World’s 50 Best 2016 : premières réactions depuis New York

Charles Reed patron du groupe William Reed Business Media dont fait parties les 50 Best

« C’est une excellente édition qui montre à quel point la marque 50 Best est mondiale. On est peut-être critiqués sur le fait que nous sommes une entreprise basée à Londres mais pourtant, tout le monde est bien là à New York. »

Massimo Bottura (Osteria Francescana – Modène), 1er du classement

« Avec cette édition 2016, je me sens aimé. Tout a commencé il y a 15 ans avec cette communauté créée autour des 50 Best. Ici, on n’est pas concurrents mais amis. Après la cérémonie, je sais que je vais aller faire le DJ chez Daniel Humm dans son restaurant Eleven Madison Park. Vous savez, nous les Italiens, nous avons trois choses auxquelles on ne peut pas toucher : notre équipe de foot, le pape François et la gastronomie. Moi, je regarde notre passé, notre patrimoine mais sans nostalgie : tout ce qu’on fait au quotidien, c’est pour construire une vision contemporaine. Mon restaurant est un laboratoire d’idées : on créé des émotions qui se mangent, on propose sous forme de nourriture mes passions, que ce soit l’art ou la musique. On le fait à travers des souvenirs. Que signifie la première place ? Je ne crois pas à cette dimension de « meilleur du monde », je préfère le terme ‘influent’ comme aime le dire Ferran Adrià. Ce que j’ai en tête, c’est que je veux utiliser cette exposition médiatique, cette lumière pour attirer encore davantage de groupes de gourmets internationaux en Italie. Nous sommes un pays avec des chefs incroyables et c’est l’occasion pour les gourmets de goûter à cette cuisine italienne moderne. J’étais heureux de notre seconde place l’année dernière, j’aurais aimé être en tête de liste mais nous n’étions pas prêts. Aujourd’hui, nous le sommes. Ma philosophie, c’est ‘grandir doucement comme l’arbre et une fois prêt, les gens te reconnaitront’. »

Nicolas Chatenier, président de la zone France des 50 Best

« Est-ce que c’est un mauvais cru pour la France parce que nous avons moins de restaurants dans le top 50 que l’année dernière ? Je ne le vois pas comme ça… Après, ce n’est effectivement pas très rassurant mais on est aussi en train de préparer la nouvelle génération qui arrive, des chefs comme Alexandre Gauthier. La clé, c’est d’être structuré. Massimo Bottura n’est pas arrivé comme ça, c’est un métier. Il faut aller à travers le monde, être présent, visible… Fondamentalement, c’est différent du Michelin. Au-delà du nombre d’entrées de l’Hexagone, je retiens une énergie, une émotion qui se dégage, ça donne la chair de poule. N’est-ce pas ça le fine dining, l’émotion ? »

Mauro Colagreco (Mirazur – Menton), 6ème du classement et 1er restaurant français

« Depuis la position 40, je me mordais les doigts. Je suis arrivé ici serein et au fur et à mesure, la pression est montée. Le truc, c’est qu’avec ce guide, on ne sait jamais où l’on va être positionné. Il suffit que les membres votants ne viennent pas manger une année chez toi et ils ne voteront pas pour ton restaurant. Cette sixième place me donne-t-elle envie d’aller chercher encore plus loin ? Non, je ne rêve pas de ça. Je suis déjà arrivé à faire des choses que je n’aurais jamais pensé faire. En début d’année, j’ai eu un gros problème de santé. Cette place, c’est un beau cadeau… Après, il y a des choses plus importantes que les palmarès. Mon premier restaurant en France, c’était le Relais Bernard Loiseau : je sais où est-ce que l’envie d’aller plus loin peut amener. Il faut être conscient que ne nous sommes que des humains. »

Alain Passard (Arpège – Paris), 19ème et lauréat du Diners Club® Lifetime Achievement Award

« Les restaurants de cette édition, ce sont des poids lourds. Quant au top 10, c’est du gros niveau pour avoir pu m’attabler chez El Celler de Can Roca ou Eleven Madison Park (respectivement second et troisième du palmarès, ndlr). En ce qui concerne Mauro qui a travaillé à mes côtés, c’est un garçon qui a une main de plus en plus belle, qui est totalement investi dans ce qu’il entreprend . »

Dan Barber (Blue Hill at Stone Barns – Pocantico), 48ème

« J’ai été très touché par le discours d’Alain Passard quand il a reçu son prix, c’est un poète. Il n’y a aucune déception de notre côté, on est très heureux d’être là où nous sommes, surtout que les restaurants du top 50 sont sacrément bons. »


00-FAVICONPropos recueillis par Ézéchiel Zérah

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