Menu enfant : le grand oublié des plus grandes tables françaises

TENDANCE 80On ne se questionne pas assez sur le sort gastronomique de nos progénitures. Est-ce parce que ces derniers coûtent moins cher à babysitter qu’à nourrir (8,72€ net de l’heure en 2013) ? Mystère. Quoiqu’il en soit, c’est une problématique réelle, injustement ignorée par des adultes dont l’ingratitude est proportionnelle à la quantité d’amuse-bouches avalés. Seul François Simon et son ex-bande du Figaro tenaient leur réputation gastrono-iconoclaste en se gavant en famille chez Guy Savoy, plombant davantage les comptes du second quotidien français (on imagine non sans amusement le plus rock des critiques et ses petits-enfants attablés chez le maestro de la soupe d’artichauts à la truffe). Un jour viendra où les chefs et restaurateurs de Navarre redouteront les écrits du mangeur en chef de Teen’ Gourmet Magazine.

En attendant, sur les 26 maisons 3 mac’ de notre cher pays, seules quatre mentionnent la présence d’un menu-enfant sur leur site web. Pour les autres, c’est “circulez, y’a rien à voir” ou presque. Une faute de goût. Car pour la génération 2000, le métier de cuisinier remplacera celui de chanteur ou d’ange de la téléréalité et chacun ne jurera à l’avenir que par la saisonnalité des produits ou le chocolat Valrhona. Le 24 décembre, tous ces baby-papilles ne manqueront pas de prier pour que les pèlerinages gourmands de leur Christmas-list deviennent réalité. Adieu Stromae, Justin Bieber et One Direction, vive les chefs !

Top 10 des restaurants 3 étoiles où les enfants sont rois

Note restaurant menu enfant enquête Atabula

Enquête téléphonique réalisée fin août 2014 auprès des 26 établissements français 3 étoiles au guide Michelin. Les critères : prix du menu enfant sur une base de 12 ans ou moins, tarif en comparaison du menu adulte le plus accessible lors du dîner, mention de l’offre enfant lors de notre appel et sur le site internet de l’établissement, services proposés (babysitting, salle de jeux, coloriage…).

Comme vous l’aurez remarqué, aucun établissement parisien ne figure dans notre sélection. Peu proposent un menu spécifique si ce n’est quelques rares exceptions comme le Pré Catelan (65 €). Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les palaces de la capitale, pourtant habitués à accueillir des enfants, ne présentent pas d’offre particulière si ce n’est des demi-portions de plats à la carte. A l’Ambroisie, il faut même compter 125-150 € par tête. Pire encore : l’un des restaurants contactés nous a formulé à demi-mot que les enfants de moins de 10 ans étaient… indésirables.


À lire sur Atabula

L’enfant au restaurant : le regard de Rémi Ohayon, fondateur et directeur général d’une agence marketing spécialisée dans l’hôtellerie-restauration et surtout papa gastronome


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Ézéchiel Zerah / © Arkady Chubykin

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  • Lorsque nous sommes allés au Flocons de Sel, chaque enfant présent dans dans la salle passait en début du repas dans la cuisine où le chef lui demandait ce que lui voulait manger – et non ce que ses parents souhaitaient qu’il mange :-). J’ai trouvé l’initiative très sympathique et constructive pour les goût de nos chers bambins !

  • Chouchouter les enfants par un accueil privilégié, c'est un plus, mais pourquoi devoir imaginer des plats spéciaux ? Dès que mes enfants ont su tenir une fourchette, ils ont mangé comme nous. Et se sont toujours régalés. Dans les restaurants gastros nous leurs donnions à choisir dans la carte des " grands"; Aujourd'hui se sont des gastronomes éclairés. Je me pose la question, le menu enfant est -il vraiment utile ? Les petits adorent faire comme les grands, profitons en !

  • 100% d’accord. Et aussi avec le commentaire ci dessus… mais pour les parents c’est tellement mieux que cela soit écrit / proposé d’entrée de jeu. C’est aussi comme cela que l’on fait les gastronomes de demain 😉

  • Outre le fait de proposer 2 menus enfants pour tout petits ou pour petits gastronome (en mangeant comme les grands) je m’amuse systemariquement et avec bonheur dès qu’une maman me demande de réchauffer un petit pot industriel. Comment ? Simplement en envoyant le dit petit pot et en + une purée minute au panais ou aux Legumes et dans tous les cas toujours quelque chose de doux qui a du goût. En apportant moi même les 2 assiettes je propose un petit jeu à la maman en disant “on va faire un jeu : vous lui donnez les 2 assiettes et on voit laquelle est terminée ?”
    Le résultat est édifiant. Dans 100% des situations c’est l’assiette naturelle qui est terminée … Comme quoi le goût est un réflexe darwinien

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