KFC ouvre son premier restaurant au Tibet, c’est moche…

C’est moche. Un restaurant KFC sous franchise ouvrira ses portes à Lhassa, la capitale régionale, pour “servir les consommateurs locaux et les touristes”, a confirmé jeudi un porte-parole du Yum! Brands. Le groupe se défend comme il peut face aux critiques qui arrivent déjà : “Le restaurant incorporera des éléments de décor locaux, créera des emplois, et soutiendra le développement d’une chaîne d’approvisionnement sur place”, a précisé le groupe, dont les marques KFC et Pizza Hut sont très largement implantées dans le reste de la Chine.

Le traitement “cruel” qu’endurent les poulets élevés pour confectionner les spécialités frites de KFC “viole les valeurs tibétaines”, avait écrit le dalaï lama, fustigeant les “pratiques de l’industrie alimentaire”

Ce KFC himalayen, sur deux étages et 540 m2, entrera en service en janvier, dans un grand centre commercial de Lhassa, selon l’agence officielle Chine nouvelle. L’entreprise projette aussi de construire un entrepôt frigorifique dans la ville. “En principe, il n’y a rien de mal à voir une entreprise occidentale s’installer au Tibet. Mais cela a toujours été une source d’inquiétude car jusqu’à présent, très peu (de firmes étrangères) se sont montrées soucieuses d’apporter des bénéfices du Tibet et aux Tibétains”, a réagi Alistair Currie, porte-parole de l’ONG Free Tibet.

Nombre de Tibétains se plaignent de restrictions imposées à leurs traditions bouddhistes, d’une répression de leur culture, et de discriminations économiques de la part des Chinois Han – l’ethnie ultra-majoritaire en Chine – arrivés en masse sur le plateau himalayen ces dernières décennies. Ce que Pékin réfute, pointant ses investissements de modernisation de la région. Au-delà des “éléments de décor”, Free Tibet demande à KFC de s’assurer que soient recrutés sur place des Tibétains, qu’ils soient formés et promus correctement et que le restaurant utilise la langue tibétaine, et non pas seulement le chinois mandarin.

“Yum! Brands doit prouver que ses engagements ne sont pas superficiels et de convenance. Pour l’instant, le compte n’y est pas”, insiste Alistair Currie. L’implantation de l’Intercontinental Hotel Group l’an dernier à Lhassa avait déjà provoqué de vives critiques de la part des ONG de défense des droits de l’Homme. KFC avait lui même fait l’objet d’une brûlante controverse en 2004 lors d’une première tentative d’ouvrir une antenne au Tibet – projet torpillé par le dalaï lama, le chef spiritel tibétain en exil. Le traitement “cruel” qu’endurent les poulets élevés pour confectionner les spécialités frites de KFC “viole les valeurs tibétaines”, avait écrit le dalaï lama, fustigeant les “pratiques de l’industrie alimentaire”.

KFC avait abandonné son projet, prétextant une rentabilité insuffisante. Actuellement, la chaîne taïwanaise de fast food Dicos est déjà implantée à Lhassa, mais de l’avis d’internautes, elle peine à rivaliser avec les steaks de yack proposés par les restaurants locaux.

Faviconfondblanc20gFranck Pinay-Rabaroust, avec AFP / ©AFP PHOTO ERIC PIERMONT

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