Masterchef : la fin d’une émission, la fin d’une époque

par Franck Pinay-Rabaroust /

Deux petits épisodes et puis s’en va. Seulement 2,69 millions de téléspectateurs – 17% de parts d’audience – pour le premier, encore moins pour le second volet de Masterchef sur TF1 en 2015. Une dégringolade qui s’amplifiait d’année en année – 5 millions de moyenne pour la saison 3 ; 4,3 millions pour la saison 4 – et qui rendait le choix de TF1 quasiment inéluctable. Pour l’instant, la décision a été prise de diffuser les six épisodes restants chez la petite sœur, NT1. Avant que… Pour beaucoup de spécialistes du secteur des médias, c’est l’antichambre de l’arrêt définitif de Masterchef. Après une année d’absence et une nouvelle équipe, Masterchef n’a pas connu le sursaut attendu. L’ex-animatrice de l’émission Carole Rousseau avait d’ailleurs prévenu Sandrine Quétier que c’était un cadeau empoisonné. Un comble pour une émission de cuisine.

La nouvelle équipe 2015 : Gilles Goujon, Christian Etchebest et Yannick Delpech
La nouvelle équipe 2015 : Gilles Goujon, Christian Etchebest et Yannick Delpech

La chute de Masterchef n’est pas un cas isolé. Bien au contraire. La plupart des émissions de téléréalité culinaire connaissent le même sort. La saison 5 de Top Chef était en baisse et Qui sera le prochain grand pâtissier ne séduit pas les foules : 1,9 millions de téléspectateurs cette année contre une moyenne de 2,9 millions en 2013 et 2,2 millions en 2014. La chute est dure.

Cette érosion continue, forte et généralisée montre que c’est le concept même de téléréalité qui est usé, jusqu’à la corde. Dès l’annonce de l’arrêt de Masterchef sur TF1, un ancien membre du jury de Top Chef expliquait à Atabula que le risque de contagion était possible : « C’est un mauvais signe que l’arrêt de Masterchef. Cela va forcément toucher toutes les émissions de cuisine à la télévision. Ca va tanguer ». La véritable question est désormais d’expliquer le pourquoi de cette chute. Fin de la starification du chef ? Problème quantitatif ou qualitatif de l’offre médiatique ? Peut-on imaginer que, demain, de nouveaux formats de téléréalité culinaire émergent ?

Seule certitude : l’arrêt de Masterchef marque la fin d’une époque, celle dans laquelle le simple fait de causer popotes drainait son lot de spectateurs. Espérons que cela oblige les concepteurs d’émission à créer de nouveaux formats, populaires et intelligents, sur un univers encore largement méconnu.

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Franck Pinay-Rabaroust / Photo Sandrine Roudeix

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