Raisin et raison : le nouveau film de Cédric Klapisch parle de vin et de famille

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[divider]L’essentiel à retenir[/divider]

Le nouveau film de Cédric Klapisch intitulé « Ce qui nous lie » sort ce mercredi. Le sujet : « C’était de parler du temps, de mettre en parallèle la vie d’une famille et la vie du raisin pendant un an, les relations humaines qui se tissent avec le temps qui passe », explique le réalisateur.


Le pitch est simple : séparés depuis dix ans, deux frères et une soeur se retrouvent à la mort de leur père viticulteur et s’attèlent aux vendanges: « Ce qui nous lie » de Cédric Klapisch est un film qui « met en parallèle la vie d’une famille et la vie du raisin ». Forcément, l’entretien avec le cinéaste ne pouvait que se faire près des vignes ; il a finalement eu lieu au domaine de Jean-Marc Roulot, l’un des acteurs qui est aussi vigneron à Meursault, au coeur de la Bourgogne viticole, traitée comme le personnage principal du film.

L’idée du film, en salles mercredi 13 juin, « c’était de parler du temps, de mettre en parallèle la vie d’une famille et la vie du raisin pendant un an, les relations humaines qui se tissent avec le temps qui passe », résume Klapisch. Le cinéaste reconnaît être tombé dans le tonneau quand il était petit. « Mon père n’achète que du Bourgogne, ne boit que du Bourgogne. Donc depuis que j’ai 17-18 ans, on venait en pèlerinage avec lui, moi et mes soeurs, et on faisait des dégustations de caves. » Cette région « a un côté magique » pour le réalisateur. « Le vin est particulier, mais les paysages aussi. C’est assez bien réparti, les coteaux, le côté vallonné, le côté plat. Il y a quelque chose qui est assez cinématographique. »

Les personnages de Jean, l’aîné, Jérémie et Juliette, sont joués par Pio Marmaï, François Civil et Ana Girardot. Le plus âgé de la fratrie revient après avoir parcouru le monde. Les frères et la soeur se fâchent et se réconcilient, murissent au fil des saisons, absorbés par les exigences de la vigne. Mais ils sont vite tiraillés : pourront-ils garder le domaine qui les a vu naître?

Derrière la carte postale, le film aborde la question brûlante de la transmission des terrains viticoles, dans une région où les prix du foncier flambent, faisant s’envoler les frais de succession. « Vendre ses terres, ce n’est pas comme vendre un appartement quand on est Parisien. Ce sont des problèmes particuliers, la notion du rapport à la famille, de la terre, de l’héritage », analyse Cédric Klapisch. Même si finalement « ces histoires de frères et soeur, même si on n’est pas vigneron, on s’identifie ». Ça reste une histoire de famille.

Pour un film sur le temps qui passe, le projet a occupé le cinéaste pendant près de sept ans, depuis sa première visite de repérage en 2010. « En 2011 je me suis posé la question si je faisais le film à ce moment-là. Et puis il y a eu plein de choses qui se sont succédé. C’est le moment où j’ai décidé de faire Casse-tête chinois, après il y a eu (la série) Dix pour cent. Et puis voilà, le temps est passé. » Le tournage s’est étiré sur près d’une année, entre 2015 et 2016. « Bruno Levy, le producteur, me demandait si je ne pouvais pas tourner pendant deux mois d’une seule traite. Puis si je pouvais tourner en deux fois. Je lui ai dit que non, que ça ne marchait pas. » L’équipe du film est donc revenue filmer toute les saisons, guettant la météo, suivant le rythme de la vigne. Il ne fallait surtout pas rater la date des vendanges. « Faire un film sur un an, jeter à la poubelle des choses : ça c’était le luxe du film, parce qu’il n’est pas cher par ailleurs. Et donc on a mis l’argent dans le fait d’essayer des choses. » « J’ai écrit et tourné L’auberge espagnole en quatre mois ». « Mais là, ce n’était pas un film que je pouvais faire comme ça. Il fallait être vraiment patient. Ce qui est bizarre, c’est que tout dans ce film était lié au temps. » Comme le vin finalement.

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Ce qui nous lie, de Cédric Klapisch – En salles à partir du mercredi 13 juin

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Rédaction Atabula, avec AFP / © StudioCanal


 

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