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À chaque point négatif il faut savoir extraire du positif. Et, en cuisine, cela s’appelle la solidarité. Certes, là encore, il y a des exceptions et certains professionnels appuieront toujours sur la tête des plus fragiles pour se hisser au sommet mais, dans l’ensemble, le rythme et l’organisation « brigadière » provoquent un remarquable savoir-vivre ensemble. Si la fac vous jette seul dans l’arène parmi des milliers d’inconnus aussi déboussolés que vous, l’école Ferrandi privilégie les petites classes – une quinzaine d’élèves – et instille rapidement l’esprit d’équipe. Tout professionnel le sait : sans solidarité, une cuisine se fissure vite. C’est même, entre nous, cette solidarité qui permet d’accepter certaines brimades et un rythme effréné : les refuser revient à s’exclure du groupe, à sortir du jeu.

Rapidement, mon chef référent chez Ferrandi avait résumé la philosophie d’équipe en une phrase : « Je préfère un pas très bon mais doté d’un réel esprit d’équipe à un très bon mais qui n’est pas solidaire de la brigade. » En quelques mots, nous voilà résumé un état d’esprit, une quasi philosophie du travail en cuisine. Et cela rassure : car le savoir-faire en cuisine révèle d’un apprentissage long et complexe, la solidarité, elle, nous semble naturelle. Rapidement, cet état d’esprit s’est manifesté avec une entraide réelle pour permettre à chacun, par exemple, de finir les épreuves dans les temps. Cela se faisait parfois dans le dos du professeur qui, avec un petit peu de recul, ne devait pas être dupe de nos manigances.

Cette solidarité dépasse le temps des cours. Après l’école, nous nous retrouvons régulièrement pour échanger, partager nos expériences et déstresser ensemble. Grand sujet de conversation : nos professeurs. Petites histoires, grandes histoires ou passions cachées des uns et des autres : tel prof’ est fan de danse, un autre est accro aux sports de combat exotique. Tout cela se dit entre moquerie évidente et respect certain. Notre solidarité se traduit également lors des stages pendant lesquels, en dépit des rythmes soutenus, nous veillons à nous voir régulièrement et « débriefer » de nos expériences. Ces moments de partage représentent une soupape salutaire pour certains, une véritable bouée de sauvetage pour d’autres. Et, pour tous, cette évidente solidarité en cuisine restera comme l’un des points le plus positif de cette première année à Ferrandi.

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Auteur

Lise Minvel / © zhu difeng


 

Une réponse

  1. Pierre-Marie Leprince

    Bravo !!! la description de l’esprit d’une brigade qui reussit est parfaitment definie dans cet article. Je me rappelles, il y a 30 ans, apres des services de folies, de parler de la meilleure facon de cuisine une carotte, du complexe au plus simple, et ce… jusqu’a 3 ou 4 hrs du matin….
    Cette passion est unique et seulement quelques uns d’entre nous reussiront a la delivrer et etre reconnus. !
    … mais chaque fois que l’un d’entre nous (cuisinier) emets l’idee d’essayer in truc, il ecrit une ligne de plus dans le grand livre qu’Auguste Escoffier, ou peut etre Taillevent, Careme, Brillat-Savarin, A. Dumas ou P. Bocuse ont continuer d’ecrire avec l’eclat qui nous a attaint !
    J’ai dans ma carrier jamais attaint ce niveau de publicitee…. mais le fait de savoir que mes pensees soit alignees avec ceux qui create le grandiose est absolument genial !
    et quelquefois, tu passes de l’autre cote, assis a une table et cette incroyable organization qu’est l’equipe de salle, te presents tes assiettes qui vont tout changer!
    Ca m’est arriver, a Flocons de Sel a Megeve et ce diner a re-energizer ma conception de l’experience culinaire et de l’idee de faire Plaisir !

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