vigne-champagneAtourisma – Quand on pense au champagne, on pense à Reims. Que représente Epernay dans le domaine ?

Frédéric Nebout – Historiquement, la capitale de la boisson champagne est Epernay. Nous hébergeons la maison mère Moët & Chandon, les maisons Mercier, Paul Roger, Mumm ou encore Vranken sur l’artère principale de la ville. C’est cette avenue qui a d’ailleurs permis l’essor économique du territoire, notamment via l’aménagement du chemin de fer. Epernay accueille le Comité Interprofessionnel du vin de Champagne, ainsi que le Syndicat Général des Vignerons de la Champagne qui regroupe les acteurs locaux hors grandes maisons. Le champ d’intervention de l’office de tourisme est très élargi : nous faisons la promotion de la zone d’appellation Champagne (qui comprend les départements de la Marne, l’Aisne, la Seine-et-Marne, l’Aube et la Haute-Marne, ndlr).

Que représente l’œnotourisme aujourd’hui dans cette zone ?

D’abord, il faut parler d’une chose capitale pour comprendre le tourisme ici en Champagne. En France, on dit la Champagne mais le champagne. A l’étranger, c’est champagne. Il n’y a pas de distinction entre la boisson et l’entité géographique. Aux yeux  des touristes, il n’y a que la bouteille, la région n’existe malheureusement pas. Nos clients touristes hors France viennent visiter la Champagne pour le produit : le défi est de les faire venir pour la région, pour son patrimoine, son histoire et cela comprend évidemment l’œnotourisme. Plus qu’une destination de tourisme, et donc d’œnotourisme, nous sommes vus comme un commerçant de vins. Il y a encore beaucoup d’efforts à réaliser pour faire évoluer cette vision. La reconnaissance des traditions viticoles de la région Champagne par l’Unesco est un début en soi ; elle va nous permettre de nous affirmer en tant que destination œnotouristique.

Pour revenir à la question, 450 000 personnes visitent le territoire d’Epernay chaque année, fréquentent les caves… On n’a jamais eu vraiment d’outil de mesure pour la fréquentation touristique dans le passé afin d’établir une comparaison mais on sait qu’il y a une progression. D’origines d’abord : avant, nous avions uniquement des Belges ou des Américains. Aujourd’hui, on accueille des Russes, des Australiens, des Japonais… Ca s’ouvre doucement. On espère un million de visiteurs d’ici 2020. En matière d’œnotourisme, on est émergents par rapport à d’autres destinations, c’est une page blanche où tout reste à faire. Ce qui est important, c’est l’expérience. On se rend compte que malgré le numérique, le client recherche un échange, une relation, une rencontre, une discussion, quelque chose d’exclusif.

Quels sont vos objectifs dans le secteur de l’œnotourisme pour les années à venir ?

L’une des priorités, c’est de développer des activités pour la famille, afin d’occuper les enfants. Les caves, c’est bien mais il ne faut pas que ça. On va vers les sentiers pédestres, les randonnées à vélo pour découvrir les vignes tout autour d’Epernay afin de développer le maillage, interagir avec les villages alentours. On réfléchit aussi à des moyens de transport plus ludiques pour aller à la rencontre des vignerons et de leurs domaines : balades en calèches, tuk-tuk, quad, on pense à des casse-croûtes à manger dans les vignes… Nous sommes également agence de voyage enregistrée auprès d’Atout France, ce qui nous permet de nouer des partenariats avec des tour-opérateurs à l’étranger. Quand vous dites « champagne » à au-delà des frontières, c’est énorme. Ça vous ouvre des portes immenses. On a cette chance-là, il ne faut pas en faire n’importe quoi.


En chiffres : le vignoble champenois

4 630 vignerons

360 maisons

33 573 hectares de surface de production

Une récolte 349 millions de bouteilles

Un chiffre d’affaires de 4,4 milliards d’euros dont 2,3 à l’export (Royaume-Uni, Etats-Unis, Allemagne, Japon et Belgique sont les premiers marchés étrangers)

106 hôtels avec 1,4 jour de durée de moyenne de séjour en moyenne

105 700 visiteurs pour la maison Mercier, 88 640 pour Moët & Chandon, 57 055 pour GH Mumm


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FAVICON VERT ATOU 35Propos recueillis par Ézéchiel Zérah / © Camus

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