Le bio : posons-nous les bonnes questions

L’Agence Bio, qui se définit comme l’agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique, a développé lors de sa conférence de presse du mardi 21 février...

L’Agence Bio, qui se définit comme l’agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique, a développé lors de sa conférence de presse du mardi 21 février un argumentaire solide pour montrer que le bio progresse partout. Le dossier de presse ne manque pas d’arguments chiffrés : d’après les derniers chiffres du baromètres Agence Bio/CSA, près de neuf français sur dix (89%) ont consommé un produit bio en 2016. Mieux encore, ils sont 69% à en consommer régulièrement. Croissance historique du marché, demande en forte hausse, tout va bien dans le bio. En gros : tant qu’il y a de la quantité, tout va bien. Et la qualité du bio ?

Ce développement du bio cache quelques réalités plus sombres

Sauf que la vérité n’est pas aussi verte. Car si le bio est, par définition, une excellente démarche et s’inscrit dans une logique de développement durable difficilement contestable, ce développement du bio cache quelques réalités plus sombres. Pour bien comprendre la situation, il suffit de relire la quatrième de couverture du livre « La bio entre business et projet de société » : « La grande distribution propose des produits bio importés de l’autre bout du monde, à l’empreinte écologique catastrophique, cultivés par des ouvriers sous-payés et revendus entre cinq et dix fois leurs prix d’achat… Plutôt qu’une démarche indissociablement écologique, sociale et politique, peut-on réduire la bio à une distribution d’aliments sans pesticides pour consommateurs inquiets de leur santé ? La bio peut-elle se mettre au service du bien-être d’une partie de la population sans ébranler les fondements de la société de consommation ? »

Tout est dit : le gentil bio n’est qu’une jolie façade. Le consommateur, s’il se veut réellement responsable non seulement pour sa santé mais également par rapport à un modèle de société, doit se poser les bonnes questions et comprendre que le bio n’est aucunement synonyme de bon (les tomates vendues actuellement dans les magasins « bio » sont une honte !) et qu’il n’est pas non plus la preuve d’une démarche sociétale responsable. Le bio, oui, mais pas n’importe lequel. Après le défi quantitatif, les filières « bio » devraient se concentrer sur la qualité globale de leur production. C’est pas gagné.


À lire

Dossier de presse de l’agence Bio

LivreLa bio, entre business et projet de société. Ed. Contre-Feux Agone

LivreTout beau, tout bio ? L’envers du décor. Ed. L’Aube (2011)


Franck Pinay-Rabaroust

 

Un commentaire
  • MARTIN
    27 février 2017 at 2:42
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    Tout à fait d’accord. A la Vie Saine, à Alès, l’étal de fruits proposait des FRAISES espagnoles !!!!!! en février 2017

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    « Je trouve que c’est un fruit merveilleux, le cornichon. Vous pouvez faire une petite salade de fèves et d’oignons nouveaux avec une pointe d’estragon pour le côté anisé et une touche de vinaigre de vin blanc; et vous rajoutez les cornichons coupés en aiguillettes avec une huile d’olive. C’est merveilleux. Autre recette : le velouté de cornichon. Vous les coupez en morceaux, vous les faites fondre dans un petit copeau de beurre, vous recouvrez de lait entier puis laissez cuire une poignée de minutes avant de mixer le tout. Vous obtenez alors un velouté de cornichons frais que vous servez avec un pavé de cabillaud ou bien une volaille. »

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    Alain Passard au micro d’Augustin Trapenard vendredi dernier sur France Inter / Ecouter l’émission

    • Un consommateur averti en vaut-il vraiment deux ?

      Il faut bien se rendre à l’évidence, l’être humain se doit de manger régulièrement et pour des raisons qui dépassent la simple gourmandise. Pour assouvir ce besoin vital, il lui faut se procurer des aliments au sein d’une société le plus souvent hyper moderne et organisée autour de l’idée...