York Times. » Traduit en plusieurs langues, le pamphlet ne doit pas se contenter de « vivre » dans les frontières hexagonales, mais il doit être lu partout dans le monde. « Nul volonté de défendre plus l’image de la France que celle d’un autre pays. Nous souhaitons sensibiliser tout le monde sur l’incroyable opacité de ce classement qui abuse de la crédulité du consommateur. Il y a trop de copinage, trop de business dans cette affaire. Il n’y a pas que les professionnels qui doivent se mobiliser, c’est aussi à la base, à chacun de nous de réagir face à cette mascarade de classement » assure Zoé Reyners.

Nul doute que les trois mousquetaires vont faire du bruit en France. Parmi les premiers signataires du manifeste : William Frachot, chef doublement étoilé, Bruno Deligne, les journalistes Bruno Lecoq et Nicolas de Rouyn, et Jean-Robert Pitte, membre de l’Institut. Reste à voir si l’initiative va prendre de l’ampleur à l’étranger.

Avant même la conférence de presse française, qui se déroule à Paris mardi 19 mai, et l’annonce des résultats à Londres le 1er juin, les premières salves de critiques sont parties. Non pas du sommet de la pyramide, mais de la base. Autant dire que la critique prend de l’ampleur et trouve un nouveau terrain, assez inattendu à défaut d’être surprenant : celui des foodies et des anonymes qui, eux aussi, veulent avoir leur mot à dire sur ce très contesté classement du 50 Best Restaurants.

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Franck Pinay-Rabaroust

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