Le concept Eataly : une réussite sur fond de critiques et d’abus

par Franck Pinay-Rabaroust, avec AFP / Le Eataly parisien prend forme. Ce temple de la cuisine italienne aux multiples fonctions – supermarché, lieu de production, restaurant et centre culturel...

par Franck Pinay-Rabaroust, avec AFP /


Le Eataly parisien prend forme. Ce temple de la cuisine italienne aux multiples fonctions – supermarché, lieu de production, restaurant et centre culturel – ouvrira ses portes en 2018 selon Oscar Farinetti, son fondateur. « Nous avons préféré ouvrir notre premier magasin en Europe hors de l’Italie à Munich car en France, on ne peut pas se louper », confie-t-il dans un entretien à l’AFP. Le magasin sera situé dans le Marais, au sein d’un bâtiment de 4.000 m², propriété du groupe Galeries Lafayette. « Même s’il ne va ouvrir qu’en 2018, nous sommes déjà très émus parce que nous confronter au marché français est très compliqué », assure le fondateur de la chaîne, 61 ans et physique rondouillard.

« Le salaire des employés ne dépasse pas les 1.000 euros pour 40 heures par semaine et le recours au temps partiel et aux CDD est fréquent »

Eataly, qui a réalisé près de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2014 (+45% par rapport à 2013) et pourrait être cotée en Bourse en 2016, possède déjà près de 30 magasins dans le monde, dont la moitié en Italie. Pour Oscar Farinetti, « les Français sont le peuple le plus compétent en matière de nourriture. C’est pourquoi nous ne voulons pas nous tromper : nous irons donc là-bas avec humilité. »

Pour lui, le but d’Eataly, est que chacun cuisine plus et mieux. Tout le concept est basé « sur une idée qui n’est pas géniale, pas non plus simpliste, mais banale », insiste-t-il. « Après avoir mangé un foie gras dans un restaurant en France, tu reviens chez toi pour le refaire et tu te tapes la tête contre les murs. Alors que si tu manges en Italie un risotto ou un plat de spaghettis au restaurant, quand tu rentres chez toi, tu arrives plus ou moins à faire pareil », relève-t-il.

Avant même de débarquer à Paris, Eataly pourrait faire parler de lui pour autre chose que la cuisine. Détenu à 60% par la famille Farinetti, à 20% par le fonds d’investissement Tamburi, le reste appartenant à l’associé historique Luca Baffigo, le groupe n’est pas exempt de critiques en Italie. Carlo Petrini, du mouvement Slow Food, n’hésite pas à dire que le concept est vendu au grand capital. Selon l’enquête du journaliste d’investigation Stefano Santachiaria parue dans le magazine de gauche Left en septembre, « le salaire des employés ne dépasse pas les 1.000 euros pour 40 heures par semaine et le recours au temps partiel et aux CDD est fréquent ». Oscar Farinetti se défausse bien facilement des accusations : « Je ne suis plus rien dans l’entreprise », assure-t-il. Depuis septembre, il n’est effectivement plus administrateur délégué. Avec intelligence, il a placé ses trois fils et Luca Baffigo. Quant au président, il s’agit d’Andrea Guerra, ancien directeur général du groupe d’optique de luxe Luxottica. Si l’arrivée en France du concept Eataly est attendu par les gourmets, elle risque de l’être également par les salariés et les syndicats.

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Franck Pinay-Rabaroust, avec AFP / Alberto Pizzoli

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