Anne Sophie Pic : « Symboliquement, c’est bien que les femmes soient en cuisine mais il faut qu’elles soient également des femmes en cuisine »

« Dès le départ, il y avait plusieurs exigences. Je trouvais ça élégant d’avoir des manches retournées. Il ne fallait pas qu’elles soient trop longues et en même temps, j’impose...

« Dès le départ, il y avait plusieurs exigences. Je trouvais ça élégant d’avoir des manches retournées. Il ne fallait pas qu’elles soient trop longues et en même temps, j’impose à mon équipe de ne pas avoir de manches trop courtes car on peut se brûler très facilement en cuisine. Et puis, de voir les poils de bras, ce n’est pas forcément très joli… Je voulais quelque chose qui permette le mouvement. Avec les autres vestes, les manches étaient beaucoup trop longues, il fallait les retourner soi-même. Voilà pourquoi elles sont ici au 7/8ème. C’était important aussi de cintrer la veste par rapport au corps, de ne pas se cacher sous elle. Pourquoi ne pourrait-on pas se sentir féminine avec une veste ? Symboliquement, c’est bien que les femmes soient en cuisine mais il faut qu’elles soient également des femmes en cuisine. Même au sein d’une brigade de restaurant, je défends cette idée-là, de continuer à être élégante, ne pas se calfeutrer, ne pas être mal pour travailler ».


La veste Lady Pic

Veste Lady PIcC’est à la suite d’une étroite collaboration de plusieurs mois avec Anne-Sophie Pic, auréolée de 3 étoiles au guide Michelin, qu’a été conçue la Lady Pic.

Féminine par excellence, elle allie la technicité d’une veste de cuisine professionnelle au confort d’un chemisier prêt à porter avec une double matière coton-maille optimale pour le confort de mouvement.

Une innovation de plus pour Bragard, entreprise vosgienne créée en 1933, qui est déjà à l’origine de la veste de cuisine « Grand Chef » et du fameux col tricolore imaginé sur un idée de Paul Bocuse au milieu des années 70.


« Par le passé, on me coupait déjà mes vestes un peu plus courtes parce que je ne suis pas très grande donc il y avait une spécificité déjà existante, on l’a simplement prolongée. Je dirais que la Lady Pic est une veste-chemisier de par sa forme mais un vêtement de travail avant tout, qui sera utilisé, éprouvé, lavé… Il faut donc que ce soit résistant et tout aussi primordial : souple pour le dos. Pendant les services, on bouge beaucoup, on est souvent penchés. Moi, j’ai du mal à rester droite parce que j’arrose toujours les assiettes avec ce mouvement en avant vers le produit. Avec le dressage, je me suis un peu courbée avec le temps d’où l’intérêt que le dos épouse le corps. On est donc partis sur une matière élastique à l’arrière. C’était un vrai pari parce la présence de deux matières différentes, à l’avant et au niveau du dos, nécessite une réflexion sur l’aspect « coloristique » du vêtement : trouver le deux mêmes blancs qui vieillissent pareillement avec le temps. Cette extensibilité est une innovation pour le confort au quotidien ».

« Entre les premières rencontres et la mise en vente de la veste début janvier, il s’est passé 10 mois. Avec les équipes de Bragard, on a beaucoup échangé à distance avant de se voir à Valence. Il y a eu cinq prototypes au total. J’ai essayé les modèles pendant une semaine afin d’avoir un retour d’expérience, de préciser plein de petits détails à aborder, ça nous a permis de partir sur six boutons par exemple au lieu de 10 traditionnellement. Je l’ai faite essayer à d’autres femmes de ma brigade parce que c’était bien que ça ne soit pas uniquement personnel. Ça sera intéressant de tester la veste en fonction des saisons, l’été en pleines chaleurs. Avec les autres vestes que je portais, j’avais très froid l’hiver en cuisine. Aurais-je envie de changer de veste au fil du temps ? Quand on se sent bien dans un vêtement, on a envie de rester avec… Il est vrai que j’ai eu des chemises noires à une époque mais le blanc me convient davantage aujourd’hui, ça correspond à l’univers de la maison à Valence. Et puis, il y a aussi une perception, une représentativité de personnalité qui fait qu’on est visible et c’est bien de conserver cela. Je suis fière et flattée qu’on ait fait appel à moi pour ce projet. Mais plus encore,  je suis très contente car c’est essentiel de se sentir à l’aise pour une femme, d’avoir une veste dédiée. On y est très bien, on oublie qu’on porte une veste de cuisine. »


En savoir plus sur la veste

www.bragard.fr


00-FAVICONÉzéchiel Zérah

Un commentaire
  • Anne P
    26 avril 2016 at 2:49
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    Pour avoir été pâtissière quelques années, et au bout d’un moment -bien que loin d’être superficielle et plutôt du genre jean/baskets- extrêmement frustrée d’être privée de tout sentiment de féminité au quotidien, je trouve que c’est vraiment super ! Bravo Anne-Sophie Pic et Bragard pour ce beau travail !

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